‹ Les microphytes du sang et leurs relations avec les maladiesChapitre 10 sur 24 · Loc. c%t,y p. 2S · texte numérisé non relu

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période de la germination. Ce qui précède représente, suivant les divers écrivains, le cycle complet de développement subi par le Bacillus anthracis.

Davaine, on s'en rappelle, avait observé que les animaux à la nourriture desquels on avait mêlé des tissus malades avaient été affectés eux-mêmes de la maladie, et il pensait que par cela même il devenait jusqu'à un certain point facile de se rendre compte des causes de la maladie. Koch, au contraire, a observé que les animaux susceptibles d'être infectés par inoculation, tels que les souris et les lapins, peuvent manger ce mélange impunément. Des essais tentés sur deux chiens, une , perdrix et un moineau demeurèrent également infructueux.

Le dernier travail qui ait été fait au sujet de ces recherches est dû à la plume du D^ J. Gossar Ewart*. Le D"* Ewart confirme en beaucoup de points les expériences du D' Koch, et sa description du développement des bâtonnets en filaments, correspond à celle des écrivains précédents ; mais sa description et ses figures de la germination des spores sont tout à fait différentes. « Les spores devenues libres, écrit le D»" Ewart, deviennent, suivant les premiers observateurs , des bâtonnets,

1. Qualerly Journal of microscopicàl science^ avril 1818, p. 161,

et, suivant le docteur Koch tout au moins, le bâtonnet est formé à Textérieur d'une enveloppe gélatineuse qui entoure la spore. Mes observations m'amènent à croire que la spore ne devient pas toujours un bâtonnet, mais qu'elle se divise en quatre sporules par un phénomène de segmentation auquel l'enveloppe prend part aussi bien que la spore. J'ai vu commencer cette division avant que la spore se tût échappée du filament, et il est certain que ce n'est pas une dégénérescence, car j'ai observé que les sporules ainsi formées s'allongeaient en filaments. Le docteur Koch pense que les filaments proviennent de la capsule à aspect gélatineux, et non de la spore brillante et luisante. D'après ce que j'ai vu, je ne doute pas que la capsule ne prenne aucune part active à la formation du bâtonnet. La sporule s'allonge légèrement, et alors apparaît à l'un de ses pôles un petit corps opaque qui, à mesure qu'il s'allonge lentement, pousse la capsule devant lui, comme si c'était une membrane élastique. La capsule, à force d'être étirée, devient enfin si mince et si transparente qu'on ne peut la distinguer de soi\ contenu. »

Il est, je pense, extrêmement probable que MM. Gohn et Koch peuvent donner, comme explication de la dififérence qui existe entre les descriptions et les figures qu'ils ont données et celles

qu'a fournies le D*" Ewart, que ce dernier a décrit et figuré la spore (ou conidie) d'après une plante tout à fait différente , accidentellement présente ; et MM. Nâgeli et de Bary (en l'absence de données exactes relativement à la taille) déclareraient probablement que la germination dépeinte dans la dernière figure est celle d'une conidie de quelque Moisissure ubiquité.

Gomme Koch, le D' Ewart observa que les souris peuvent être nourries de fragments de tissus malades, charbonneux, mélangés à leur nourriture habituelle, sans aucun inconvénient, et que dans le canal alimentaire de ces animaux on peut trouver des spores en train de se développer en bâtonnets et en filaments. Eu égard à la dernière remarque, il serait bon de demander aux personnes compétentes, occupées constamment de travaux microscopiques, s'il est possible de distinguer ces brillantes petites spores des myriades d'autres molécules^ également brillantes, qu'on trouve dans le canal intestinal de tous les animaux.

Contrairement aux résultats obtenus jusqu'ici et publiés par les autres observateurs, qui concluent à ce que le Bacillus anthracis est l'agent spécifique de la fièvre splénique, le D' Ewart fait observer que les 'bâtonnets ne sont pas absolument dénués de mouvements, mais qu'au contraire, à certaines phases, ils manifestent des

mouvements actifs , de sorte que Targument le plus frappant qui ait été donné jusqu'à présent pour faire de ces organismes une espèce particulière disparaîtrait K

Le D' Ewart a observé aussi que les Bacilli de la fièvre splénique difiFèrent de grandeur dans les cochons dinde d'avec les corps semblables qu'on trouve dans les souris affectées, les Bacilli des premiers étant toujours plus longs que ceux des dernières. Il a été aussi établi que les Bacilli et leurs spores meurent après avoir été bouillis seulement deux minutes, le liquide devenant ensuite absolument inerte.

Le même résultat est obtenu si le TTquide est soumis à la pression de 12 atmosphères d'oxygène 2.

Si l'on considère la situation dans laquelle les soutiens de la doctrine émise en faveur de la théorie des germes ont été placés dernièrement par leurs antagonistes, les faits relatifs à Pinslabilité des spores ne seront pas bien accueillis, d'autant

1, Depuis que ceci a été écrit, j'ai appris que A. Frîscli avait en (rois occasions vu des mouvements dans les bâtonnets de Bacillûs anihracis du sang obtenu immédiatement après la mort des animaux (Centralblaii fur die wissensch, Jtfedtctn, 7 avril 1817, p. 247).

2. Depuis que ceci a été écrit il a paru; dans les Comptes rendus du 13 juillet 1878, june note qui conûrme cette observation. M. Felz a observé que l'oxygène comprimé employé pendant une assez longue période tue Jes « germes » aussi bien que les « vibrions » des solutions Beptiqûes.

plus qu'ils ont été fournis par l'un des plus chaudç partisans de la tiiéorie des germes.

Il y a peu d'années, M. Paul Bert affirma qu'il avait acquis la certitude que. l'oxygène comprimé tue rapidement tous les organismes vivants et désorganise les tissus. Dans les investigations faites par lui, il avait prêté aux ferments une attention spéciale et avait reconnu avec satisfaction que les phénomènes de fermentation qui dépendent des organismes vivants sont immédiatement suspendus quand on les soumet à cette influence^ au lieu que les fermentations iqui se rapportent à des matières en solution , telles que la diastase, la pancréatine, la myrosine, l'émulsine, etc. , ne sont en aucune façon afiFectées. Il tourna alors son attention vers certains poisons sécrétés soit pendant l'état de santé, soit dans un état maladif , chez les animaux : la sécrétion venimeuse du scorpion, la substance de la vaccine ^ etc. ^

Le venin du scorpion, lorsqu'il est liquide ou desséché, puis dissous de nouveau dans l'eau, résiste à l'action de l'oxygène comprimé, ce qui se comprend d'ailleurs, puisqu'il doit son activité â une substance chimique identique aux alcaloïdes végétaux. Le liquide frais de la vaccine fut soumis

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