‹ Les microphytes du sang et leurs relations avec les maladiesChapitre 9 sur 24 · Davaine a opéré une semblable série d'inoculations · texte numérisé non relu

Davaine a opéré une semblable série d'inoculations

à peu près indemne, à tel point qu'il était difficile , d'y trouver des traces de Bacilli^ tandis que la rate et les ganglions en contenaient une quantité considérable. Chez les cochons d'Inde, au contraire, le nombre des Bacilli contenus dans le sang était au moins aussi élevé que celui des globules rouges.

En ajoutant un peu de la rate contenant des Bacilli à de l'humeur aqueuse parfaitement fraîche et en soumettant la préparation à une température de 35 à 37 degrés centigrades pendant une durée de quinze à vingt heures, les Bacilli deviennent de deux à huit fois plus longs que leur primitive longueur et s'accroissent graduellement jusqu'à cent fois leur longueur. Quelques-uns des filaments sont alors finement granuleux et munis çà et là de molécules fortement réfringentes considérées comme étant les « spores dormantes » désirées. Bientôt rien ne restait visible que ces « spores », les filaments se dissolvaient, mais la persistance de la disposition des spores en rangées suffisait pour en faire reconnaître la nature. Elles demeuraient dans cet état sans s'altérer pendant plusieurs semaines. Il est à remarquer que l'interprétation émise sur le caractère de ces corps réfringents contraste avec ce qui a été si fort affirmé par Nâgeli , lequel , comme on l'a dit plus haut, déclare que le groupe des organismes les plus primitifs auxquels les

Bacilli appartiennent^ se multiplie seulement par scission. C'est pourquoi il est de la plus haute importance de tenir un compte exact des faits observés, afin de prouver que dans cet exemple spécial des spores capables de germer sont produites.

Le D^ Koch établit que ce fait de pouvoir produire la fièvre splénique et en même temps d'inoculer dans le sang une ample moisson de Badlli avec du liquide (sang) dans lequel on ne pourrait trouvôJLaucune trace de filaments, — les petits corpuscules réfringents y existant seuls/— que ce fait est suffisant pour prouver que ces corpuscules sont en réalité des spores et non simplement des produits de décomposition.

Des expériences de culture furent cependant faites aussi, et le développement de ces corpuscules put être observé dans des conditions favorables. Un examen minutieux montre que chaque spore est un corps de forme ovale, enveloppé dans une substance transparente qui semble l'entourer à la façon d'un anneau, mais qu'on découvre en réalité être sphérique et disposée tout autour. Cette substance perd sa forme sphérique et s'allonge par un bout dans la direction de la longueur de l'axe de la spore qu'elle contient. Cette dernière reste à l'un des bouts, et bientôt le tube transparent prend un aspect filamenteux, et en même temps

. la spore devient moins réfringente, pâle et petite, et se brise probablement en fragments de plus en plus petits, jusqu'à ce qu'elle disparaisse complètement K

Cette interprétation des faits est rendue plus importante par cette raison, mise en évidence tout dernièrement par M, Pasteur, que, bien qu'il ait été prouvé, sans qu'on en puisse raisonnablement douter, que la fièvre splénîque, accompagnée de sang infecté de Badlli^ peut être inoculée avec le virus après la destruction totale des filaments de Bacillus que la matière morbide contenait, cependant, par la raison que les spores persistent (il semble iju'on peut les considérer presque comme indestructibles), le virus détient sa propriété, les spores constituant en réalité le virus.

Le professeur Gohn fit don au D' Koch d'une esquisse représentant la même observation faite avec des instruments plus puissants. Koch suggère que probablement la spore consiste en une substance fortement réfringente, de l'huile selon toute probabiUté, qui est enveloppée par une couche mince de protoplasma, cette dernière substance possédant la faculté de germination, et la première servant peut-être à la nourrir pendant la

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