‹ Les microphytes du sang et leurs relations avec les maladiesChapitre 11 sur 24 · Comptes rendus, t. LXXXIV, p. 1130, mai · texte numérisé non relu

Comptes rendus, t. LXXXIV, p. 1130, mai

pendant une semaine à Taction de Toxygène corn* primé et ne perdit rien de ses propriétés. Du pus obtenu dans un cas de morve et soumis au même traitement tua rapidement un cheval auquel on rinocula. M, Bert conclut de là que le principe actif de la vaccine et de la morve n'est pas composé d'êtres ou de cellules vivants.

M. Bert exposa ensuite du sang provenant d'un cas de flèvi^e splénique (dans lequel il y avait des myriades de Bacilli) à l'action de Foxygène comprimé et observa que, bien que le sang eût été exposé en couches très minces , il avait conservé intactes ses propriétés virulentes; la preuve en était qu'il put tuer plusieurs cochons d'Inde ino>cules avec le sang l'un de l'autre, mais le sang de ces animaux ne contenait pas de Bacilli,

Il soumit d'autre sang charbonneux contenant de nombreux Bacilli à un examen plus sérieux encore. De l'alcool absolu y fut très prudemment ajouté, goutte par goutte, jusqu'à ce que le volume du premier liquide fût quadruplé, et le mélange ainsi obtenu fut filtré. Le coagulum, bien lavé dans l'alcool, fut rapidement séché dans le vide. Un fragment de cette substance séchée, ayant été inoculé sous la peau d'un cochon d'Inde, tua l'ani^ mal en moins de vingt-quatre heures. Le sang retiré de cet animal devint fatal à un autre cochon d'Inde, et ^ussi à un chien. Les inoculations furent

faites d'un aniûial à Tautre, mais le sang virulent d'aucun de ces animaux ne contenait de Bacilli.

M. Bert alla encore plus loin. Une solution liquide fut préparée (par épuisement) avec le précipité alcoolique ; il s'assura que ce liquide contenait le principe actif (car, avec une addition d'alcool, un précipité blanc floconneux se produisit); avec cette solution il inocula trois cochons d'Inde. Cette opération avait cependant diminué manifestement la virulence de la matière; l'inoculation ne fut pas heureuse après le troisième animal, et la substance se trouva trop faible pour tuer un chien.

M. Bert conclut de ces observations que, dans la fièvre splénique, le sang contient un principe toxique et virulent qui résiste à l'action de Toxygène comprimé et peut ôtrç isolé de la même manière que la diastase.

Ces observations furent publiées sous une forme abrégée avant d'être soumises à rAcadémie *.

M. Pasteur s'empara promptement du sujet; mais, comme il n'était lui-même versé ni dans la médecine ni dans l'art vétérinaire, il s'associa avec M. Joubert, du collège RoUin, afin de mieux étudier la question. Leur travail, fait en collaboration ^, fut publié peu de semaines avant les détails

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