‹ Les microphytes du sang et leurs relations avec les maladiesChapitre 12 sur 24 · Comptes rendus, t. LXXXIV,.p. 900, avrU · texte numérisé non relu

Comptes rendus, t. LXXXIV,.p. 900, avrU

des expériences de M. Bert; ce furent évidemment leurs recherches qui contribuèrent ensuite à faire publier l'ouvrage de ce dernier.

Ils prirent du sang charbonneux et en firent de nombreuses cultures, le transplantant de vase en vase ou d'animal en animal. En dehors du corps, on découvrit que presque tous les liquides propres à nourrir de petits organismes convenaient à la culture des Bacillij a un des meilleurs et des plus aliment obtenus pur étant l'urine neutralisée ou rendue alcaline ». De cette façon, les auteurs affirment que les Bacilli toxiques peuvent être préparés par kilogrammes, si on le veut, au bout de quelques heures. Lorsque la substance était filtrée, le liquide clair était trouvé inoffensif , même si Ton en prenait de dix à quatre-vingts gouttes, tandis qu'une seule goutte du même liquide non filtré devenait fatale à l'animal inoculé. Les auteurs en conclurent que les organismes étaient restés sur le philtre et causaient seuls la mort ^

1. Un résultat semblable fut obtenu par M. Onimus ; mais Tinterprétation qu'il en donna est toute différente. M. On'mus observa que si le sang d'un bœuf, d'un cheval ou d'une personne atieinte de la Oèvre typhoïde est placé dans un dialyseur, et ce dernier plongé dans l'eau distillée à une température de 35* G., une prodigieuse quantité d'organismes apparaissent, organismes identiques en apparence à ceux du sang infecté. Mais, tandis que tous les animaux qui étaient inoculés avec une goutte du sang contenu dans le dyaliseur mouraient en peu de temps, ceux qui étaient inoculés avec la matière dialysée (laquelle contenait une foule d'orgaplsmes) n'étaient pas infectés. On obtint le même résultat en soumettant à un traitement semblable le sang infecté

Ce mémoire fut suivi d'un autre en juillet 1877 *, mémoire fait par les mêmes auteurs, dans lequel ils expliquent qu'ils ont répété les expériences de M. Bert et observé qu'il était dans le vrai quant à la destruction des Bacilli et à la propriété toxique à nn certain degré du sang charbonneux soumis à l'action de l'oxygène comprimé, même avec une pression médiocre, mais que, lorsque les Bacilli ont formé des spores, ces dernières résistent à la chaleur de l'eau bouillante, à l'action prolongée de l'alcool absolu et aussi à l'influence de l'oxygène comprimé(iO atmosphères pendant vingt-un jours).

Les « spores » sont donc des organismes extraordinaires , puisqu'elles résistent à des influences destructives de toutes formes de vie végétale ou animale- 11 est vrai que ce pouvoir merveilleux est en général reconnu aux « germes invisibles » ; mais ces « spores » sont les seuls corps visibles chez lesquels cette vitalité persistante ait été reconnue par d'éminentes autorités. Cependant, comme il a été démontré par le D' Cossar Ewart qu'elles ne sont pas plus exemptes de la « ten-

d'uQ lapin« M. Onimus conclut de là que la matière vénéneuse est une substance albuminoïde^ et par conséquent non dialysable {BulUiin de l'Académie de médecine, mars 1873, cilé par M. Gh. Robin dans ses Leçons sur let humeurs, p. 251, 4874)* démenti et Tliio, Schmitz, Bergmann et d'autres ont obtenu des résultats plus ou moins identiques.

i. Comptée rendus, LXXXV, p. 101.

dance à la mort » que les autres organismes de même gorte, voyant qu'ils ne peuvent supporter ni l'action de l'oxygène comprimé ni celle de l'eau bouillante, il est probable que MM. Pasteur, Koch et leurs adhérents trouveront encore à appliquer la doctrine aujourd'hui à la mode et certifieront que, bien que les spores puissent être mortes, leurs germes invisibles vivent encore et que, soiis l'influence de circonstances favorables, ils peuvent réapparaître de nouveau.

Grâce à l'explication précédente de la différence qui existerait entre les Bacilli et leurs spores , quant à la faculté de supporter les agents destructifs ordinaires de la vie, M. Pasteur put convaincre son ancien élève M. Bert et lui démontrer les causes de la diversité obtenue dans leurs résultats respectifs , et cela d'autant plus promptement qu'un peu de précipité alcoolique sec de sang charbonneux ayant été mis dans de Turine, non seulement le liquide manifesta des propriétés virulentes mais encore donna naissance à une foule considérable de Bacilli^ identiques en apparence à ceux qui avaient existé danà le sang avant qu'il fût traité par l'alcool.

M . Pasteur et M. Bert ne semblent pas avoir réfléchi que, sous l'influence de certaines circonstances, l'addition d'une substance organique sèche à Farine a pu probablement être suivie de la pro-

duction d'une foule de Bacilli. Il arrive fréquemment, en effet, qu'on obtienne une moisson de Bacilli sans aucune addition intentionnelle.

Pendant que ce mémoire était en préparation, il m'arriva de placer de l'urine sous différentes conditions de température, etc., et d'observer avec soin les résultats obtenus. Quelques spécimens furent rendus légèrement alcalins, d'autres neutres; d'autres encore ne furent en rien modifiés. Tous les échantillons furent maintenus à des températures variant de SS'» à 40« G (95^» à 104« Fah.), et on observa le lendemain que près de la moitié des échantillons étaient couverts d'une mince pellicule, formée de Bacilli à tous les degrés de développement, la phase spore comprise, et cela malgré le soin minutieux qu'on avait pris d'empêcher l'entrée de toute molécule ou matière étrangère. Cette expérience est familière à tous ceux qui ont accordé quelque attention aux études microscopiques. Il est à peine besoin d'ajouter que les organismes ainsi obtenus n'avaient aucun effet sur les animaux si on les séparait de Turine décomposée»

Les organismes végétaux dans la septi^cémie.

L'opinion d'après laquelle la septicémie est produite par des organismes appartenant au groupe des Champignons les plus inférieurs a eu presque autant d'adhérents que celle que nous venons d'examiner, et l'on a écrit davantage encore pour la soutenir. Le virus^sécrété par les animaux souffrant de cette maladie est, lorsqu'il est introduit dans la circulation des autres animaux, aussi fatal que le charbon dans ses résultats. En outre, il peut être transféré presque indéfiniment d'un animal à un autre ^ Les symptômes qu'on remarque dans le cas d'inoculation sont très fréquemment si identiques à ceux qu'on observe dans la fièvre splénique qu'il est souvent imjiossible de les en bien distinguer» Il existe cependant ce caractère distinctif bien marqué que, tandis que la présence de» organismes dans le sang avant la mort est plus ou moins la règle dans tous les cas de char-^

li II ^ a longtemps que de savantes observations ont été faites à cet égard. Hamont» par ôxemplei en 1827, injecta la substance extraite d'un abcès gangréneujc d'un cbeval à un autre, et du cheval moculé à un second, et observa que la mort en résultait avec les mêmes symptômes, à peu près dans les deux cas. MM. Coze et Feitz, Les tna2a« dies infectieuses j p. 58, 1872.

bon connus, elle est une exception dans l'ômpoisonnement septique. Le liquide répandu dans la cavité du péritoine et, fréquemment aussi, dans le péricarde, est particulièrement propre à donner naissance à des formes variées de Schizomycètes, et leur abondance, quelquefois très peu de temps après la mort, a donné naissance à cette opinion qu'ils sont les agents producteurs de ce fatal résultat.

La publication des expériences de Panum, les quelles vinrent prouver que le principe morbide de tels liquides ne peut aucunement être doué de vie diminuèrent pendant quelque temps la vogue de la précédente opinion; mais celle-ci a été ravivée depuis de plus en plus et jamais avec une plus grande apparence de probabilité que par le mémoire soumis récemment à l'Académie des sciences de Paris par MM. Pasteur et Joubert. Ce mémoire, bien qu'il dépassât la longueur prescrite, fut, en vertu de l'importance qu'y attachait l'Académie, publié in extenso ^

Le mémoire parle d'abord des expériences de M. Bert et explique les dissidences déjà rapportées qui existent entre M. Bert et M. Davaine, eu égard aux résultats relatifs au sang charbonneux, mais il ne va pas "plus loin. On se rappelle que

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