‹ Les microphytes du sang et leurs relations avec les maladiesChapitre 13 sur 24 · Comptée retidûs, t. LXXXV, p; 101, 16 juiUel · texte numérisé non relu

Comptée retidûs, t. LXXXV, p; 101, 16 juiUel

> la matière toxique soumise aux expériences de M. Paul Bert ne donna pas naissance dans le sang aux Badllij bien que les propriétés virulentes en fussent très marquées et que la possibilité d'inoculer la maladie d'animal à animal sans Bacilli fût tout à fait aussi manifeste que si le liquide charbonneux en eût contenu une quantité. Des résultats semblables ont été publiés par beaucoup d'observateurs, par exemple par MM. Jaillard et Laplat, en 1853, peu de temps après le mémoire du D' Davaine. Ils formulèrent leurs conclusions de cette manière : 1* le charbon n'est pas une maladie parasitaire ; 2<» la présence des Bactéridies doit être considérée comme un phénomène consécutif et non comme une cause.

Il devint commun d'entendre parler de cas de charbon avec et sans Bactéridies.

Davaine a montré aussi que les propriétés virulentes du virus de la septicémie prennent un accroissement marqué quand la maladie est communiquée d'un animal à un autre. On a observé que, après vingt-cinq inoculations successives, une millionième et même une billionième ou trillionième partie du poison primitif était sufiBsante pour donner la mort. Les lapins furent trouvés très susceptibles d'être infectés, les cochons d'Inde un peu moins. On observa que les rats pouvaient supporter une quantité considérable de virus.

Il fut aussi observé par Davaine que le sang infecté perd ses propriétés virulentes quand il est exposé à Pair pendant quelques jours. Sur vingt-

sept animaux inoculés avec de 1 à ttut de goutte

de sang (qui était resté à l'air de un à dix jours), douze moururent, tandis que, sur vingt-six animaux inoculés avec une substance semblable qui étaft restée à l'air de onze à soixante jours, un seul périt*.

M. Pasteur, continuant à affirmer une dififérence entre les Badlli du charbon et leurs spores, quant à la vitalité , se détermina à examiner si .un fait semblable n'existait pas pour la septicémie. Trois animaux qui étaient morts du charbon furent examinés : un mouton, mort depuis six heures; un cheval, mort depuis vingt ou vingt-quatre heures; une vache, morte depuis quarante -huit heures. Le sang du mouton, lequel était mort depuis peu de temps, contenait seulement des Bactéridies charbonneuses; celui du cheval, des Bactéridies, en même temps que des « Vibrions de putréfac^ tion » , tandis que celui de la vache contenait seulement des « Vibrions » de l'espèce mentionnée en dernier lieu.

1. Inocalation de la matière septique, in Bulletin de V Académie des sciences, novembre 1872, janvier 1873 ; cité par Birch-Hirscbfeld, loe, eit, p. 173.

Pour les trois animaux, rinoculation fut suivie de mort. L'autopsie, faite immédiatement après la mort, des cochons d'Inde qui étaient morts de l'inoculation et des deux derniers animaux cidessus mentionnés, révéla une grande inflammation des muscles de l'abdomen et des membres, avec çà et là accumulation de gaz, le foie et les poumons décolorés, la rate de taille normale mais souvent fluide, le sang du cœur non coagulé, bien que ce caractère fût plus visible dans le foie, presque aussi visible que dans un cas quelconque de charbon. « Ce qui est étrange, écrit M. Pasteur, c'est que les muscles enflammés contenaient des « Vibrions» mobiles; ceux-ci étaient encore plus nombreux dans la sérosité de la cavité abdominale, et quelques-uns d'entre eux étaient très longs *. Une goutte de liquide tuait rapidement un animal inoculé; mais, si le liquide avait été filtré, dix ou vingt gouttes ne produisaient aucun effet. Les « Vibrions » ne sont pas trouvés dans le sang jusqu'à la mort ou du moins très peu de temps avant, et le sang ne possède alors aucune propriété virulente s'il est pris dans le cœur directement, sans être mis en contact avec les tissus environnants situés en dehors de lui.

1. M. Pasteur, en faisant cette observation, se demande pourquoi une particularité si répandue dans les morts de cette sorte est restée inconnue jusqu'à présent, et pense que cela est dû à ce que les pre-

Les mouvements de ces « Vibrions » s'arrêtaient lorsqu'on les soumettait à l'action de l'oxygène comprimé, mais ils n'étaient pas tués, car, en venant en contact avec l'oxygène, ils se transformaient en « corpuscules germes, » les « spores » du D' Koch. Ceci, nous devons le remarquer en passant, est une méthode nouvelle et rapide de produire dans les plantes les éléments reproducteurs.

Non seulement ces « vibrions » de septicémie supportent l'action de l'oxygène comprimé , ou plutôt deviennent ainsi, de filaments périssables, des a corpuscules-germes » en apparence impérissables, et comme les spores du charbon, supportent sans être tués l'action de l'alcool absolu, M. Pasteur conclut de là que la septicémie, aussi bien que le charbon, est causée par des organismes; mais les parasites de la première sont mobiles, tandis que ceux du second ne le sont pas.

Il conviendra d'analyser ci-après ces résultats.

miers observateurs n'avaient porté que sur le sang une attention sérieuse. Il semble étrange que le collaborateur de M. Pasteor, choisi spécialement et expert en matière médicale^ ne Tait pas informé qne cette particularité était justement le plus connu de tous les phénomènes caractérisant rintoxicatlon septiqne.

Les organismes végétaux dans la pneumo-entérite (fièvre typhoïde du cochon).

En février de la présente année, le D' E.

Klein, rendit compte à la Société royale d'une partie du résultat de recherches expérimentales (qui avaient été faites par Tofficier de santé du .conseil local du gouvernement) sur l'étiologie d'une maladie désignée quelquefois sous le nom de fièvre typhoïde du cochon , et aussi de peste porcine, mal rouge^ miliaire rouge, et érysipèle nialin.

Fig. 5. — Baeillus de la fièvre typhoïde da cochon cultivés dans l'hqmeur aqueuse du lapin.

Le D' Klein s'efforça de prouver que cette maladie n'est pas. une fièvre typhoïde, ni un anthrax, mais une maladie infectieuse par essence , qu'il

propose d'appeler pneumo-entérite infectieuse du cochon (pneumo-enteritis contagiosa)*. Cette maladie paraît avoir une grande ressemblance pathologique avec la septicémie et le charbon, mais elle diffère de ce dernier en ce que, le sang frais, c'est une règle , ne contient aucune matière étrangère et, dans la plupart des cas , ne possède aucune propriété infectieuse. De cinq animaux inoculés avec du sang frais, un seulement fut infecté; mais le spécimen de sang qui produisit ce résultat enfermé pendant plusieurs semaines dans un tube capillaire conserva son activité. Le liquide péritonéal cependant contient toujours le virus et celuici conserve son activité après avoir été desséché à une température d'environ 38^* G. Ceci s'accorde presque exactement avec ce qu'on a généralement observé dans la septicémie. Les inoculations peuvent aussi être effectuées au moyen.de portions de poumon, d'intestin ou de rate malade, ou aussi avec l'exsudation sanguine écumeuse des bronches, et l'infection peut avoir lieu quand le virus est introduit directement dans l'estomac.

Il semblerait que des organismes semblables ont été découverts par Leisering, il y a environ dix-huit ans, dans une affection semblable en ap-

1. Reoherches expérimentales mv TorigiDe des maladies infectieuses» avec référence spéciale à la doctrine da contaglum vivum ; in Quar^ terly mieroseopieal Journal^ avril 1878, p. 170,

parence à celle qui est décrite chez le cochon par le D' Klein.

Le D' Falke, s'en reportant aux Bacilli de la fièvre splénique et faisant allusion à ce fait que Delafonia pu déterminer la maladie dans d'autres animaux en leur inoculant un vingtième de goutte de sang pourvu de Bacilli^ établit que Leisering, dans son Dresden Report pour 1860, mentionne qu'il est tout naturel que de tels Bacilli soient trouvés dans le sang dans la fièvre splénique, mais qu'il les a trouvés aussi dans quatre cochons qui avaient souffert d'un typhus bien déclaré (abdomi^p nalis) * avec ulcères dans les intestins et follicules hypertrophiés.

Rien n'indique ici que les Bacilli observés par le docteur Leisering dans la fièvre typhoïde des cochons diffèrent extérieurement de ceux qu'il avait vus dans le charbon; au contraire, il semble affirmer qu'ils sont identiques et se demande, d'après cela, si les deux maladies n'ont pas une cause identique. Sept expériences furent faites par

4 . Berichi uber die Thierarstneiwissenschaftf in Schmidt's Jarhb,, CXIV, p. 132. Voici ses paroles : Leisering dit dans son Dreidner Ber,y 18G0, que ron peut admettre, d'ap?ôs les observations suivantes, que le sang charbonneux a cette propriété de contenir constamment de petits organismes. Leisering a cependant observé que sur quatre cochons atteints du typhus infectieux, de tumeurs intestinales, les muscles intestinaux se sont gonflés de follicules et de boursouflures grisâtres, mêlés d'exsudation de sang. (Cité par le professeur Klebs dans son étude pathologique anatomique sur les diverses phases du choléra. Leipzig. 1876).

le D"" Klein avec les BaciUi observés par lui, pour prouver que le virus peut être cultivé artificiellement, c'est-à-dire en dehors du corps de l'animal. De petites portions de Texsudation du péritoine furent ajoutées à de l'humeur aqueuse sur une lame de verre, comme c'est l'usage, et conservées à une température qui variait de 32 à 39° G. pendant un jour ou deux ; une portion de la substance cultivée fut transportée ensuite sur une seconde lame avec de l'humeur aqueuse fraîche, et ainsi de suite jusqu'à la huitième génération.

Avec la matière ainsi obtenue , sept animaux furent inoculés. Tous les animaux, paraît-il, furent atteints ; mais il paraît que la mort n'en résulta pas. Des détails plus circonstanciés, quant aux symptômes manifestés par les cochons inoculés, seront fournis, sans nul doute, quand les expériences seront publiées. En attendant, on peut remarquer qu'il n'est pas mentionné qu'on ait trouvé des Bacilli dans le sang des animaux inoculés.

Le D*" Klein affirme que l'examen microscopique des liquides cultivés a prouvé qu'ils sont le siège de la croissance et du développement d'une sorte de Bactérie qui a tous les caractères du BaciUus subtilis GoHN. Les bâtonnets du Bacillits du cochon sont considérés comme plus minces que ceux qui sont décrits par Cohn comme provenant de solu-

^ 49 — tions de foin, plus minces aussi que ceux du Baeillm anthracis qui, contrairement à ce dernier (suivant Davaine, Pasteur, Koch et les autres), se meut pendant l'une des phases de son existence*. On se rappellera cependant que le D^ Ewart a prouvé que le Bacillus anthracis peut aussi manifester des mouvements très actifs. Dans des circonstances favorables, les bâtonnets s'accroissent en filaments semblables à ceux du Leplothrix^ comme le font, on le sait, les autres Bacilli.

Fig. G. — Bacillus subtilis formé à la surface d'une infusion de foin bouillie après 24 à 48 heures (d'aprè Gohn), X 650 diam,

« Dans ces filaments, écrit le B^ Klein, des spores fortement réfringentes apparaissent. Elles deviennent libres après la désagrégation de la ma* trice des filaments originaux.

1. Les lettres A, B dont il est fait asagé dans les flgares originales (données dans le Journal microscopique) paraissent avoir été accidentellement transposées par le lithographe ainsi qu'on le dit plus bos, A, Bacillus de la pneumo-entérite do cochon, cultivé dans l'humeur aqueuse, montrant des spores germant en fils isolés ou en séries de fils, se rapporte évidemment à B sur la planche, et non à la figure marquée A.

Les spores pleinement développées de notre Bacillus diffèrent de celles du Badllus du foin et du charbon, parce qu'elles sont plus distinctement cylindriques et beaucoup plus petites. Il est dit dans une note que, dans les figures insérées dans le premier mémoire de Koch dans Cohn's Bei" trâge ' (1876), les spores sont représentées en beaucoup d'endroits avec une forme plus ou moins sphérique; mais, si les belles micro-photographies de ces spores insérées dans le mémoire ultérieur de Koch étaient reproduites ici, on verrait que les spores sont décidément de forme ovale allongé. Les spores du bacillus du cochon ont, suivant Klein, un long diamètre de 0°*°*,0005, tandis que ceux du charbon ont 0"">,0015 — 0™"*,002.

« D'abord, écrit le D"^ Klein, je donnai des spores une fausse reproduction, les regardant comme une sorte de Micrococciy et ce fut seulement après des observations répétées que j'arrivai à les représenter dans leurs diverses phases de développement, » Malheureusement, le D^ Klein n'a pas détaillé sur quelles bases ce fait important est établi et n'a pas donné les figures. Il est à peine supposable qu'aucune des figures de la planche soit faite dans le but de représenter la germination d'une spore particulière. Gomme le sait bien cet

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