Cohn'i Beitrâge, Band II, Heft 3, Taf XVI
observateur distingué, ce n'est ni ce qui précède la germination supposée, ni ce qui la suit qui a été pendant tant d'années le sujet du débat se rapportant au développement des Schizomycètes, mais l'acte lui-même. Aucune des figures fournies par le D' Klein ne présente de ressemblance avec la figure de la germination représentée par le D' Ev^art , dans laquelle le procédé est très exactement dépeint; mais quelques-unes ressemblent un peu à celles du docteur Koch; d'un autre côté, le docteur Klein, au sujet des conclusions de l'observateur qui le premier se hasarda à affirmer que ces corpuscules du Bacillus anthracis sont des spores, écrit : « Je diffère entièrement du docteur Koch, pour ce qui concerne le mode de germination des spores du Bacillus. » Les points de division sont matière de seconde discussion ; il n'est pas nécessaire de les exposer ici.
Le D"" Klein termine ainsi son mémoire :
« Voyant que la fièvre splénique , la pneumoentérite et la septicémie spécifique ont une grande affinité au point de vue anatomique, et voyant aussi que dans la fièvre splénique et la pneumoentérite il existe une espèce définie de Bacillus^ — la différence des espèces étant suffisante pour rendre compte de la différence qui existe entre les deux maladies, — nous pouvons admettre avec
quelque probabilité que la troisième de ces maladies, la septicémie, est due à un Bacillus. Ceci reste pourtant à démontrer. »
C'est pourquoi le D*" Klein pense que tandis qu'il a bien établi que la cause de la pneumo-entérite du cochon est un Bacillm^ il n'en est pas de même del'opinion émise par Davaine, Pasteur et les autres en faveur d'une cause identique pour la septicémie.
Les organismes végétaux dans la fièvre récurrente.
Il y a une autre maladie dans laquelle le sang est infecté d'organismes végétaux : c'est la fièvre récurrente (febris ou typhus recurrens). Dans cette affection aussi, les organismes appartiennent au groupe le plus primitif des Champignons, les Schizomycètes, c'est-à-dire les Champignons qui se multiplient par 'scission, contrairement aux groupes qui se multiplient : l** par bourgeons, 2* par germes. Les Schizomycètes cependant se présentent dans cette maladie sous une forme différente de celle qui existe dans les maladies précédentes. Dans ces dernières, les organismes reconnaissables varient en formes depuis celle du Bactenum sphérique jusqu'à celle du Bacillus, le Bacillus étant
de beaucoup la forme prédominante; mais, dans la fièvre récurrente, le Schizomycète est un Spirillum^ sorte de Schizomycète qui, autant que je puis croire, n'a jusqu'à présent été découvert dans aucune des afifections anthracoïdes dont il a été parlé dans les pages précédentes.
Nous devons la découverte dans le Sîmg de cet organisme à Virchow d'abord et ensuite au D' Obermeier. Il les trouva dans le sang et aussi dans la bouche de personnes soufifrant de cette sorte de fièvre et les décrivit minutieusement, en 1873 *. Il paraît que cet observateur les avait déjà vus dès 1868. Il les découvrit toujours dans le sang pendant la durée de la fièvre, mais ils n'existaient pas dans l'intervalle; et on ne Ips observait que rarement après la crise. Obermeier les décrit comme des fils très fins de fibrine, égaux en longueur au diamètre de 1 1/2 à 6 corpuscules rouges du sang, et manifestant des mouvements de progession en tire-bouchon qui pouvaient continuer d'une à huit heures après leur sortie du corps. Les expériences d'inoculation qu'il entreprit, expériences consistant dans l'injection du sang infecté de Spirilla des malades dans les veines des chiens, des lapins et des cochons d'Inde, demeurèrent sans résultat; l'injection sous-cutanée, au moyen d'une seringue,
i. Centralblatt fur die mediein, Wiss.y n* 10, mars 1873, et n" suivants de la même année.
de petites quantités de ce sang dans le corps de personnes en bonne santé ne produisit aucun effet. Les observations d'Obermier, relatives à l'existence des Spirilla du sang dans cette sorte de fièvre, furent ppomptement confirmées par de nombreux observateurs; les résultats négatifs qu'il avait obtenus en inoculant diverses personnes et divers animaux furent obtenus également par ceux qui suivirent son exemple. Motschutkowsky cependant dit que, bien qu'il eût aussi échoué en inoculant des animaux, il avait réussi en inoculant des personnes avec le sang de malades atteints de fièvre récurrente, que ce sang contînt ou non des Spirilla *.
On découvrit cependant que, bien que les 5ptrilla pussent généralement être découverts dans la fièvre récurrente , cependant il survenait de temps en temps des cas où des observateurs parfaitement compétents ne pouvaient les découvrir du commencement à la fin de la maladie, et cela dans des cas aussi sérieux que ceux dans lesquels les Schizomycètes abondaient, les malades étant surveillés par les mêmes observateurs durant la même période.
Des différences existent entre les résultats obte-
1. Hbydenreich, Ueher den Parasiten des Ruckfallstyphus, s. 38»
nus par les différents observateurs, quant à l'absence des Spirilla pendant les périodes de Tapyrexie, aussi bien qu'eu égard à leur présence pendant le paroxysme de la fièvre; Birch Hirschfeld, par exemple, les observa deux jours après la crise* ; et Laskousky, basant ses observations sur 32 cas, dit que les Schizomycètes augmentaient à mesure que s'élevait la température * ; tandis que Heydenreich maintient qu'une haute température tend à les détruire. Il avait observé que non seulement les Spirilla sont en plus grande abondance dans le sang un peu avant que la fièvre soit dans toute sa force, mais aussi que hors du corps ils conservaient plus longtemps leurs mouvements dans une chambre chauffée à la température de 18 à 21® G. qu'à une plus haute température. Il avait pu conserver actives dans une préparation , pendant une période d'une semaine à une quinzaine, des Spirilla exposés à cette température, tandis qu'ils mouraient dans une période de 15 à 21 heures quand ils étaient exposés à la chaleur du sang (37 ou 38" G.). A 40-41» G., ils mouraient en 4 à 12 heures ^ Toutes les tentatives qui ont été faites pour les cultiver ont avorté.
i. Schmidt*8 Jàhrbûchery CXVI, s. 2H, 1875.