Loc. cit., p. 100 et
Rapport des microphytes avec les maladies.
Dans les chapitres précédents, nous avons exposé les faits principaux concernant les rapports des organismes vivants avec les maladies; il reste maintenant à considérer en quoi est fondée la théorie des rapports des germes avec les mala-î dies; pourquoi, par exemple, nous ne pouvons admettre immédiatement que la fièvre splénique est causée par les Badlli et que le traitement consistera dans la destruction des bâtonnets, ou que la fièvre récurrente est produite par des Spirillum et que les remèdes doivent tendre à les détruire.
Avant que quelque chose de semblable à un traitement rationnel puisse être basé sur de telles vues, il faudrait prouver: 1® ou que ces organismes dans l'état où on les rencontre ordinairement sont dangereux lorsqu'on les introduit dans l'économie animale; 2* ou que les formes découvertes dans les maladies sont à quelques égards différentes intérieurement de celles qu'on connaît jusqu'à présent comme appartenant à des organismes inoffensifs, — différentes au moins autant j comme le suggère Virchow, que le sont entre eux la ciguë
et le persil *. Eu égard au premier point, il a été prouvé que tous les représentants du groupe des Schizomycètes cités peuvent être introduits dans l'organisme avec la plus grande impunité. Non seulement leur parfaite innocuité est complètement mise à l'épreuve à chaque repas par chaque individu, mais des observations ont été publiées qui ont démontré, d'une façon péremptoire, qu'ils peuvent être introduits directement dans le sang par injection dans les veines^ ou indirectement, à travers les canaux lymphatiques, dans les tissus sous-cutanés, sans la moindre conséquence fâcheuse. Ces faits sont si bien connus et si généralement acceptés qu'il n'est pas nécessaire d'en référer à des observations spéciales.
Eu égard à la seconde question, il existe des opinions diamétralement opposées. Tous les avocats de la théorie des germes, à très peu d'exceptions près, maintiennent que l'organisme particulier, dans la maladie particulière à laquelle il se rattache, est complètement distinct de tous les autres, du moins s'il est quelque chose de plus défini qu'un granule ou une molécule. Les maladies qui ont été citées spécialement dans les premières pages comme se liant aux microphytes peuvent être en gros divisées en deux classes ,
1. Die Fortschritte der Kfeigsheilleunde , besonders im Gebiete der InfectUmskrankheUen, 1874, p. 34.
suivant la forme du microphyte , le groupe septique, comprenant la pustule maligne, la septicémie , rérysipèle malin ou fièvre typhoïde du cochon, d'un côté, et une forme de fièvre connue communément sous le nom de typhus périodique, bilieux, récurrent, de Pautre.
Eu égard aux organismes qu'on a trouvés se rattachant au premier de ces groupes en prenant la pustule maligne pour type, on doit observer que M. Robin *, en 1865, déclara que les Bactéridies de Davaine étaient identiques au Leptothrix buecalis; et le botaniste bien connu Hoffmann a exprimé cette opinion qu'ils ne difierent pas des autres corps semblables qui apparaissent dans le lait et dans les préparations de viande ^ De nouveau, Ferdinand Gohn ^ dans ses observations sur la croissance des organismes de même nature contenus dans les solutions de foin, déclare que dans ces dernières les Badlli sont identiques, eji forme et en taille, à ceux qu'on trouve dans la maladie splénique et que les phases de leur développement correspondent à celles de ces derniers, la seule différence qui les distingue étant que, tandis que le Bacillus anthracis ne se meut pas, le Bacillus de la solution de foin a la faculté de se mouvoir. Cette