Supplément de Cohn, volume 2, livraison
distinction, comme nous l'ayons déjà dit, n'existe plus.
Organismes végétaux trouvés après la inorl dans un sang sain considérés dans leurs rapports avec les Bactéries et les Bacilli des maladies.
Il y a plusieurs années, le D'' Gunningham et moi-même nous fûmes frappés fréquemment de la rapidité avec laquelle les organismes apparaissent en ce pays dans le sang et dans les tissus des animaux morts. Les microphytes n'étaient pas seulement des Bactéries allongées ou en forme de petites sphères , mais elles se présentaient aussi sous l'aspect de lames et de filaments. En 1872 et en 1874 *, nous supposâmes une ressemblance entre eux et les Bactéridies de Davaine.
Peu de temps après survint une circonstance qui attira de nouveau mon attention sur une forme spéciale de ces organismes. M* Hart, chirurgien vétérinaire à Calcutta, me poussa à examiner un peu de sang parfaitement frais qu'il avait tiré d'un cheval mort ce jour-là d'une maladie anthracoïde bien déclarée. Sa curiosité avait été éveillée, eu
1. Oholéraf Recherches mioroscoptques et phyiiologiquei y i'^ et 2* séries, 1872 et 1874.
égard aux caractères microscopiques du sang, en lisant, dans The Veterinary Journal, qu'on avait trouvé des « vers » dans le sang de chevaux souffrant d'une affection semblable dans le Punjab. Une lame de verre bien unie fut préparée, et l'on examina le sang au microscope , mais on ne put découvrir aucune particularité ; lorsque cet échantillon ainsi que d'autres furent examinés de nouveau douze heures plus tard (après avoir été tenus sous une cloche de verre) , on observa des lames
Fig. 7. — Organismes trouvés dans le sang d'animaux bien portants quelques heures après la mort, X 1500 diam.
et des filaments nombreux, qui, pour la forme et a grandeur, correspondaient exactement aux corps du même genre décrits dans le charbon en Europe. Plusieurs cultures furent faites en ajoutant un peu de sang à de l'humeur aqueuse fraîche. Les
préparations furent alors mises de côté pendant quelques heures dans une chambre humide. Gomme la température en ce moment était généralement de 90** F. , on ne fut pas obligé de créer une atmosphère artificielle. Le développement des bâtonnets en filaments et l'apparition dans ces derniers de corps ovales, extrêmement réfringents, correspondaient si complètement à ce qu'ont décrit Gohn, Koch, Ewart et les autres, qu'il n'est pas nécessaire de représenter ces différentes phases par de nouvelles figures.
Une série de cultures furent faites en mêlant avec de l'humeur aqueuse fraîche un peu du produit de la dernière culture et ainsi de suite.
Il s'agissait maintenant de s'assurer si lesBadlU découverts dans le sang qui avait été mis de côté quelques heures après la mort des animaux manifesteraient, dans les mêmes conditions, des changements semblables. Des rats tués au moyen du chloroforme et laissés de côté de trois à vingtquatre heures, suivant que la température était haute ou basse, donnèrent le résultat suivant : on trouva des Bacilli dans le sang, dans la rate et dans les autres organes. Dans^ cette occasion exceptionnelle, les organismes apparurent très rapidement; cet exemple très remarquable de l'apparition précoce et abondante des organismes tenait en partie probablement au genre de mort.
L'homme qui avait procuré les rats promit d'en rapporter un grand nombre en peu de temps et se mit, à l'aide de pièges à rats, à faire une chasse active. Voyant qu'il pouvait s'en procurer une quantité plus grande que n'en contenait la cage qu'il avait apportée, il prit un grand pot de terre, y mit 27 rats et ferma l'ouverture avec un morceau d'étoffe. Gomme on peut le supposer, les rats, avant qu'ils nous fussent parvenus, avaient tous péri, excepté un. J'examinai le sang et la rate de vingt de ces rats, environ six ou huit heures après qu'ils avaient été pris, et je trouvai une foule de Bacilli^ de toute façon morphologiquement identiques au Baçillus anthracis. Chez quelques-uns , l'abondance des Bacilli était surprenante. Ils se présentaient surtout sous la forme de bâtonnets ; mais çà et là quelques-iins avaient crû de telle sorte qu'ils couvraient le champ du microscope. ' Cette expérience tend à donner raison à une affirmation, émise par M. Signol devant l'Académie des Sciences de Paris, d'après laquelle des Bacilli mobiles, identiques à ceux qu'on trouve dans le charbon, se rencontrent, seize heures ou moins de seize heures après la mort, dans le sang des animaux qui ont été asphyxiés au moyen du charbon. En outre, M. Signol observa que 80 gouttes de ce sang tuaient très rapidement un bouc ou im mouton , bien que la putridité ne pût être cons-
tatée, tant qu'il n'y en avait ni apparence ni odeur; mais qu'on ne trouvait pas de Bacilli dans le sang des animaux inoculés, avant la mort ou immédiat tement après *.
Il a été dit que les microphytes qui apparaissent dans le sang après la mort y pénètrent par le canal intestinal, dont ils traversent les tissus. Cette opinion n'est pas soutenable, car beaucoup d'observateurs ont démontré que si quelques-uns des organes sont séparés du corps immédiatement après la mort, ou isolés de la circulation pendant que l'É^nimal est encore vivant et sous l'influence du chloroforme, ces organismes apparaissent néanmoins si la préparation est tenue pendant quelques heures à une température convenable.
Plusieurs des échantillons de sang que fournirent diverses préparations que nous allons décrire furent obtenus de cette manière. Rats, souris, petits chats furent soumis à l'influence du chloroforme, ou tués et mis de côté pendant quelques heures; pendant qu'ils étaient encore sous l'influence du chloroforme, des ligatures furent passées autour des viscères de façon à les isoler avant que la mort fût venue. Enfin une ligature fut passée autour des vaisseaux de la base du cœur, et l'organe fut séparé du corps.