‹ Les microphytes du sang et leurs relations avec les maladiesChapitre 22 sur 24 · The Lancet et British médical Journal, avril · texte numérisé non relu

The Lancet et British médical Journal, avril

sur les Spirilla de la- fièvre récurrente sont fortement favorables à cette opinion, car ils sont présents dans le sang pendant le premier paroxysme, mais disparaissent durant la crise; ils sont absents dans l'intervalle, mais reviennent avec le retour ■de la fièvre et disparaissent de nouveau avant la crise. Il semble difficile de se rendre compte de leur apparition et de leur disparition successives, si Ton ne fait cette supposition que les circonstances sont favorables pendant la fièvre pour leur développement et défavorables quand la fièvre est passée.

Les remarques que fit le D' Bastian débutèrent par cette observation très intéressante de la* présence des Bactéries 4ans le liquide de la vessie d'un fiévreux, aussi longtemps que la vessie resta intacte, pendant quarante-huit heures, tandis que dans la vessie d'une personne en bonne santé il n'y a pas trace de Bactéries.

Une semblable conclusion est donnée pour les Bacilli de la pustule maligne, de la septicémie, de la fièvre typhoïde chez le cochon, le cheval et les autres animaux. Quant aux microphytes déjà nommés, il peut être affirmé qu'on ne les découvre jamais dans les premières phases ,de la maladie , mais seulement peu de temps p-vant et après le terme fatal. A ma connaissance, ils n'ont japaais été trouvés dans le sang d'animaux

qu'on a guéris ; ils ont toujours été reconnus comme coexistant avec une terminaison fatale.

Tel est le cas en ce qui concerne les deux maladies citées d'abord, et, jugeant par ce qu'on sait quant à elles, je présume que le développement des organismes dans le sang des cochons inoculés n'était pas un des symptômes qu'avait observés le Dr Klein comme indiquant que les Bacilli qui avaient été introduits dans le système des animaux avaient amené la maladie. Si cette opinion était juste, il serait tant soit peu difficile de comprendre sur quelles bases s'appuie un jugement si présomptueux eu égard à leur action spécifique.

Il ne semble pas que Leisering, dans son compte rendu d'organismes semblables dans cette même maladie du cochon dont nous avons déjà parlé, les ait découverts dans d'autres cas que dans des ca^ mortels de cette maladie*

Preuves que la virulence des substances septiqms ne dépend pas de la vie végétale.

Considérant qu'il est de toute évidence que ces organismes, Bacilli ou Spirilla, ne sont que des épiphénomènes, le changement spécifique des liquides

du corps se faisant avant qu'on puisse découvrir la moindre trace de leur présence, la question qui se présente naturellement est celle-ci : Existe-t-il une preuve suffisante que les inoculations, peuvent être faites en l'absence d'organismes vivants avec une substance identique? La réponse à cette question, quant à ce qui concerne le charbon et les maladies du même genre, est certainement l'affirmative; mais, pour la fièvre récurrente , il ne peut pas être établi absolument que la maladie soit inoculable, de sorte qu'actuellement le cas doit être mis hors de cause.

Lorsque Brauell publia son mémoire dans les Archives de Wirchow, en 1858, détaillant ses expériences pour prouver que la fièvre splénique est une maladie qui ne peut être inoculée^ il alla jusqu'à exprimer cette opinion, que les organisnàes découverts dans le sang] ne peuvent pas être les agents du virus , considérant que le sang qui a engendré la maladie ne contenait pas de Bacilli. Bouley en est venu à la même conclusion, et Bollinger, qui a répété les expériences de Brauell et de Bouley, a prouvé aussi que la maladie peut exister dans le sang en dehors de la présence des Bacilli, qu'un tel sang communiquerait la maladie aux autres animaux, et que même dans de semblables circonstances les organismes peuvent se développer dans le sang des animaux inoculés et

être découverts pendant la vie aussi bien qu'après la mort i.

Des observations semblables ont été faites eu égard à la septicémie et aux maladies du même genre liées à la présence des Bacilli. Nous en avons déjà cité quelques-unes. M. Colin, par exemple, observa que 1/100000 de goutte d'un sang infecté de septicémie tue un lapin en trente-six heures lorsqu'on l'inocule au moyen d'une lancette; que la propriété virulente existait avant la présence de la Bactérie ; et que le caractère pernicieux du liquide devenait évident, en même temps que l'apparition de très petits corps sphériques , conséquence , comme le croit Colin, de l'altération du sang ^.

Il a été démontré plusieurs fois que les propriétés vénéneuses du sang septique et des autres solutions altérées des animaux disparaissent vers le troisième ou le quatrième jour, ce qui s'accorde à peine avec cette opinion que le poison est contenu dans les spores en apparence presque impérissables des Bacilli qui existaient pendant les premières phases de la décomposition. Un même trait caractérise le virus de la fièvre splénique, de la

1» 0. Bollinger, Éur Pathologie des Miîibrandes, Mûnchen, 1872, cité dans Schmid'ts Jahrbuchner^ Band GLXXXI, e. 205, 1875.

2. Nouvelles recherches sur VacHon des fnatières putrides et sur la septicémiCf in Bulletin de VAcadémie, octobre 1873, citées par Birch-Hirschfeld, h c, p. 174.

petite vérole et de la syphilis. Hiller % en résumant les résultats de la filtration des liquides septiques, écrit que les expériences les plus décisives ont prouvé qu'après la filtration à travers deâ substances très poreuses, telles que charbon, poterie poreuse, ouate comprimée, etc., jusqu'à ce que les liquides soient absolument débarrassés de molécules visibles d'un genre quelconque, ces liquides peuvent communiquer tous les symptômes qui caractérisaient leur action avant la filtration. Hiller dit que les mêmes résultats ont été obtenus par* Panum, Bergmann, Heidenbaum, WolflF, Kiissner et les autres.

Au premier de ces observateurs appartient le mérite d'avoir contribuera quelques-unes des premières et des plus importantes expériences qui aient été faites jusqu'ici sur la nature du poison existant dans certaines solutions de matières décomposées. Les recherches de Panum ont été publiées dès 1855, mais elles ont d'abord été éditées en danois et par cela même ont été tout à fait négligées pendant plusieurs années. Elles furent mises en évidence en 1874 par une notice des Archives de Virchow. En 1875 % le D' Gunningham et moi nous recommençâmes ces recherches et

1, Zfeber putrides Gift, in Ceniralblatt fur Chirurgie, numéros 40, 11 et 12, 1876.

2. ChoUray microscopical et physiological researches, série 2.

nous découvrîmes que les résultats de nos observations sur le même sujet, observations basées sur une série d'expériences qui comprenaient Tinoculation et la dissection d'environ 170 chiens, était dans les points où ils pouvaient se comparer presque en complet accord avec ceux qui avaient été obtenus par Téminent expérimentateur.

Panum observa que le coagulum que produit en bouillant un liquide infecté était plus virulent que le liquide lui-même. Les principaux faits démontrés par lui peuvent se résumer ainsi :

1^ Que le liquide parfaitement clair qu'on peut obtenir en filtrant des solutions de substances animales putréfiées à travers plusieurs couches de papier à filtrer communique les mêmes symptômes infectieux que la substance non filtrée ;

2" Qu'en faisant bouillir le liquide pendant onze heures on n'altère pas ses propriétés toxiques ;

3° Que, bien qu'un extrait alcoolique du liquide soit inoflensif , l'action virulente d'un extrait aqueux du liquide est très intense.

C'est pourquoi Panum conclut qu'un liquide qui peut conserver ses propriétés spécifiques après avoir été filtré, bouilli, évaporé au sec, et dont le résidu a été traité par l'alcool froid et par l'alcool bouillant, puis dissous de nouveau et encore filtré^ ne peut pas conserver la propriété d'entretenir la vie d'organismes quelconques.

En 1865, le D"" W.-B. Richardson prouva que le liquide séro-sanguin de la cavité du péritoine d'une personne atteinte de pyoémie communiquait la fatale maladie d'un animal à un -autre en séries directes, et que le poison septique qui causait ces désordres pouvait être combiné avec des acides pour former des sels qui conservaient les propriétés infectantes de la substance primitive * . Quelques années plus tard (1868), Bergmann réussit à obtenir une substance semblable en apparence, substance qu'il nomma Septine '. Ce poison communiquait des symptômes de même caractère que les solutions putrides et souvent devenait plus fatal encore, môme à petites doses. Il sembla reproduire des symptômes tout à fait identiques à ceux que produisait la substance originale, différant un peu en cela de « l'extrait putride » de Panum, lequel reproduit sans aucune modification les symptômes ordinaires de l'empoisonnement putride.

Les faits rapportés dans les précédents paragraphes ne peuvent donner que peu de poids aux assertions de Pasteur et de ses adhérents, qui accordent ce qu'on pourrait presque appeler une puissance de résistance surnaturelle aux spores dormantes du charbon et des autres maladies. Mais

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