Cohn't Beitràgey Band II, Heft
que le sang de ces derniers (sang ne contenant pas de Bactéridies) pût déterminer à son tour la maladie, et produire des Bactéridies chez un troisième animal, bien que lui-même en fût exempt. D'autres observateurs soutinrent que la maladie n'était pas due seulement à la contagion, mais était en quelque sorte dépendante du lieu^ car la maladie était endémique seulement dans les endroits humides, dans les districts marécageux, dans les vallées et sur les côtes, et aussi que la mortalité était plus grande dans les années pluvieuses et spécialement
Fig. 4. — Baeillus anthracU provenant de la rate d'ane souris après trois heures de calture dans une goutte d'humeur aqueuse (Koch), X 650 diam,
dans les mois d'août et de septembre^ pendant lesquels la température du sol s'élève le plus. Ces particularités ne pouvaient être expliquées suffisamment par cette hypothèse de Davaine que les organismes conservant plus longtemps dans l'air
sec leur vitalité sont entraînés par les courants d'air, ou que Tinoculation est opérée par les insectes, et aiosi de suite.
Les expériences de Koch le conduisirent à penser que l'explication de Davaine sur le mode de propagation de la maladie n'est qu'en partie juste. Il trouva que les bâtonnets des Bactéridies ne sont pas aussi vivaces que l'avait supposé Davaine, Le sang qui ne contient que des filaments ne conserve ses propriétés, en cas de sécheresse, que quelques semaines, et quelques jours seulement en cas d'humidité. Gomment le contagium demeurerait-il latent dans le sol pendant des mois et des années ? Si les Bactéridies entraient pour quelque chose dans la matière, il faudrait supposer qu'elles demeurent inertes pendant certaines phases de leur développement, ou que, comme l'avait suggéré Gohn *, il se forme « des spores dormantes » capables de conserver leur vitalité pendant longtemps et de donner naissance de nouveau à des Bactéridies. Le D^ Koch pense avoir démontré l'existence de ces spores. Gomme cette question est très importante, il est nécessaire qu'elle soit soumise de nouveau à un examen scrupuleux ^.
j. Cohn's Beilràgey Baad I, Heft 3.
2. Nous avons donné dans la Revue internat, des sciences, 1878, tome II, p. 538, la traduction d'un mémoire de M. Brefeld qui parait démontrer complètement la formation de spores dans le Bacillut suhiilis.
Les expériences de Davaine et des autres furent répétées sur des souris, ces animaux se présentant comme capables de donner les résultats les plus satisfaisants. Une petite partie de la queue ayant été échorchée, une goutte du fluide contenant les Bacilli fut mise en contact avec la blessure. Ces inoculations furent fatales lorsqu'on fit usage de matériaux fraîchement obtenus. En partie pour s'assurer si les Bacilli se transformaient par les inoculations successives, et aussi pour se fournir à lui-même une constante provision de matériel frais , l'observateur inocula les souris les unes après les autres, la dernière fournissant la matière nécessaire à l'expérience suivante, jusqu'à ce que vingt inoculations eussent été opérées ainsi; conséquemment, vingt récoltes de Bacilli furent obtenues sans qu'on eût remarqué aucun changement dans leur forme ni dans leurs caractères*. Les résultats pathologiques eurent toujours le même caractère : augmentation de la rate, et Bacilli sans mouvement et transparents. Chez la souris , ces derniers n'étaient pas plus nombreux dans la rate que dans le sang, mais, suivant les divers animaux ^ ' des résultats difierents furent obtenus, eu égard à la distribution des organismes dans les tissus. Le sang des lapins inoculés, par exemple, se trouvait