MÉTHODE DE SCHWANN
vation des matières soumises à l’ébullition et conservées à l’abri de l’oxygène comme dans le procédé d’Appert.
Expériences et méthode de Schwann. — La plupart des observateurs contemporains ont accepté le principe de la méthode du nouvel expérimentateur, qui, lui-même, se rattache Spallanzini. C’est pourquoi je vais vous la décrire avec quelques détails. L’appareil dont il se servit est sous vos yeux , il fonctionne. Dans un ballon de verre est introduite la substance que l’on veut étudier, une infusion , un liquide quelconque, contenant ou ne contenant pas la matière solide qui a servi à les préparer. Le ballon est fermé par un bon bouchon muni de deux tubes de verre à branches parallèles convenablement recourbées; par leurs longues branches descendantes en forme d’U, les deux tubes plongent dans un vase assez profond rempli d’alliage fusible; par l’un des tubes le ballon reste en libre communication avec l’atmosphère, par l’autre il estréuni à unaspirateur plein d’eau. Les choses étant ainsi disposées, le bain d’alliage étant chauffé , le contenu du ballon est porté à l’ébullition ; les vapeurs de l’eau bouillante n’ayant d’issue que par les tubes, échauffent ceux-ci dans toute leur longueur et tuent les germes vivants, que l’air ou leur surface intérieure recèle. Le bain d’alliage étant porté à 400° et au delà, l’ébullition est interrompue et on laisse refroidir le ballon ; la vapeur d’eau se condense et l’air ne peut rentrer au contact des infusions qu’en parcourant le tube porté à une température très élevée qui tue les germes. La matière des infusions est donc comme si elle était placée dans l’air pur, privé de germes. Lorsque l’on veut mettre ces matières en contact de l’air renouvelé , l’alliage étant porté à 400°, on ouvre l’aspirateur: l’eau s’écoule entraînant l’air du ballon , lequel est remplacé par de l’air préalablement chauffé, etc.
Expériences de M. Helmholtz. — La disposition de l’appareil est fondée sur le même principe que celui de Schwann , seulement les tubes destinés, l’un à la rentrée de l’air, l’autre à communiquer avec l’aspirateur, peuventêtre chauffés au rouge, presque à la température de la fusion du verre.
Voici quelles sont les conclusions de ces nouvèlles séries d’expériences.
MÉTHODE DE SCIIWANN
M. Schvvann a opéré sur une infusion de chair musculaire, sur la viande et sur la levure de bière mêlée à l’eau sucrée. La conclusion qui se dégage de ces expériences , en laissant de côté certains insuccès partiels, c’est qu’on n’y voit se développer ni infusoires, ni phénomènes de fermentation ou de putréfaction. Je vous ferai remarquer que , dans la manière de procéder de M. Schwann, il y a une innovation importante : c’est que dans l’une des expériences il a employé le bouillon de viande , c’est-à-dire l’infusion séparée de la matière qui a servi à la préparer. J’en ferai ressortir plus loin la signification.
Quant à la cause de l’apparition des infusoires, lorsqu’il en voit naître , M. Schwann n’invoque pas la génération spontanée : il suppose que l’air en contient les germes ; germes que la chaleur avait détruits lorsque les irffusoires n’apparaissent pas. Cependant ce savant laisse l’esprit indécis sur le rôle de l’air dans la fermentation. Mais il a certainement levé la difficulté que soulevait Needham relativement à la corruption de l’air qui a été chauffé au contact des infusions ; à moins que l’on n’admette que la calcination fait subir quelque modification allotropique à l’oxygène de cet air, ces expériences réduisent à néant les objections du spontépariste anglais, sur quoi nous reviendrons.
M. lire a répété et confirmé les observations de Schwann.
M. Helmholtz a vu, après huit semaines, pendant les chaleurs de l’été, des parties d’animaux , de viande, une solution de gélatine, du jus de raisin, rester inaltérés dans leur aspect, leur odeur, leur saveur et leur manière d’être à l’égard des réactifs.
Evidemment ces auteurs se sont souvenus des objections de Bonnet sur la petitesse des germes, pour qui la moindre fissure est « comme une porte cochère ». C’est pour cela que M. Helmholtz a cru nécessaire de mastiquer les bouchons et de porter l’air à une très haute température. Mais il n’a pas levé la difficulté relative à l’influence de la chaleur sur 1 air. Au fond, la méthode dans son ensemble, bien qu’allant en se perfectionnant, est restée celle de Spallanzani. Les modifications apportées par M. Schultze et par MM. Sehrœder