LA CRÉOSOTE ET LES CRITIQUES DE POUCIIET
les microzymas isolés, seuls, dans des expériences in vitro, sont susceptibles d’agir comme ferments, et, de plus, si c est possible, que les microzymas des différents centres organisés ne sont pas doués des mêmes fonctions chimiques, ce qui éliminera l’influence de la cause unique à laquelle on prétend faire remonter tous ces phénomènes.
Dans le Mémoire sur les moisissures de l’eau sucrée, j’ai déjà fait voir que les microzymas (les petits corps) étaient capables d’intervertir le sucre de canne , ce qui est déjà un phénomène qui n’est produit que par l'influence* d’un être organisé, comme je vous l’ai expliqué. Je n’ai pourtant pas considéré ce fait comme une démonstration suffisante de l’activité chimique de ces microzymas.
Nous consacrerons cette séance à démontrer que les microzymas de toute origine sont, par eux-mêmes, des ferments de l’ordre des ferments organisés. Nous verrons, en outre, comment on parvient à les isoler dans certains cas, et à les étudier quand ils sont séparés des cellules qui les contiennent ou des tissus qu’ils servent à former.
Mais dans l’étude que nous allons entreprendre, nous nous servirons fréquemment d’acide phéniqueoude créosote pour empêcher l’intervention accidentelle ou fortuite des microzymas et germes atmosphériques, comme nous l’avons fait pour étudier leur évolution. Je vous ai déjà entretenu de la théorie concernant l’influence de la créosote dans les expériences de génération spontanée. Pour ne plus avoir à y revenir, laisse.z-moi vider une question de priorité et vous lire ce que l’on a pensé, au plus fort du débat, du rôle de ces agents dans ce genre de recherches.
C’était en 1863, je venais de communiquer à l’Académie des sciences la lettre à M. Flourens, dont je vous ai parlé dans la seconde Conférence. Or le Moniteur scientifique du docteur Quesneville, rendant compte de cette séance du 7 décembre 1863, s’exprime comme ceci :
« Les expériences si importantes de M. Béchamp et
les conclusions qu’il en tire ont déjà été faites par le docteur Lemaire , qui a démontré que, lorsqu’on met quelques gouttes d’acide phénique dans des liqueurs fermentescibles, ces liqueurs ne deviennent pas fécondes; mais, selon