MÉTHODE DE SCHROEDER
détruit et que le coton retient. Il lui paraît, en outre, hors de doute que les moisissures naissent des germes ou spores que l’air contient. Cependant, les faits concernant la viande, le lait, le jaune d’œuf, le bouillon de viande, qui s’altèrent sous le coton, ne lui paraissent pas pouvoir être expliqués complètement par les germes miasmatiques de l’air. Et l’auteur, ayant rapproché de ces dernières expériences celles qu’il avait faites en vue de savoir si l’air filtré sur le coton empêcherait les solutions sursaturées du cristalliser, ce qui a souvent lieu, conclut de nouveau que l’air naturel possèd eune influence inductive pour provoquer la fermentation et la putréfaction , que la fdtration sur le coton affaiblit, mais peut bien ne pas totalement supprimer. De façon que, en dernier résultat, M. Schrœder ne se prononce pas sur la nature de la substance ou de la propriété qui, dans l’air, possède cette force inductive!
Il est incontestable que les faits concernant le lait, la viande et le jaune d’œuf ont complètement dérouté M. Schrœder, comme ils en ont dérouté d’autres, notamment Needham , Spallanzani , M. Pouchet et M. Pasteur. Pour ce dernier savant surtout, la difficulté est restée entière.
Permettez-moi , Messieurs , de vous faire voir qu’en 1863 je m’étais déjà douté de la cause probable de l’altération du lait et de la viande. Dans un Mémoire (1) publié à cette époque , je disais déjà : « Cependant l’altération du lait et de la viande laissèrent l’esprit de M. Schrœder en suspens , et il ne sut pas s’en rendre compte. Si la Société Linnéenne accueille cette note avec bienveillance , j’aurai l’honneur de lui communiquer des expériences qui les expliquent : je dirai seulement ici que l’altération du lait et de la viande, dans ce cas là, n’est pas toujours une question dépendante de la génération spontanée, et qu’il peut y avoir putréfaction et fermentation sans ferments organisés. »
Il convient de vous faire remarquer qu’aucun des expérimentateurs modernes dont je viens de résumer les
(i) Sur les générations dites spontanées et sur les ferments, par M. A. Béchamp , in Annales de la Société Linnéenne de Maine-et-Loire. <>e année, 1 803. Angers, Cosnier et Lachèse.