‹ Les microzymasChapitre 134 sur 389 · CRITIQUE DE QUELQUES OPINIONS DE M. PASTEUR · texte numérisé non relu

CRITIQUE DE QUELQUES OPINIONS DE M. PASTEUR

tance importante, je n’ai négligé de rétablir la vérité dans ses droits. La justice n’est pas toujours respectée par les savants: cependant, M. Paul Schützenberger, après avoir attribué à M. Pasteur la découverte des ferments du vin sur le grain de raisin et avoir rapporté tout au long son expérience, sans la discuter, a eu la bonté d’ajouter que « M. Béchamp avait déjà prouvé, par des expériences antérieures, que les grappes de raisin portent à leur surface tout ce qui est nécessaire pour faire fermenter l’eau sucrée, même à l’abri de l’air (I). »

Encore un mot. Vous avez entendu dans l’exposé de son expérience que M. Pasteur répète une fois de plus cette assertion : que les germes de l’air sont facilement tués dans un milieu acide chauffé à 100°. Puisque nous trouvons l’occasion d’insister encore une fois sur cette erreur, saisissons-la au passage. Je vous ai fait voir que les microzymas de certaines parties de végétaux peuvent évoluer en bactéries dans un milieu acide, comme l’est le parenchyme de certains Cactus. C’est à l’occasion du lait et de sa coagulation que cette assertion a été produite pour la première fois par son auteur. Si, dit-il, pour empêcher le lait de se cailler il faut le chauffer à plus de 100°, c’est que dans un milieu alcalin, comme est le lait, les germes de l’air ne sont pas tués à 1 00 degrés. Et vous vous souvenez que pour donner de son assertion une démonstration « victorieuse », il prend du bouillon de levûre sucré, qui est acide, et y ajoute du carbonate de chaux ; dans le milieu devenu neutre ou légèrement alcalin, il faut, dit-il, pour empêcher les bactéries de naître, chauffer à 105 degrés et non pas seulement à 100 degrés. Eh bien, quand M. Pasteur est obligé de chauffer à 105 degrés , c’est qu’il a employé, au lieu de carbonate de chaux, de la craie, qui contient des microzymas, lesquels, en effet, résistent à la température de 100 degrés. Mais si l’on prend, comme je l’ai fait, du carbonate de chaux pur, artificiel, eût-il été pendant plus d’un an exposé au contact de l’air, une température de 100 degrés est parfaitement suffisante pour que, dans le bouillon de levûre

(1) P. Schützenberger : Les fermentations (1876). Germer-Baillère , p. 277.

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