‹ Les microzymasChapitre 148 sur 389 · ET LEURS MULTIPLES FONCTIONS · texte numérisé non relu

ET LEURS MULTIPLES FONCTIONS

longer, il faut ajouter de la créosote au mélange , pour se mettre à l’abri de l’influence possible des germes de l’air.

Et cette expérience négative a la même importance que celle qui a été faite sur l’empois. On sait, en effet, que le suc pancréatique, aussi bien que les infusions du pancréas, sont sans action sur le sucre de canne.

Action des'microzymas pancréatiques sur les corps gras. — J’ai essayé l’action des microzymas lavés à l’éther sur les corps gras. Une bouillie de ces microzymas a été vigoureusement agitée avec une petite quantité d’huile d’olives. Le mélange , d’abord neutre au papier bleu de tournesol sensible, après quelques heures de séjour à l’étuve , finit par rougir manifestement le papier bleu. Cependant, il est bien remarquable que le corps gras enlevé par l’éther aux microzymas de la glande fraîche, soit sensiblement neutre. C’est une question à étudier.

Action clés microzymas pancréatiques sur les matières animales. — Mais la propriété , assurément la plus remarquable de ces microzymas, est de dissoudre et transformer profondément les matières albuminoïdes les plus diverses. Jusqu’ici ,- j’ai opéré sur les substances suivantes :

La fibrine du sang de bœuf;

La fibrinine ;

La musculine;

La modification insoluble du blanc d’œuf que l’on obtient dans l’action de l’acide chlorhydrique concentré sur le blanc d’œuf, que quelques chimistes appellent acidalbumine et confondent avec la musculine ;

La caséine;

La primovalbumine (la portion du blanc d’œuf de poule que l’extrait de saturne précipite) ;

La secondovalbumino (la partie du blanc d’œuf qui est précipitable par l’extrait de saturne ammoniacal après que la précédente a été enlevée) ;

L’osséine d’os de mouton, préparée par le procédé de M. Fremy..

Parmi ces substances, il n’y en a que deux de solubles; la primovalbumine , et la secondovalbumino. Les insolubles sont rapidement dissoutes, ou, comme on dit, digérées et

l’action des microzymas pancréatiques

transformées par les microzymas pancréatiques; les solubles sont profondément modifiées et transformées également.

Je n’aurais pas le temps de développer ce sujet très intéressant si je voulais traiter le côté purement chimique qui le concerne. Le tableau qui est sous vos yeux vous en dira assez après les explications que je vais vous donner.

Insistons d’abord sur le fait de la dissolution des matières albuminoïdes insolubles.

Voici de, la fibrine, très blanche, très pure. Vous ne doutez pas que ce ne soit un corps d’une insolubilité • absolue.

Voici de la fibrinine et de l’osséine, substances également insolubles.

Je les mets avec une quantité d’eau distillée suffisante pour que les matières y soient complètement immergées, et j’y ajoute des microzymas pancréatiques en pâte, bien lavés à l’eau , à l’éther et encore à l’eau. Notez que les microzymas sont également insolubles , et que la quantité de ceux-ci est peu de chose comparée à celle de la matière animale. Les préparations sont Abandonnées à la température de 40-45 j degrés, à l’étuve ou dans un bain d’eau. Vous ne verrez * pas la dissolution s’opérer; mais voici une expérience sem- J blable à l’une de celles-ci, avec la fibrine; elle a été com- 1 mencée à midi ; elle était dans l’état que vous voyez entre | cinq à six heures du soir, et maintenant, huit heures trois \ quarts , c’est un liquide trouble où vous ne distinguez plus aucun filament de fibrine ; je jette sur un filtre, et un liquide : limpide s’écoule qui contient toute la fibrine transformée , moins ses microzymas , qui restent mêlés aux microzymas ■ pancréatiques. Je vous parlerai -tout ù l’heure de l’influence ultérieure des microzymas de la fibrine sur le mélange résultant de la réaction. Je vous prie seulement de constater que ce mélange n’est pas putréfié; il n’a d’autre odeur que l’odeur particulière à ces substances.

Pour vous faire une idée de l’intensité de l’action, sachez que dans cette expérience on avait employé 140çr- de fibrine humide, exprimée, 10gr' de microzymas pancréatiques en pâte, contenant lgr06 de matière supposée sèche. Il a fallu moins de six heures, pour que la solution

LES DIGESTIONS PAR MICROZYMAS PANCRÉATIQUES 309

se fit. Avec une plus grande quantité de microzvmas elle eût été plus rapide et aurait pu être terminée en une heure, ainsi que je m’en suis assuré. Et les choses se passent de la même manière quand on fait usage de microzymas non lavés à l’éther : seulement il en faut employer davantage si l’on veut obtenir les mêmes résultats.

La fibrinine, toutes choses égales d’ailleurs, est aussi vivement attaquée.

Vous vous rappelez que la fibrine se gonfle avant de se dissoudre dans l’acide chlorhydrique très étendu. Le phénomène est tout autre dans le cas actuel : la fibrine se désagrège et disparaît sans aucun gonflement.

L’osséine, réduite en menus fragments, se dissout, couche par couche, sans se désagréger. 10gr- d’osséine fraîche humide, traités par igr- de microzymas pancréatiques lavés à l’éther, en pâte humide, et 30 cent. cub. d’eau étaient aux trois quarts dissous dans l’espace de vingt-quatre heures. Il y avait près de 3 grammes d’osséine, supposée sèche , de dissoute.

La caséine, la musculine sont aussi rapidement dissoutes; lia rapidité est, nécessairement, en rapport avec la quantité jtdc microzymas employés.

La primovalbuminc et la secondovalbumine , bien qu’employées à l’état soluble , sont plus lentement digérées ou (transformées.

Tels sont les faits , relativement à l'activité des micropymas pancréatiques ; ils paraissent étranges quand on ne pe place pas au point de vue de la théorie que je vous ai pxposée en commençant cette Conférence ; nous y reviendrons tout à l’heure.

Mais pour l’intelligence du tableau, il faut que j’insiste pur quelques particularités qui expliquent les contradictions iles auteurs et rectifient certaines opinions trop tôt émises.

Vous savez que les auteurs appellent peptones, le produit pu les produits des digestions stomacales. La tendance était, Élepiiis Lehmann, qui a créé ce mot inutile, de regarder romme unique le produit de la digestion des matières animales les plus diverses ; et cela n’avait rien d’étrange , puisque les chimistes, du moins presque tous , et Lehmann

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