SUR LES OEUFS
duit de nouveau les mêmes idées et, se préoccupant de la pénétration des germes par les pores de la coquille, réduit l’objection à néant et conclut qu’il y avait là en apparence les circonstances les plus favorables à la génération spontanée.
Et M. Pasteur, à qui M. Donné avait adressé la communication de 1863, approuvait et trouvait concluantes les observations et les conclusions de son correspondant, en ce qu’elles confirmaient les siennes propres. Cela nous a valu la publication de la lettre que M. Pasteur écrivit, à cette occasion, à M. Donné. Il faut absolument, dans l’intérêt de ces Conférences et des idées que je vous offre à méditer, que je vous lise quelques passages de cette lettre :
« .... Si les partisans de l’hétérogénie, dit-elle, avaient été plus avisés, ils auraient vu que le point faible de mon travail consistait en ce que toutes mes expériences s’appliquaient à des matières cuites. Ils auraient dû réclamer de mes efforts un dispositif d’épreuves permettant de soumettre à un air pur des substances naturelles, telles que la vie les élabore, et à cet état où l'on sait bien qu’elles ont desvertus de transformation que V ébullition détruit. Cette objection, je me la suis faite... et je n’aurais pas été satisfait tant que je n’eusse pas trouvé le moyen de réaliser des expériences sur des matières non chauffées préalablement, telles que le sang et l’urine. Ce sont des expériences de cette nature, et peut-être encore plus probantes, que vous venez de tenter avec un plein succès. Votre idée a été très ingénieuse. En voyant les œufs rester intacts si longtemps en présence d’un air qui a la composition de l’air ordinaire, il est difficile de prétendre que la matière organique peut s’organiser d’ellemème au contact de l’oxygène, de façon à produire des êtres nouveaux (1). »
Substances naturelles, telles que la vie les élabore! — Vertus de transformation que V ébullition détruit ! voilà ce que M. Pasteur voyait dans la matière organisée de l’œuf, dans le sang, dans l’urine... en 1863. Mais pas un mot qui suppose que la substance naturelle que la vie élabore est quelque chose qu’un histologiste puisse décrire ; pas un mot
(1) Comptes-rendus, t. LVÏI , p. 302 (1863)