MICROZYMAS DE MÈRE DE VINAIGRE
formée par un papier eL abandonnés dans le même lieu , à la même température : il était resté limpide , rien d’organisé n’y était développé, aucune apparence de fermentation, et le sucre n’était pas interverti : la solution ne donnait qu’une réduction insignifiante du réactif cupropotassique. D’ailleurs, ne perdez pas de vue que tout cela s’est accompli nonobstant la présence de la créosote, qui avait pour effet d’empêcher l’évolution des microzymas atmosphériques.
Cette expérience si nette m’a paru si grosse de conséquences que je l’ai répétée un grand nombre de fois , en la variant soit par l’emploi de milieux différents, soit de Mère de vinaigre de diverses préparations et origines.
C’est ainsi que pour ôter l’objection relative à la présence accidentelle d’un globule de levôre , le bouillon de levûrc a été remplacé par le bouillon de viande bien filtré. La fermentation s’est produite régulièrement et les cellules ont apparu.
Grâce aux dessins qui sont sous vos yeux , vous pouvez vous faire une idée de cette production des cellules. Il y en a de complètement isolées, ce sont celles qui nagent dans le liquide ambiant ; mais dans la masse de la membrane on en voit qui sont en voie de formation au milieu d’un amas de microzymas; elles sont encore sans contours bien déterminés , d’autres sont déjà achevées , et si l’on examine attentivement le bord du lambeau , vous pouvez voir de ces cellules à moitié engagées dans la gangue hyaline qui les retient : par des pressions sur la lame porte objet , petit à petit, on peut les dégager et les voir distinctement.
Voilà, au point de vue histologique, un fait très intéressant. La première fois que j’en ai parlé en public , ç’a été en 1868, au mois de mars, dans une Conférence faite au Palais St-Pierre à Lyon (1). Je disais : « Ce sera en partant d’une expérience réduite à ses termes les plus simples que nous pourrons nous persuader que les microzymas , que nous savons doués d’activité chimique et de vie , sont aussi des facteurs de cellules. Toutefois , je n’aborde ce point de vue nouveau qu’avec la plus grande
(1) De l’alimentation. Conférence faite à Lyon. Mars 18G8. In Montpellier médical , t. XXIV, p. 208.