FORMATION DES BACTÉRIES
riences que j’ai rapportées. Selon moi, on a trop obéi à la tendance de notre esprit, tendance presque irrésistible, qui nous pousse à expliquer les-phénomènes que nous observons en mettant, paresseusement, à la place des données qui nous manquent et que nous ne cherchons pas assez à découvrir, les systèmes préconçus que crée notre imagination. Pour moi, je me suis borné à ce que l’observation patiente m’a révélé de positif dans l’expérimentation réduite à ses termes les plus simples. En agissant ainsi, nous pourrons ensemble, sans trop de témérité, nous élever jusqu’à la compréhension de ce qui se passe dans les cas les plus compliqués. C’est la méthode qu’appliquent les physiologistes et les anatomistes en anatomie comparée ; qu&nd ils veulent comprendre le développement d’un organe , ils observent ce qui se passe dans les êtres les plus simples où cet organe est réduit à sa plus simple expression , et suivent son perfectionnement graduel jusque dans l'homme.
Ce que je vais vous dire est presque textuellement tiré de la Conférence sur l’alimentation , faite à Lyon en 1 8 6 S , dont je vous ai déjà parlé.
Voyons donc d’abord comment dans la Mère de vinaigre la bactérie procède du microzyma ; nous verrons ensuite comment naît la cellule. Dans les circonstances où l’on constate la naissance des bactéries, voici ce que l’on remarque : ce petit organisme n’apparaît pas tout d’une pièce, comme le deus ex machina ; non, mais les microzymas qui étaient isolés, prolifèrent réellement ; ensuite on en voit qui sont d’abord comme agglutinés à deux, en 8 de chiffre, puis en chapelets droits, de trois, de quatre et davantage de grains, sans doute par suite d’un bourgeonnement semblable à celui qui préside à la multiplication de la levûre de bière ; puis les grains des chapelets de microzymas semblent s’allonger, la bactérie elle-même apparaît comme par la fusion, en quelque sorte, de tous ces grains en un tout continu et linéaire que l’on a comparé à un bâtonnet. PI. I. fig. 1, 2, 3 ( l). En même temps que ces transformations s’opèrent, la
(1) C est à peu près ce que l’on constate quand une cellule, dans le végétal, s'allonge pour devenir clostre , et par la soudure fibre.