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LA MÈNE DE VINAIGRE ET LE MYCODERMA ACETI

■pas qU’il peut y avoir ensemencement spontané ! ce quô j’ai vu, je crois l’avoir observé ! mais cela n’a aucun lien avec la présence cle la Mère de vinaigre !

Je suis désolé d’être obligé de parler sévèrement comme je vais le faire, et de donner à quelques-unes de ces Conférences, comme à certaines de mes publications antérieures, le caractère d’une polémique contre M. Pasteur, dont cependant j’aime à proclamer la haute valeur d’expérimentation et quelquefois la sagacité. C’est que ce savant, cédant trop facilement à l’entraînement du parti pris, ne juge les travaux d’autrui qu’à travers les illusions du système préconçu qu’il veut faire prévaloir. J’affirme que M. Pasteur en impose au lecteur quand il ose dire que je ne me préoccupe pas des ensemencements spontanés, c’est-à-dire des germes de l’air. Mais il faut une fois de plus que je relève, pour en montrer l’erreur, cette persévérante redite , qui serait ridicule si elle n’était la conséquence d’un système erroné.

Ni M. Pasteur, ni moi, ne pouvons faire que la Mère de vinaigre n’ait eu le contact de l’air ; la question est de savoir si ce que l’on voit apparaître dans les milieux où elle est mise, vient d’elle ou des germes qui y ont pénétré pendant la préparation de l’expérience. Or, vous savez que, par l’emploi de l’acide phénique ou de la créosote, j’annihile l’influence des germes atmosphériques, et nous verrons plus loin que M. Pasteur est convaincu de ce fait.

Considérez, je vous en prie, l’expérience de laquelle M. Pasteur a conclu, après moi, que lesferments du vin viennent de l’extérieur des grains de raisin ; et dites-moi s’il a pris autant de précautions que moi pour annihiler l’influence de ces germes ou pour les écarter : rappelez-vous le pinceau de blaireau, le vase, le long séjour dans l’air, l’ouverture de son appareil, etc. Qui l’a assuré que les cellules qu’il a vues se multiplier n’étaient pas le fruit de cet ensemencement spontané qu’il m’objecte ? D’ailleurs les grains de raisin, le bois, etc., avaient eu, comme la Mère de vinaigre, le contact de l’air. Je pourrais multiplier les exemples où il a conclu comme moi, sans avoir pris autant de précautions que moi. Sa méthode, d’ailleurs, est caduque dans

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