DISCUSSION CONCERNANT
toutes les circonstances où il s’agit de matières organisées, animales ou végétales.
Pour démontrer que les microzyrnas de la Mère de vinaigre sont d’espèce spéciale, je vous ai cité les expériences que j’ai faites avec ce que M. Pasteur appelle Mycoderma aceti, et qu’il confond, à tort, avec la Mère de vinaigre que l’on avait appelée de ce nom avant la confusion qu’il a faite. Or, je le répète, le prétendu mycoderma aceti de M. Pasteur, placé dans les mêmes milieux que la Mère de, vinaigre, dans les mêmes conditions d’expérimentation, n’a donné ni cellules, ni bactéries. L’expérience a duré du 11 octobre 1868 au 15 mars 1869.
Cette expérience, M. Pasteur l’a répétée pour me l’objecter. Il a opéré d’après sa méthode : qu’a-t-il obtenu ? Précisément la même chose que moi : son mycoderma aceti n’a pas changé : il n’y a pas eu formation de cellules, ni bactéries, il n’y a pas eu fermentation alcoolique, ni fermentation lactique (1). En vérité, je ne comprends pas M. Pasteur !
J’ai conclu, moi, que le Mycoderma aceti de M. Pasteur n’est pas le Microzyma de la Mère de vinaigre. Sans doute M. Pasteur a donné à son mycoderma le même nom que celui que les auteurs ont donné à la Mère de vinaigre. Je n’ai pas fait cette confusion, et de fait, le mycoderma aceti de M. Pasteur et le microzyma de la Mère de vinaigre sont morphologiquement différents , autant qu’ils le sont de grandeur. Le microzyma est une sphère, le mycoderma de M. Pasteur, beaucoup plus gros, est une forme allongée un peu étranglée vers son milieu. L’expérience de M. Pasteur, confirmative de la mienne, ne prouve donc rien contre mes expériences sur la Mère de vinaigre. J’expérimentê sur des microzyrnas, et il me répond par une expérience sur son mycoderma que j’avais déjà faite. M. Pasteur a ainsi implicitement confirmé mes expériences , loin de les réduire à néant ; et il n’est pas vrai que les résultats que j’ai obtenus, n’ont aucun lien avec la présence de la Mère de vinaigre ; ce sont les expériences de M. Pasteur qui n’ont aucun lien avec ce qu’il a voulu démontrer.
(1) Pasteur, Etudes sur la bière , loe. cit., p. 123-125.
LA MÈNE DE VINAIGRE ET LE MYCODERMA ACETI 4 t 1
M. Pasteur dit que je « pose V hypothèse que la Mère de vinaigre est un conglomérat d* microzymas. » Mais il n’y a qu’il savoir regarder pour voir ! 11 n’y a pas là d’hypothèse ; mes jeunes préparateurs ne s’y trompent pas, et vous mômes avez appris à ne pas vous y tromper ! Vraiment c’est à croire que M. Pasteur ne sait pas encore distinguer un microzyma ! Il est possible, en effet, qu avec un grossissement de 350 diamètre, sous lequel il a examiné, les poussières de l’air, il ne les aperçoive pas ! Du reste, dans un autre passage de son livre, M. Pasteur s’est agréablement moqué, peut-être a-t-il cru que c’était spirituellement, des microzymas en général. 11 est vrai qu’en faisant cela, il m’a mis en fort bonne compagnie, car il a traité tout aussi légèrement Buffon, Turpin, M. Fremv, M. Trécul, Pouchet, etc. Je ne veux pas insister et je continue :
En terminant sa critique des conclusions concernant la Mère de vinaigre, M. Pasteur a dit encore :
« Ce que je récuse, au sujet de ce mycoderme, d’après des preuves positives, ce sont les polymorphismes, admis par M. Béchamp et par d’autres auteurs, qui ne reposent , suivant moi, que sur des observations incomplètes et erronées. o
Je répète qu’en opérant sur son Mycoderma aceti , comme j’avais opéré , mais par une autre méthode, M. Pasteur a confirmé ce que j’avais observé, savoir : que ce mycoderme ne produit pas de cellules et n’engendre pas de bactéries. Les preuves positives qu’il a données à cet égard, et que j’avais données avant lui , ne sauraient donc être inscrites comme détruisant les observations faites sur les microzymas de la Mère de vinaigre qui , encore une fois , ne peuvent pas être confondus avec son mycoderme. L’accusation d’être polymorphiste ne peut donc pas s’adresser à moi, de ce chef au moins.
Examinons donc s’il y a l’ombre de polymorphisme dans le fait que les microzymas de la Mère de vinaigre sont facteurs de cellules et capables de se transformer en bactéries.
Le polymorphisme, c’est la qualité de l’être ou d’un corps qui se présente à nous sous plusieurs formes ou plusieurs