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LE DÉVELOPPEMENT EMBRYONNAIRE

qu’on y rencontre; dans tous les» cas/ c’est celui où les cellules abondent le moins ; la plus grande partie apparaît comme hyaline, et on la regarde comme intercellulaire. Mon but n’étant pas de discuter ici les opinions des auteurs , je me bornerai à vous dire ce que nous avons observé.

Après vingt-quatre heures d’incubation environ , si l'on porte son attention sur ce qui représente les vertèbres, on commence à voir apparaître la cellulosité dans le corps de celles-ci". Auparavant il s’était fait une répartition des micrôzymas qui les faisait apparaître comme uniformément répandus dans le corps des vertèbres, ensuite ils semblent se grouper, s’attirer : on voit des plaques granuleuses qui paraissent se condenser àous la forme de petites sphères dont le contour est à peine accusé, exactement comme j’avais vu les microzymas de la Mère de vinaigre se grouper avant de m’apparaître sous la forme d’une cellule achevée. Après quarante-huit heures, le phénomène s’est accentué, et les corps des vertèbres sont nettement composés de cellules arrondies. Et chose très digne d’attention, toutes ces cellules sont au même degré de développement : elles naissent adultes, si l’on peut ainsi parler. Enfin il résulte de plusieurs observations qu’il est très rare qu’on aperçoive des traces de division ou de prolifération de ces cellules : bi'ef, le caractère* cellulaire se montre à la fois sur de grandes surfaces qui, auparavant, ne montraient aucune formation de cet ordre et étaient uniformément granuleuses.

Les vaisseaux aussi, après quarante-huit heures, apparaissent limités par des cellules réunies en cordons, et ces cordons sont formés de cellules fusiformes très allongées , granuleuses dans toute l’étendue du fuseau.

II. . Globules du sang. Je viens de vous parler des vaisseaux, voyons comment s’y forment les globules du sang. Après vingt-quatre ou trente-six heures d’incubation, les vaisseaux sont parcourus par les globules du sang de l’embryon qui , déjà , reçoit l’impulsion du cœur. Ces globules sont sphériques d’abord , puis il y en a de sphériques et d’elliptiques; ils sont à peine colorés et à noyau; on distingue très nettement les granulations dans l’intérieur, sans l’addition d’aucun réactif. Après quarante-huit heures, les

DES MICUOZYMAS PENDANT

noyaux seuls sont granuleux, le reste du globule paraît homogène. Après soixante-douze heures, le noyau est encore granuleux, le reste du globule étant homogène; il l’est encore au huitième jour de l’incubation dans certains cas ; d’autres fois tout le globule est homogène; après cette époque, l’homogénéité du noyau et du globule est la règle. Bien entendu qu’en ce moment tous les globules sont elliptiques, ils l’étaient déjà auparavant en même temps que leur coloration rouge s’était de plus en plus prononcée.

Et remarquez bien que cette apparente homogénéité et la coloration du globule témoignent du travail chimique qui s’accomplit dans la cellule par les agents qui sont la cause immédiate de leur formation.

On admet généralement que, dans l’embryon, les globules du sang dérivent des cellules embryonnaires et qu’ils sont le résultat d’une modification de ces cellules. Nous n’avons jamais vu , M. Estor et moi, de globules dans le corps de l’embryon avant l’établissement de la circulation, c’est-à-dire avant la formation du cœur et des vaisseaux; ils nous ont toujours paru formés sur place. Mais ceci ne préjuge en rien la question de savoir comment se renouvellent les globules rouges dans le sang des adultes ou lorsque l’embryon est devenu le fœtus.

M. Lereboullet, à la suite d’études particulières sur la formation des globules sanguins dans l’embryon de quelques poissons (brochet, perche, truite), s’est exprimé comme ceci :

« On admet généralement qu’ils (les corpuscules sanguins des poissons) dérivent directement des cellules embryonnaires, et qu’ils résultent d’une modification particulière de ces cellules. Mais cette assertion , qui peut être vraie' pour les vertébrés supérieurs , ne l’est pas pour les poissons. Il est plus naturel de les envisager comme des produits qui se forment de toutes pièces dans le blastème général de l’embryon (1) » Sans doute M. Lereboullet

(1) Lereboullet, doyen de la Faculté des Sciences de Strasbourg. « De l’origine et du mode de formation des corpuscules sanguins chez des poissons. » Annales de la Société Linnéenne de Maine-et-Loire , 6e année , p. 80.

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