LES ATOMES ORGANIQUES
comme organisées, je vais vous lire sa réfutation de Schwann :
« Tout en accordant, dit-il, que les trois portions essentielles de la cellule élémentaire se produisent de la manière et suivant l’ordre de succession que Schwann se figure, cependant il existe une différence considérable, dont lui-même parle en passant, entre le§ couches d’un cristal et celles d’une cellule, puisque ces dernières, notamment le noyau et la cellule, ne se ressemblent pas sous le point de vue chimique. D’ailleurs, il est encore incertain que le noyau se produise jamais comme une vésicule autour du nucléole et que la cellule se forme toujours comme une vésicule autour du noyau. Les choses se passent certainement d’une toute autre manière dans beaucoup de cas : le noyau se développe aux dépens des granulations, celles-ci se confondent ou sa fluidifient , et l’opération est donc précisément inverse de celle qui a lieu dans la cristallisation, dans laquelle des corps dissous passent à l’état solide. Si maintenant on voulait admettre que la cellule et le noyau sont des formes secondaires, et si l’on prétendait considérer les granulations élémentaires comme des cristaux or cj uniques, il y aurait à objecter que ces granulations elles-mêmes se composent déjà de deux substances unies, non pas chimiquement, mais seulement d’une manière mécanique, l’enveloppe albumineuse et la gouttelette de graisse incluse. L’analogie entre les cellules et les cristaux se réduit donc à ce que les uns et les autres sont des corps de figure déterminée, qui se déposent d’un liquide ; les autres traits de ressemblance sont accidentels, ou tiennent à certaines lois générales de l’attraction, qui déploient leur influence, tant dans la cristallisation que dans la formation des cellules (l). »
Ces granulations élémentaires, déjà composées de deux substances unies mécaniquement, que Henle refusait de considérer comme des cristaux organiques, rappellent aussi les molécules organiques de Buffon et les granulations moléculaires des auteurs modernes. Dans un autre endroit
(1) Henle, Traité d’anatomie générale. Traduction de A. J. L. Jourdan , t. I, p. 170(1843).
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de son livre, Henle en parle comme ceci, quand il veut résumer l’histoire de l’histologie •
« Nous sommes arrivés à ce résultat, dit-il, que l’organisme se compose d’un certain nombre de parties élémentaires, monades ou atomes organiques, qui, dominés et retenus ensemble par une puissance soustraite ci nos moyens d’investigation, s’arrangent et se développent conformément à un type.. Ces monades sont douées de forces particulières, car il leur suffit d’une source commune, le jaune ou le sang, pour former et nourrir toutes les cellules, 'chacune selon son espèce Vl). »
Oui, ces monades, ces atomes organiques sont bien les mêmes choses que Buffon concevait sous le nom de molécules organiques et, jusqu’à un certain point, que les 1 Monades d’Oken ! Et cette puissance soustraite à nos moyens d’investigation, qui retient et domine ces monades, qu’est-ce que c’est, si ce n’est ce que Buffon appelait le moule intérieur, et Bonnet une matrice.
Et Henle était si convaincu que la cellule n’est pas l’unité vitale, lui qui la connaissait si bien, qu’il s’exprime comme 4ceci :
« L’anatomie générale, pour être la science des parties élémentaires efficaces du corps, devrait donc aujourd’hui partir de ces monades, commencer par en étudier la structure, la formation, les forces, les propriétés chimiques et physiques, puis en faire naître les tissus, qui ne sont autre chose que des agrégats d’une multitude de particules élémentaires homogènes (2). »
Certainement les atomes organiques de Henle ne sont autre chose que les granulations moléculaires des auteurs, toutes ces choses plus petites que les globules du sang ou que d’autres productions que l’on a désignées plus tard sous le nom de cellules, et qu’on a fini par distinguer des animalcules infusoires et des animalcules spermatiques que Okcn (3) regardait comme étant les véritables monades.
Je vous l’ai déjà dit, lorsque j’ai été amené à considérer
(t) Henle, loc. cit., p. -131.
(2) Ibid., p. 131.
(3) Ibid., p. 125