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LA CELLULE SELON KUSS

certaines granulations moléculaires des tissus animaux et végétaux, comme étant des microzymas, j’étais partisan de la théorie cellulaire. Notre professeur de physiologie, à Strasbourg, M. Küss, nous enseignait que la base de toutes les activités organiques, c'est la cellule. Il en distinguait quatre espèces : %

Le globule sanguin ;

Le globule épithélial ;

Le globule nerveux ;

Le globule embryonnaire ou histogénique.

Et il nous disait que le caractère essentiel de la cellule,. c:est l’altérabilité, la mobilité de sa constitution. Une cellule qui existe aujourd’hui, disait-il, peut ne plus exister demain. Cette mobilité de sa substance, cette altérabilité constituaient, selon lui, essentiellement, le phénomène vital. La cellulenaît pour se détruire. Il n’invoquait pas Y irritabilité, pour rendre compte de l'activité des tissus : cette activité, il la voyait résidant dans la cellule. Et c’est à tort que l’on a représenté Küss comme un des ardents propagateurs de la théorie des blastèmes. Pour Küss, la cellule est bien l’élément fondamental ; elle est un organisme dans lequel s’accomplissent des phénomènes de nutrition indépendants, mais au profit de l'ensemble, par l’assimilation qui en est la conséquence (1). Küss, au lieu d’être un propagateur de la théorie des blastèmes, en a été le négateur constant ; il y a plus, il est le précurseur de M. Virchow par la façon dont il a conçu le rôle de la cellule en pathologie. Je vous en donnerai des preuves. Mais Küss, tout en étant un des créateurs de la théorie cellulaire, je viens de vous le dire, nous i enseignait qu’elle est un organisme transitoire, se formant et. 1 se détruisant sans cesse, sans s’expliquer autrement sur la cause de sa destruction.

Sans doute, la cellule reste, dansl’état normal, toujours la fi même, chacune dans le lieu où elle est appelée à exercer sa |j fonction ; mais avec des apparences différentes selon qu’elle I estau repos ou qu’elle fonctionne. « Chez l’homme à jeun, dit Küss en parlant de l’épithélium de l’intestin, la cellule, j

(1) Küss , Mémoires de la Société de médecine de Strasbourg , t. I, p. Il 273 (1850).

dans l’inaction, so trouve réduite aux éléments qui entrent dans sa composition comme organe solide ; elle est vide et transparente parce qu’elle ne fonctionne pas. Pendant la digestion, elle contient des gouttelettes graisseuses, et il n’y a pas à hésiter, ces gouttelettes il faut les attribuer h sa fonction d’organe qui assimile et qui transmet la substance alimentaire, préparée par lui, aux courants circulatoires voisins. »

De la théorie des blastèmes, Kiiss ne nous en a jamais parlé que pour la combattre ; des théories mécaniques de la cellulogenèse, il ne voulait pas entendre parler. Bref, Kiiss doit être considéré comme le précurseur de M. Virchow ; c’est de sa doctrine que j’ai été nourri pendant tout le cours de mes études médicales.

J’étais donc mal préparé pour l’édification d’une théorie différente, pour découvrir l’élément organisé primitif, celui dont la cellule procède. Aussi est-ce peu à peu, par déduction , que s’est développée la doctrine nouvelle que je continue de développer devant vous. Une faut pas, cependant, vous imaginer que tout soit inexact dans la théorie cellulaire. Je ne conteste pas le rôle considérable de la cellule , mais je dis que ce rôle est secondaire ; la cellule n’est que par le microzyma, n’est régie que par le microzyma. Mais de ce que le microzyma forme la cellule , primitivement , il ne s’ensuit pas que celle-ci ne puisse se reproduire.

Certainement une cellule peut provenir d’une autre cellule, c’est un fait constaté; d’ailleurs, à elle seule, la. cellule peut constituer un organisme ; il y a des êtres qui sont réduits à la cellule et qui vivent et se reproduisent à l’état unicellulaire. En vous parlant de cellules transitoires d’après Kiiss , il s’agissait de celles qui fonctionnent dans les organismes supérieurs , dont elles sont des éléments secondaires nécessaires ; nécessaires à la fois comme éléments de structure et comme appareils à double fonction : chimique et physiologique. Ces sortes de cellules ne peuvent se développer, vivre, fonctionner régulièrement, que dans le lieu et le milieu qui les voit naître ou se transformer ; certaines d’entre elles, lorsque la fonction est accomplie, se détruisent et disparaissent sans retour: elles ne se reproduisent pas;

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