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THÉORIE DU PROTOPLASMA

sortes de protoplasmas comme de blastèmes. Il y a pourtant une différence dans les deux énoncés-,' 'de M. Ch. Robin et de M. Van Ticghem : Selon le premier, les principes immédiats du blastème sont unis molécule à vfoolécule, par combinaison spèciale et dissolution réciproque ; selon le second, les principes immédiats du protoplasma sont en voie de transformation continuelle. Il y a là deux points de vue qu’il faudra examiner.

M. Van Tieghem, sans doute, a entendu parler du protoplasma au point de vue botanique. Dans ce sens, il n’est autre chose que le liquide contenu dans la cavité des cellules végétales ; mais il y a un protoplasma animal , c’est alors le liquide des cellules embryonnaires lorsque l’embryon n’a pas encore de sang, dit Littré en son dictionnaire. De là une différence nouvelle entre le protoplasma et le blastème quant à l’origine : l’un est contenu dans la cellule , l’autre est produit, exsudé par elle ou par le tissu.

Mais on n’est pas d’accord sur la composition et sur la définition du protoplasma.

M. Cauvet, un autre naturaliste, s’exprime comme ceci : « Le protoplasma est un liquide azoté plus ou moins fdant et muqueux , composé d’une substance unissante , translucide , et de granulations graisseuses et albumi-

et notamment celui du Fuligo septica , se prête bien à l’étude chimique du protoplasma. L’analyse de ce plasmode a donné, pour 1 0 0 de matière sèche : 30 de substances azotées, 41 de substances ternaires, et 29 de cendres. Les matières azotées sont la plastine (substance albuminoïde insoluble voisine de la fibrine), la vitelline , la myosine, des peptones , la pepsine , la lécithine, la guanine, la sarcine, la xanthine et le carbonate d’ammoniaque. Les matières ternaires sont : la paracholestérine , une résine spéciale , un principe colorant jaune , la glucogène , un sucre non réducteur, des acides gras' (oléique , stéarique , palmitique) et des corps gras neutres. Les substances minérales sont: la chaux combinée aux acides gras et aux acides lactique , acétique, formique, oxalique, phosphorique, sulfurique et carbonique; les phosphates de potasse et de magnésie ; le chlorure de sodium; le fer. La chaux , dont la plus grande partie est à l’état de carbonate, forme 54 pour 100 des cendres; cette abondance de calcaire est une propriété particulière au Fuligo et à quelques autres myxomycètes. »

Protoplasma, plasmode : mélange de principes immédiats organiques et minéraux variables, il n’y a là rien qui soit de nature organisée. M. Van Tieghem en est où M. Schleiden a laissé la question : les dernières discussions sur les générations spontanées ne lui ont rien fait comprendre.

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noïdes.... On ne peut pas dire d’une manière absolue que le protoplasma soit un liquide : il serait mieux de le comparer à une gelée très molle; s’il ne coule pas, s’il ne se mêle pas à l’eau , d’un autre côté, il se comporte comme un liquide visqueux au contact des corps solides, et, en suspension dans l’eau, îl prend la forme d’un sphéroïde.... Les auteurs qui regardent le protoplasma comme le point de départ, Y être actif clans toutes les manifestations cle la vie, admettent que les sarcodaires primordiaux ont été 'origine des êtres actuellement existants. » ( Du protoplasma : Thèses de Montpellier, 1871.)

Selon M. Huxley, le protoplasma est quelque chose de bien moins compliqué; il assure « que nous pouvons dire , avec vérité, que tout protoplasma est semblable à la protéine, ou , comme le blanc d’œuf, ou albumine , est un des composés les plus communs de la protéine à peu près pure, nous pouvons dire que toute matière vivante est plus ou moins semblable à l’albumine. » (Huxley, La base physique de la vie.)

Selon Cl. Bernard , le protoplasme « est un corps défini , non plies morphologiquement , comme on avait cru que devait être tout corps vivant, mais chimiquement, ou du moins par sa constitution physico-chimique. » ( Leçons sur les phénomènes de la vie, 1878, t. I, p. 193.) Et pour que sa pensée n’offrît aucune obscurité, il a dit encore : « À son degré le plus simple , la vie , contrairement à la pensée d’Aristote , est indépendante de toute forme spécifique. Elle réside dans une substance définie par sa composition et non par sa figure : le protoplasma. »

Et j’ai lu avec étonnement, quelque part , qu’on n’hésite pas à admettre un protoplasma soluble, conservé dans les profondeurs de la mer.

La définition de Cl. Bernard me dispense de toute observation particulière , concernant l’idée qui est sous le mot protoplasma, qui vient de t cXaap.a, et du verbe irXaaffto , façonner, former. C’est la substance vivante , physico-chimiquement définie de laquelle naissent les éléments anatomiques. C’est si bien cela que M. Van Tieghem en décrit les réactions chimiques et, d’autre part, en parle comme

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capable de croître, de se mouvoir, comme s’il s’agissait do quelque chose de vraiment vivant 6t tnr purement chimique. Bref, c’est la substance vivante , sans structure, qui est le blastème de M. Robin. Il y a seulement une prudence savante, que je ferai ressortir, dans la conception de M. Robin, que nous ne retrouvons pas dans celle du protoplasma de Cl. Bernard etM. VanTieghem.

Le protoplasma peut se produire, d’après certains auteurs, sans éléments anatomiques préexistants, cellules ou tissus, ainsi que cela ressort, non seulement de ce que je vous ai cité de la Thèse de M. Cauvet , mais d’une Revue des travaux de M. Darwin et de quelques-uns de ses disciples. M. Martins , dans un article de la Revue des deux mondes, rendant compte des idées de M. Haeckel (d’Iéna), de M. Huxley et de M. Darwin, se demandait comment se sont produits à l’origine les êtres organisés les plus élémentaires? « Est-ce par la combinaison de quelques corps simples et par voie de génération spontanée? » L’auteur avoue qu’on l'ignore ; mais il cite des sondages faits par M. Haeckel près de Nice, de Bergen , des Canaries , dans le détroit de Gibraltar; par M. Huxley dans les mers du Nord , au moyen desquels ils ont retiré , de profondeurs de 4,000 et même de 8,000 mètres, des êtres qu’ils ont nommés Monères. Qu’est-ce que ces Monères? Ce sont de petites masses gélatineuses de la grosseur d’une tête d’épingle , ou un enduit visqueux recouvrant des pierres et d’autres corps solides. « Ces masses, dit-on, sont composées uniquement d’albumine, sans aucune enveloppe et sans aucune trace à’ organisation intérieure. » Et ces masses sans structure, on nous les montre irritables, absorbant leur proie , digérant, se multipliant; et on en fait un embranchement à part, ni végétal, ni animal, que l’on nomme les protistes .

Telles sont les conséquences les plus éloignées de la théorie du protoplasma : elles aboutissent à la génération spontanée absolue.

C’est du protoplasma ainsi physico-chimiquement défini que M. Huxley fait provenir Thomme même. « L’organisme humain , dit-il , à son origine dans l’œuf , est un assemblage de corpuscules de protoplasma , et chaque organe n’est de

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môme qu’une agrégation du même genre. Une masse de protoplasma, avec un noyau, voilà en définitive ce que nous pouvons appeler l’unité structurale du corps humain. »

Encore une fois la théorie du protoplasma, de même que celle des blastèmes, admet la vie dans un substratum matériel sans structure d<éterminée. Et vous ne devez pas être étonnés si j’insiste autant sur ces questions de doctrine : c’est qu’elles sont de la plus haute importance physiologique et surtout pathologique.

M. Huxley et d’autres parlent de corpuscules de protoplasma, mais ces corpuscules sont ce qu’est le protoplasma lui-même ; vous retiendrez donc que personne n’a accordé d’attention aux granulations moléculaires comme pouvant jouer un rôle : soit dans les fermentations , soit pour expliquer les activités chimiques de la matière vivante, soit dans la genèse des éléments anatomiques. Et M. Virchow, à leur égard , en était exactement au même point : loin de les regarder comme vivantes, il leur refusait toute influence histogénique ; « actuellement, dit-il, on ne peut considérer la fibre , le globule ou le granule élémentaire (autre nom de la granulation moléculaire), comme le point de départ du développement histologique; » pourquoi? parce « qu’on n’a pas le droit de supposer que les éléments vivants proviennent de parties non organisées! » et il ajoutait tout de suite après : « on n’en est plus à regarder certaines substances , certains liquides , comme plastiques (matière plastique , blastème , cytoblastème) (1). »

Et cette conception bizarre n’est pas seulement reçue par Cl. Bernard , comme l’expression du progrès scientifique, elle l’est par M. Pasteur, à qui ses propres recherches sur la génération spontanée n’ont apporté aucune lumière. Pour lui le protoplasma, tel qu’il est conçu par les naturalistes, est vraiment chose vivante, active, qui absorbe, digère, assimile, désassimile et se reproduit : dans la matière vivante , il ne voit que des vertus de transformation que la chaleur détruit! Vous comprenez mieux maintenant pourquoi, comme lui, M. U. Gayon ne voyait rien d’organisé, au sens morphologique , dans la matière de l’œuf.

(1) Virchow, Pathologie cellulaire, p. 23.

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Reprenons donc la définition pour en découvrir le sens caché et, si c’est possible, le wre-'d'éfectueux. Demandons-nous d’abord s’il n’en découle pas que « la vie n’est pas la conséquence d’une force qui aurait été donnée en propre aux corps organisés , mais simplement une propriété générale de la matière organisable ? »

La matière organisable c’est le protoplasma; il y entre, comme dans le blastème, un grand nombre de principes immédiats, tant de ceux que l’on appelle organiques (formés de carbone, d’hydrogène, d’oxygène, d’azote, unis deux à deux, trois à trois , quatre à quatre) que de minéraux. C’est, à proprement parler, une réunion de composés purement chimiques et de corps simples , puisque l’oxygène et l’azote y entrent nécessairement; le plus ou moins grand nombre des principes immédiats qui s’y trouvent ne fait rien à l’affaire. Or, cela est évident, M. Pasteur, Cl. Bernard même, n’y contrediraient pas : aucun des principes immédiats du protoplasma n’est vivant quand on le considère à part. Qui a parlé jamais , je ne dis pas de chlorure de sodium , de phosphate de chaux , etc. ; de sucre , d’amidon, d’acide lactique , de tannin , de quinine, de morphine, etc., vivants? mais de caséine, d’albumine, de diastase vivantes? Individuellement ils sont ce que l’on a appelé de la matière brute! Et ça été un grand mérite à Buffon d’avoir conçu, pour l’organisation , le concours nécessaire des molécules organiques et de la matière brute : il y avait dans sa conception beaucoup plus do philosophie que M. Pasteur ne l’a cru.

Mais si un principe immédiat, considéré en soi, ne peut pas être réputé matière vivante , comment deux , trois , quatre,... cent, mille , réunis en diverses proportions avec de l’eau, peuvent-ils l’être? Oui, mêlât-on ensemble tous les principes immédiats de la Nature , tant minéraux qu’organiques , dans les proportions convenables , tels qu’on les suppose dans un protoplasma donné, je défie qu’on y observe jamais, même grâce à la voie de continuelle transformation, que l’on suppose gratuitement, la formation du moindre être réputé organisé , de la plus chétive cellule ; 'apparition de la moindre vertu de transformation que la chaleur détruit l Je dis Information, l’apparition spontanée

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du plus infime organisme. C est une vérité d’ordre expérimental , que la matière purement chimique contenant tous les termes nécessaires à la constitution d’un être vivant, si rien d’organisé n’intervient, reste indéfiniment stérile, même pour la formation d’un infusoire non cilié. Et voilà que les mêmes matériaux purement chimiques sont supposés , dans le protoplasma sans structure , de former l’homme lui-même.

Mais, dit-on, vous négligez un terme de la définition. Ces principes immédiats sont en voie de transformation continuelle , et c’est là ce qui fait que le protoplasma est vivant! Mais que sait-on de la voie de continuelle transformation? M. Van Tieghem ne nous le dit pas! Cherchons à comprendre ce que cela peut bien être !

Les transformations de la matière ne peuvent être que d’ordre physique, chimique ou physiologique.

Au point de vue physique , ce ne pourrait être que le passage de l’état solide à l’état liquide et gazeux. Or, l’essence de la matière organisée et vivante , je l’ai déjà dit : c’est avec la solidité, l’insolubilité et la fixité. Le protoplasma ne pourrait être transformé en liquide absolu et en gaz que par l’application de la chaleur ; mais alors il cesserait d’exister, car ses vertus de transformation , comme le reconnaît M. Pasteur lui-même , sont de celles que la chaleur détruit.

Au point de vue chimique, rappelez-vous ce que je répète sans cesse : c’est « qu’à toute transformation chimique 1 faut une cause, » et on n’en indique aucune pour nous montrer la voie de continuelle transformation. Sans doute , si l’on mêle ensemble des principes immédiats, dans l’eau , avec les matières minérales diverses , tels qu’ils existent dans les êtres organisés, les bases et les acides pourront réagir, des combinaisons chimiques s’effectuer ; mais le phénomène chimique étant accompli , tout rentrera dans le repos chimique le plus absolu. Le mélange restera inaltéré même à la température physiologique; vous en avez pour garant toutes les expériences sérieuses que l’on oppose à la doctrine des générations spontanées. N’oubliez pas non plus ceci : partout où nous avons vu la matière organique

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se transformer, sans le concours des réactifs chimiques ou du feu, nous avons constaté la présence d’un organisme vivant, microzyma, bactérie, cellule de ferment organisé , qui l’opère , ou une zymase formée par quelqu’un de ces organismes.

Il y a de tout dans le protoplasma, selon M. Van Tieghem : des principes immédiats , qui certainement servent à la formation des cellules et des tissus ; mais il y inscrit aussi des composés que l’on doit considérer comme n’y contribuant pas, tels que les alcoloïdes, certains acides, etc. Les diastases , comme il s’exprime après M. Pasteur (1), ne sont pas plus des principe?, immédiats formateurs des cellules et des tissus , que le suc gastrique n’est formateur des glandes et des cellules gastriques.

En supposant que le protoplasma contient des diasiases , c’est-à-dire des zymases , M. Van Tieghem peut dire qu’il contient une cause de transformation ou , comme s’exprime M. Pasteur, une vertu de transformation que la chaleur

(1) M. Pasteur dit les diasiases comme je dis les zymases; il ne s'aperçoit pas qu’en ne voulant pas employer le mot de zymase qui est clair, il fait de graves confusions. Il peut exister des zymases à fonctions multiples; les diastases (diastase de l’orge, diastase de la salive) n’agissent guère que sur la fécule pour la saccharifier ; or un grand nombre de zymases ne possèdent pas cette propriété. — Pourquoi obscurcir ce qui est historiquement clair. Et puis, qui a dit qu’il y avait des zymases dans l’organisation en général? et qui a montré que les zymases sont toujours les produits de quelque cellule ou microzyma? Certainement ce n’est pas M. Pasteur, puisque, malgré ma démonstration de la fonction intervertissante de certaines moisissures, il a nié que la levure de bière possédât quelque vertu transformatrice de l’ordre de la diastase. M. Van Tieghem ne ^parviendra, pas à faire perdre la trace de cette découverte : on se souviendra que les zymases sont les produits de la fonction des microzymas et des cellules qui les contiennent. Bref, il n’y a pas de diastase , de zymase sans un organisme producteur; une zymase ne concourt pas à la construction d’un tissu : elles servent à préparer les matériaux de la nutrition des cellules et des tissus. Cl. Bernard niait, contre M. Mialhe, l’existence indépendante de la diastase salivaire ou sialozymase. Depuis que j’ai montré la relation qui rattache une zymase à l’organisme producteur, la chose a été prise en considération, et M. Van Tieghem consacre la découverte en introduisant les zymases dans son protoplasma , mais sous l’appellation, qui prête à confusion, de diastases. On ne peut pas toujours obtenir justice pour soi ; on peut du moins exiger que l’on respecte la vérité historique dans l'intérêt de la science.

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détruit. Mais si une zymase est un principe immédiat doué d activité chimique , à quoi et à qui doit-il cette activité? puisque par hypothèse il n’y a rien de structuré , d’organisé dans le protoplasma. Sans s’en douter, le savant botaniste admet la doctrine de l’altération spontanée de Liebig, et, par suite, si le protoplasma est ce qu’il pense , les transformations chimiques qui s’y accomplissent sont des effets sans cause. Or, toute l’histoire des fermentations depuis Cagniard-Latour proteste contre l’hypothèse. Encore une fois, dans un mélange de principes immédiats, en y comprenant même les zymases , lorsque les réactions chimiques dont ils sont susceptibles seront accomplies, tout rentrera dans un éternel repos; il ne s’y formera aucun être organisé et , par suite , il n’y aura aucun développement de vie latente ou manifestée.

Mais si, au point de vue physique et chimique, la conception d’un mélange de principes immédiats , en voie de transformation continuelle , ne peut pas se légitimer, elle peut encore moins être justifiée au point de vue physiologique : la naissance, dans un pareil mélange , non pas d’un végétal ou d’un animal , mais d’une bactérie , d’un microzyma, serait le triomphe de la génération spontanée.

La théorie du blastème conduit , sans doute , à la même conclusion ; mais il y a une nuance. M. Robin a formellement reconnu que les éléments anatomiques préexistants sont capables de faire subir quelque élaboration aux principes immédiats qui doivent constituer le blastème. Les éléments anatomiques , l’illustre histologiste les suppose donc doués de quelque activité chimique ; car si « les principes immédiats qui constituent les blastèmes ont subi un degré d’élaboration de plus de la part des éléments préexistants qui les fournissent , » cette élaboration ne peut être que chimique, un principe immédiat, composé chimique, ne pouvant éprouver qu’une transformation chimique. C’est ainsi que M. R.obin reconnaît une cause à l’élaboration du blastème.

Mais M. Robin , en admettant que la matière amorphe, purement chimique du blastème donne naissance , de toutes pièces , aux éléments anatomiques , c’est-à-dire à ce qui est

et la génération spontanée

capable de faire subir une élaboration miv principes immédiats du blastème , a fait un cercle vicieux. En effet, les éléments anatomiques , M. Robin l’affirme , sont organisés et ils sont vivants. C'est donc ce qui est organisé et vivant qui est la cause de l’élaboration des principes immédiats du blastème. Je le demande , comment concevoir que ce mélange d’eau et de principes immédiats , comme elle sans organisation, sans structure, c’est-à-dire sans vie, car la vie se manifeste seulement dans ce qui est doué de ces deux attributs, engendre ce qui est organisé, structuré, vivant et capable d’agir chimiquement sur ses propres principes chimiques? N’y a-t-il Spas là, comme on l’a dit, un cercle vicieux ? « On nous dit que les tissus ne dérivent pas d’autres tissus , mais naissent de toutes pièces dans une masse de principes immédiats, et, d’autre part, on admet que ce blastème est le produit de l’activité des éléments anatomiques : n’est-ce pas reconnaître , en définitive , la préexistence et la nécessité de ces éléments (1). »

En somme , l’énoncé de M. Ch. Robin prouve que ce qui est capable de s’organiser procède de ce qui l’est déjà; c’est par là qu’il échappe au reproche d’être spontépariste.

En résumé, les deux théories rivales de la théorie cellulaire ont un commun défaut , qui est de supposer que d’un mélange de principes purement chimiques et d’eau , certaines conditions de température et de milieu étant données , procède l’organisation et la vie.

La génération spontanée est possible ou l’idée que l’on se fait du blastème et du protoplasma est incomplète. La théorie cellulaire a été une réaction , une protestation contre l’invraisemblance et je dis l’impossibilité philosophique de ces théories.

La théorie du microzyma est capable de compléter la définition du blastème et du protoplasma et de mettre d’accord les exigences de la raison et les faits. Les faits de génération d’éléments anatomiques sans l’intervention immédiate de cellules préexistantes sont trop indiscutables , pour que le blastème ne recèle pas ce qui empêche de sou-

(1) E. Baltus , Théorie du microzymas. Elude de la pyogenêse, p. 15. Thèses de Montpellier (1874).

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