DÉVELOPPEMENTS
paissent si bien qu’on n’en retrouve plus aucune trace (1). Leur substance disparaît dans la masse vitelline, sans doute en se réduisant de nouveau en microzymas qui se confondent avec ceux du vitellus. J’ai cherché à démontrer directement cette résolution des spermatozoïdes en microzymas dans la matière vitelline ; mais il y a là de grandes difficultés qui ne me permettent pas encore de me prononcer définitivement. Quoi qu’il en soit, ce que les auteurs appellent la dissolution des spermatozoïdes ou leur union matérielle, molécule à molécule, avec la substance du vitellus, ne peut être que cette résolution en microzymas. Bref, pour que l’œuf se constitue, il faut qu’il s’y trouve des microzymas de deux origines, de ceux de l’ovule et de ceux des cellules spermatiques de la même espèce animale. Et ce point de vue nous expliquera bien des choses dans l’ordre physiologique et dans l’ordre pathologique.
Reprenons maintenant l’énoncé de M. Milne Edwards, que je rappelais tout à l’heure, savoir : « que la formation de l’individu nouveau n’est pas la conséquence de l’extension du tissu constitutif de l’individu souche, et que la matière plastique qui y donne naissance, est produite par celui-ci sans être en continuité de substance avec lui ; » nous avons reconnu la justesse rigoureuse et la profondeur de cet aperçu, en recherchant comment naît la cellule reproductrice qui deviendra l’ovule ; mais combien elle est plus vraie quand on considère que la matière fécondante, sans laquelle il n’v a pas d’œuf et pas de reproduction, naît dans un autre individu souche, pareillement sans être en continuité de substance avec lui et qui est également formée en pure perte , quant à la reproduction, si elle ne parvient pas à se réunir à la matière de l’ovule formé dans l’ovaire femelle.
C’est donc avec raison que M. Ch. Robin, en parlant de la fécondation, a dit que « ce fait, qui détermine la production des cellules embryonnaires, a pour conséquence que ces
(d) M. Ch. Robin, cependant, chez les nephelis , a retrouvé des spermatozoïdes entre l’embryon et la membrane vitelline, jusqu’au moment de l’éclosion, mais ils sont moins nombreux qu’à l’époque où ils étaient encore doués de mouvement dans l’ovule, en raison de ceux qui ont disparu pour servir à la fécondation. Liégeois, loc. cit., p. 289.
PAU LES MICROZYMAS
dernières renferment de la matière du mâle comme de celle de la femelle, et que le jeune être appartient matériellement à l’un comme ‘ii l’autre et non point seulement à cette dernière. » Dans la théorie du microzyma, il faut dire, non pas seulement que les cellules embryonnaires sont formées par la matière de la femelle et celle du mâle réunies, ce qui est conforme à l’énoncé du système des blastèmes, mais par les microzymas des deux géniteurs , c’est-à-dire par des éléments structurés primitifs de leur organisme ayant acquis des propriétés spéciales par une longue préparation.
Et il ne faut pas vous imaginer que la théorie qui découle de la formation des cellule! par les microzymas de la Mère de vinaigre, ou par les microzymas du jaune de l’œuf pendant le développement embryonnaire, n’a sa confirmation que dans les observations de Godard et de Liégeois , ou de M. Robin ; je pourrais citer, en botanique, une multitude de faits semblables dans lesquels les auteurs ont vu les microzymas en action pour former les éléments anatomiques des tissus végétaux. Je me borne à vous représenter, d’après M. Baratanski, ce qui se passe dans la cellule mère du pollen du Traclescantia virginica. A l’état granuleux de la cellule (1) et de son noyau, on voit succéder une condensation des granulations dans le noyau (2) ; puis le contour du noyau disparaît, et à sa place des fdaments pelotonnés qui se déroulent (3), enfin ces filaments se développent dans toute l’étendue de la cellule (4) (PI. IV, fig. I).
Bref, partout où l’on voit une transformation morphologique dans une partie d’organisme ou dans une cellule, on note les microzymas en action ; jamais le dernier Jerme histologique n’apparaît d’emblée.
Que nous sommes loin des énoncés de M. Virchow et de M. Huxley ! La théorie cellulaire aussi bien que les théories rivales sont incapables de rendre compte des faits exactement observés ; l’une parce que l’œuf ne se forme pas par évolution ou multiplication cellulaire, mais a besoin du concours de deux facteurs ; les autres parce qu’ils obligent d’admettre que les cellules embryonnaires sont le fruit d’une génération spontanée. Et cette dernière assertion s’applique exactement aux travaux récents d’embryologie végétale. Les