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ET CONSTITUTION PI1YSICO-CII1MIQUE

signifient autre. chose que ceci: tout dans l’organisation, la vie, la mort, procèdent des propriétés physico-chimiques de la matière. Vous savez que Cl. Bernard était dans l’erreur lorsqu’il supposait que la vie pouvait se manifester dans un corps non morphologiquement défini. Je ne veux pas revenir sur les démonstrations et les discussions des deux dernières Conférences, mais je veux les fortifier.

Souvenez-vous que M. Milne Edwards admet avec le plus grand nombre des naturalistes que « la vie n’existe que la où elle a été transmise ; que depuis la création jusqu’au moment actuel, une chaîne non interrompue de possesseurs de cette puissance se la sont communiquée successivement... que cette force a été donnée en propre aux corps organisés. » Et M. Ch. Robin se range à cette opinion par cet adage qu’on lui doit : Omne vivum ex vivo.

Mais Cl. Bernard, lui-même, croyait si peu que les actes vitaux sont réductibles à des phénomènes purement chimiques, qu’un jour, parlant en médecin dans un sujet médical, il a dit: « Partout où il existe de la matière, cette matière es.t soumise sans doute aux lois générales de la physique et de la chimie ; mais chez les êtres vivants l’action de ces lois est étroitement liée à une foule d’autres influences qu’on ne saurait nier (1) ! »

Non, Messieurs, il ne faut pas croire qu’il n’y ait à considérer que des propriétés et une constitution physicochimiques dans les êtres vivants. La croyance à quelque chose de supérieur à ces propriétés, dans ces êtres, s’impose avec tant de puissance, que Cuvier, dans une lettre à Mertroud, disait: « Toutes les parties d’un corps vivant sont liées ; elles ne peuvent agir qu’autant qu’elles agissent toutes ensemble; vouloir en séparer une de sa masse, c est la reporter dans l’ordre des substance s mortes, c’est en changer complètement l’essence (2) / »

Cette manière de voir est encore si bien celle de M. Pasteur, qu’il soutient que, dans le lait, dans le sang, dans l’urine, issus d’un animal sain et en vie, il n’y a plus rien de vivant,

(1) Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses , p. 84.

(2) Citée par M. Paul Janet, Les Problèmes du dix-neuvième siècle. La science , p. 245.

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