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DESTRUCTION DE LA MATIÈRE ORGANIQUE

végétaux sont donc des appareils de synthèse qui, durant une phase de leur vie , se nourrissent de matières minérales qu’ils puisent dans l’air , dans l’eau, dans la terre.

Pendant leur vie , les animaux rendent sans cesse à l’atmosphère la matière organique qu’ils ont empruntée aux végétaux: le carbone sous la forme d’acide carbonique, l’hydrogène sous la forme de vapeur d’eau, l’azote libre, ou combiné avec l’hydrogène, ou avec l’hydrogène et l'oxygène sous la forme d’ammoniaque ou de ses dérivés, etc.; au sol, les matières purement minérales sous la forme de sulfates, de chlorures, de fluorures, de phosphates, de carbonates, de silicates des différents métaux de l’organisation.

Sans les animaux la matière végétale s’accumulerait sans cesse, et les végétaux périraient tôt ou tard faute d’aliment, par encombrement ou autrement. Mais sans les végétaux, les animaux, bientôt, périraient tous d’une affreuse disette ; la nature organique elle-même disparaîtrait tout entière en quelques saisons.

Pour l’harmonie du monde organisé, il est donc nécessaire que toute matière organique redevienne minérale.

Les animaux opèrent la combustion d’une grande partie de la matière organique, par un phénomène tout physiologique. Ils opèrent comme s’ils étaient des appareils d’analyse : justement l’inverse des végétaux.

Mais il faut qu’après la mort, la matière animale, à son tour, disparaisse et retourne à l’atmosphère et à- la terre. Quel est l’agent de cette nécessaire et totale destruction ?

Pendant la vie, les agents des combustions respiratoires sont les éléments anatomiques de l’organisation et dans les vertébrés surtout le globule sanguin. Grâce à leur concours, l’oxygène brûle sans cesse la matière organique des tissus •et des liquides de l’organisme. Mais, après la mort, quel est l’agent capable de communiquer à l’oxygène, sans l’aide d’une température élevée, ses propriétés comburantes et, grâce à son concours , de rendre aux éléments la matière organique et minérale des animaux, laquelle, sans cela, à son tour, s’accumulerait et rendrait la vie impossible ?

LA TOTALE DESTRUCTION

Lavoisier a supposé que la fermentation (1) était chargée d opérer, en partie, le retour de la matière organique à l état minéral, et, en vous parlant des altérations physiologiques de l’urine et de la fermentation de l’urée , je vous dirai que M. Dumas a admis d’une façon très nette que c’était un ferment qui était fourni par l’organisme même !

La totale destruction des êtres vivants. Vous savez que deux opinions sont en présence au sujet du ferment ou des ferments qui opèrent la totale destruction. L’une, celle de M. Pasteur, veut qu’après la mort, il n’y ait plus rien de vivant dans l’organisme. La cause du retour de la matière organique h l’état minéral est extérieure à l’animal et, de plus , il reconnaît que cette cause est discontinue : c’est livrer un phénomène aussi nécessaire aux hasards de la panspermie! L’autre, la mienne, vous la connaissez : l’animal, comme tout être organisé, porte avec lui la cause initiale de l’organisation, de la vie, au sens physiologique et chimique, de la maladie et de la destruction totale après la mort. Elle reconnaît que le Créateur n’a rien livré au hasard dans le système admirable de la circulation de la matière dans le monde vivant.

C’est en étudiant les transformations, histologiques et chimiques qui s’accomplissent dans un tissu soustrait aux germes de l’air, que j’ai pu définitivement démontrer cette grande loi et découvrir les microzymas qui restent après la • destruction totale d’un organisme. Je vais résumer brièvement ce qui est épars dans ces Conférences; nous découvrirons ensiiite que les microzymas atmosphériques ne sont pas autre chose que les microzymas des organismes détruits.

Vous vous souvenez des expériences sur la fermentation spontanée des œufs brouillés, de celle du foie et des re-

(1) « La fermentation , la putréfaction et la combustion , a dit Lavoisier, rendent perpétuellement à l’air de l’atmosphère et au règne minéral les principes que les végétaux et les animaux en ont empruntés. » C’est dans une pièce sans titre, de la main de Lavoisier, trouvée par M. Dumas dans des papiers de l’Académie des Sciences, et que l’illustre savant estime être de 1792 ou du commencement de 1793, que se trouve cette étonnante affirmation !

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