LES PHÉNOMÈNES D’OXYDATION
encore à être examiné avec plus de soin sur les hommes et les animaux tués brusquement; car si, après la mort, des gaz commencent à se développer, comme sur le vivant , par suite de la continuation des modifications chimiques du contenu intestinal, il est bien certain que la présence de la bile empêche la putréfaction de ce contenu et de son contenant. Le sang dans les vaisseaux, la rate, l’estomac, le foie et même parfois le poumon et le cœur se putréfient avant l’intestin lui-même, autant dans le cas de mort par maladie que par submersion. Il est très exact de dire avec les médecins légistes , que la putréfaction marche de la face au thorax, puis aux viscères abdominaux chez les noyés; et dans les autres cas , du niveau de l’estomac et de l’ombilic au thorax, au poumon et au cœur, puis aux intestins grêle et gros, mais non de l’intestin aux autres organes. C’est dans tous les cas parle sang des vaisseaux de la face ou des parois abdominales sus-indiquées qu’elle débute (1).»
C’est donc exactement le contraire de ce que pense M. Pasteur qui est vrai. Du reste, c’est à tort que M. Pasteur attribue exclusivement aux germes de l’air la présence des infusoires dans l'intestin; nous savons que, s’il y en a de cette origine, le plus grand nombre provient des microzymas de la muqueuse buccale, de l’estomac et de l’intestin lui-même, ainsi qu’il sera plus amplement démontré en nous occupant des microzymas dans les maladies.
Mais pour la totale destruction, c’est-à-dire pour la conversion de la totalité de la matière organique en acide carbonique, en eau, azote ou ammoniaque, etc., il faut le concours de l’oxygène, en même temps que celui des infusoires, microzymas, etc. Comment faut-il comprendre le rôle des micro-organismes dans ces conditions? C’est ce qu’il faut examiner en considérant le phénomène dams sa généralité.
Des phénomènes d’ oxydation dans l’ organisme vivant. Nous savons que les microzymas et les formes qui en procèdent par évolution, après avoir opéré certaines transformations, ne suffisent pas, tout seuls, à opérer le retour de la matière organique à l’état minéral; l’oxygène seul (1) Ch. Robin, Leçons sur les humeurs, p. 961.