MORBIFIQUE
lurent pas, et les médecins, en général, continuèrent à placer dans l’organisme même la cause de nos maladies. J’ai passé une grande partie de ma vie dans les Facultés de médecine, et je vous assure qu’aucun de mes maîtres ou de mes collègues n’en a fait le point de départ de son enseignement, tout en ne négligeant aucun élément d’information pour poser un diagnostic éclairé. Cependant ces médecins illustres savaient parfaitement que l’homme et les animaux pouvaient être affligés de maladies parasitaires; mais ils savaient distinguer la part qui revient au parasite et à l’organisme dans le développement de la maladie parasitaire ; ils ne s'en laissaient pas imposer par les mots et par les apparences.
M. Pasteur ne tient compte ni des travaux, ni des observations, pas plus que des opinions des médecins. Il admet de bonne foi qu’il y a une panspermie microbiotique morbifique , comme il y a une panspermie des ferments : depuis l’origine des choses, cette panspermie dissémine les germes dans l’air, dans les eaux, dans la terre ; dès lors il n’est pas surprenant que des microzymas (M. Pasteur, qui ne les avait pas aperçus et les avait niés ensuite, les a découverts à son tour, mais il les appelle microbes , corpuscules germes , etc.) existent dans tous ces milieux. Mais ces germes qui nous entourent de toute part, que nous aspirons avec l’air que nous respirons, que nous absorbons avec l’eau et les liquides que nous buvons, avec les aliments que nous prenons, que deviennent-ils? M. Pasteur n’en sait rien, mais il fait une supposition :
« Ne serait- il pas difficile de comprendre que les liquides qui circulent dans les organes du corps des animaux, le sang, l’urine, le lait, l’eau de l’amnios (1), etc., pussent recélcr des germes d’organismes microscopiques? Combien ne seraient pas nombreuses les occasions où ces germes, s’ils existaient dans les liquides de l’économie, pourraient se multiplier ? Vraisemblablement, avec de pareils hôtes, la vie deviendrait promptement impossible ; témoin le cortège des maladies que beaucoup des meilleurs esprits sont portés aujourd’hui à attribuer à des développent) h y a ici abus évident: le lait, Turine, l’eau de l’amnios , ne circulent pas, ne sont pas destinés à circuler.