DES MALADIES DE LA BIÈRE
fasse encore plus distinctement apercevoir le paralogisme de M. Pasteur.
Puisque ce savant appelle maladie, les altérations de la bière par les ferments organisés, c’est-à-dire parles organismes microscopiques, il faudra donc appeler maladie de l’eau sucrée , les transformations que les moisissures nées des germes de l’air lui font subir. Il faudra considérer comme une autre maladie, la transformation de la même eau sucrée dans la fermentation alcoolique par la levûre de bière; etc., etc. Bref, toute fermentation par organisme microscopique , sera la maladie de la matière fermentescible.
Au fond, M. Pasteur ne nomme maladies , les fermentations par organismes microscopiques que les matériaux de la bière peuvent subir, et ne leur compare les maladies chez les animaux , que parce que dans les animaux il ne voit que de la matière douée de propriétés physico-chimiques comme dans la bière.
Tout cela est horriblement faux : et il convient de s’en tenir à la proposition que j’ai formulée : N’est susceptible de maladie que ce qui est organisé et doué de vie.
Poursuivons. Conséquent avec ses idées , M. Pasteur a fini par admettre une panspermie morbifique pour les animaux comme pour la bière , le vin , etc. Il croit sérieusement qu’il y a des germes (1) producteurs de telle ou telle maladie comme de telle ou telle fermentation. Au commencement, un génie malfaisant aurait répandu partout les germes des ferments de la peste, du choléra, de la fièvre jaune , de la variole , de la fièvre puerpérale , de la maladie charbonneuse, de la morve, que dis-je: de la syphilis et de toutes les maladies épidémiques et contagieuses! Sans ces germes préexistants, ces maladies n’existeraient pas. Et n’allez pas croire que j’exagère en vous présentant le système étiologique de M. Pasteur sous cette formé absolue. C’est sa pensée même : ces maladies sont parasitaires et
(1) Voir, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, article Germes , de très intéressantes remarques de M. Ch. Robin où ce savant fait voir tout le vague qu’il y a dans l’esprit de M. Pasteur, au sujet du mot germe.