ET LA SUPPURATION
l’unicité ou la multiplicité de ses fonctions! Ce sont là des faits non douteux; a-t-on fait le même travail pour les maladies? Non , et tout prouve que l’on ne le peut pas.
Pour démontrer qu’un germe de l’air est cause do maladie, il faut quatre choses : 1° Introduire ce germe, pris loin de la terre, dans un organisme , et l’y retrouver multiplié; 2° l’isoler de l’organisme malade, l’étudier ainsi isolé, et prouver qu’il est lui-même ou une forme de son évolution; 3° après l’avoir isolé, l’inoculer de nouveau à l’animal, et prouver qu’il s’y multiplie encore en reproduisant la même maladie ; 4° démontrer que sous son influence les microzymas propres de l’organisme malade sont restés indifférents. Or, rien de cela n’a été fait; toutes les fois que des micro-organismes morbides ont été inoculés à un animal donné , on les a pris à un animal déjà malade , et, comme pour le charbon , la maladie produite n’a pas été la même chez le mouton et chez l’homme.
Je vais vous prouver, maintenant, que d’énormes plaies peuvent rester impunément au contact de l’air, sans que ses germes absorbéâ produisent des maladies analogues à celles qu’on leur attribue gratuitement.
A. L’air dans les opérations chirurgicales. Je ne vous dirai plus rien des urines ammoniacales ; je vous ai assez entretenus de ce sujet; nous savons que les germes de l’air n’y sont pour rien ; voyons quelle est leur part et celle des bactéries ou des vibrions dans les grandes opérations chirurgicales.
M. À. Guérin, dans un travail concernant le rôle pathogénique des ferments dans les maladies chirurgicales et une nouvelle méthode de traitement des amputés , a décrit « un mode de pansement qui consiste dans l’application sur la plaie et sur le membre, à une certaine distance audessus de cette dernière , d’une couche très épaisse de ouate maintenue par une bande fortement serrée. » L’auteur s’était proposé pour but de retenir, parla couche épaisse de colon, les germes de l’air et d’empêcher toute fermentation à la surface de la plaie, et. s’opposer ainsi à la production des agents putrides dont l’absorption occasionnerait l’infection purulente. » Et l’auteur croyait avoir réussi , car à l’appui