‹ Les microzymasChapitre 297 sur 389 · GERMES ET CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

GERMES ET CLASSIFICATION

Ah! si les germes virulents étaient primitivement dans l’atmosphère , combien ne seraient-elles pas nombreuses les

stères, variant avecla saison et les contrées. Ce n’estqu’en supposant que les microsymas sont les spores d’un nombre considérable d’espèces, qu’on peut arrivera la multiplicité de celles-ci admise par les pansperraistes dans les poussières de l’air ingéré. Mais cette multiplicité spécifique n’est pas prouvée. »

Ces remarques d’un observateur profond comme M. Ch. Robin, sont nécessairement fondées. Bien que dans le cours des Conférences j’aie, je pense, suffisamment montré qu’un microzyma n’est pas une spore et que je l’aie défini en disant que c’est ce qui peut devenir bactérie, vibrion, amylobacler, il est peut-être nécessaire de mieux montrer que la notion de spécificité ne lui -est pas applicable dans le même sens qu’en histoire naturelle , c’est-à-dire qu’il ne peut pas être distingué par une description d'un autre microzyma, et qu’il en est. de même des produits de son évolution. Pour mieux faire ressortir ma manière de voir, je veux montrer quel a clé l’embarras des naturalistes descripteurs.

Félix Dujardin (1841) avait, comme Ehrenberg, distingué spécifiquement un certain nombre de bactéries et de vibrions. Je rappellerai seulement celles des formes qui intéressent mon sujet.

Le Bacterium tcrmo est considéré par Dujardin comme le premier terme de la série animale : sa longueur est de O™», 003 à 0>nn‘,002 et son épaisseur de 0mm,0018 à 0mn,,0006. Ils sont, dit-il, quelquefois assemblés deux à deux par l’effet de la division spontanée.

Le Bacterium punctum , que Muller appelait Monas punctum , est, dit-il, un animalcule déformé ovoïde allongée , long de 0œm,0052 , épais de 0mm,00 17. Souvent assemblés par deux; mouvement lent.

Parmi les descriptions, à propos des deux formes précédentes, il y en a une qui est fort intéressante. Muller appelait Monas tcrmo , une forme globuleuse, de tous les animalcules « le plus petit et le plus simple, paraissant échapper au pouvoir du microscope composé qui ne permet pas de décider s’il est globuleux ou discoïde. « Dujardin pense que Muller « a pris pour des Infusoires les molécules actives de Robert Brown, qui se voient si bien daus toute infusion trouble.» Evidemment c’étaient les granulations moléculaires douées du mouvement brownien, parmi lesquelles des microzymas que Dujardin, avec tout le monde, refusait de regarder comme organisés.

Le Bacterium catenula : filiforme, cylindrique; longueur 0mm,003 à 0mn>,004; épaisseur 0ram,0004 à 0mm,0005, souvent assemblés par trois , quatre, cinq à la suite l’un de l’autre, par suite de la division spontanée, en chaînettes dont la longueur atteint 0mm, 02. «Il se peut, dit Dujardin, que ce Bacterium ne soit qu’un degré de développement du Vibrio bacillus. »

Le Vibrio litieola est long de 0mm,0035 épais de 0mra,0013 à 0mra,0003l; ils sont assemblés par deux ou par trois en une ligne très mince, un peu flexueuse , susceptible d’un mouvement ondulatoire. Dujardin pense que Muller a souvent confondu le Bacterium termo avec le Vibrio lineola ; quant à lui, il ne considère comme vibrion que lesformes qui sont douées du mouvement ondulatoire.

Le Vibrio bacillus est transparent, il a le corps filiforme, rectiligne.

DES VIBRIONIENS

occasions de leur pénétration, indépendamment de celle qui se fait par le poumon et par la muqueuse intestinale. Mais

égal, à articulations fort longues , n’ayant que des mouvements d’inflexion peu sensibles pendant qu’il s’avance lentement dans le liquide, et indifféremment en avant ou en arrière; paraissant souvent brisé à chaque articulation. Longueur d’un seul article 0lnm .005 à 0ram,008 ; longueur totale jusqu’à 0mm, 035 ; épaisseur de 0mn',0007 à 0ram,001.

On voit combien un savant de la valeur de Félix Dujardin , qui avait consacré une partie de sa vie à l’étude des infusoiras, s’est trouvé embarrassé. Ces embarras se conçoivent quand on voit que, pour former les genres et les espèces, on n’avait d’autre moyen de classification que des mesures de longueur et de largeur, avec le mode de mouvement, toutes choses fort contingentes. On était donc indécis quand il s’agissait d’affirmer que l’on avait affaire à un Bacterium, un Vibrio ou à un Monas. Le microzyma avait certainement été aperçu, mais ne pouvant pas le caractériser par une description, on finit par Le considérer comme n’existant pas.

Après 1 858 , les études concernant les fermentations appelèrent de nouveau l’attention sur ces intéressants organismes. On en découvrit un grand nombre d’autres , divers de longueur, de grosseur ou d’épaisseur, d’apparence et de mobilité. M. Ch. Robin avait déjà nommé Leptothrix la bactérie immobile et longue que Davaine appelait Bacleridium. Enfin M. Trécul découvrit les Amylobacters. J’ai noté l’aveu de Davaine, reconnaissant ce qu’a d’incertain la classification des vibrioniens. Quant au lien qui réunit tous ces êtres, on ne le connaissait pas. Ceux qui, de même que M. Pasteur, admettaient leur nature animale, cherchaient leurs œufs, ou les croyaient le fruit de la génération spontanée. Aujourd’hui on admet avec moi qu’ils dérivent du microzyma qui est leur état antérieur et que, par régression, ils peuvent faire retour au microzyma ou à q.uelque forme qui s'en rapproche. Les diverses phases de l’évolution des microzymas , nous les avons décrites, M. Estor et moi, dès le début de nos recherches. En étudiant les maladies des vers à soie, j’ai observé la forme que j’ai appelée Bacterium capitatum; je l’ai retrouvée dans la fermentation du foie etM. J. Béchamp dans celle de la viande.

Cl. Bernard , dans le foie d’un chien et d’un lapin en digestion de féculents, a vu les cellules hépatiques entourées de granulations moléculaires très abondantes, tandis qu’il n’en existe pas autour des cellules, ou presque pas, en dehors de cette période (PL III, fig. 1 . et 2). Lorsque le foie est mis dans l’empois, ou dans le sucre de canne comme milieu , les microzymas évoluent en produisant les microzymas associés et deé bactéries d’une forme donnée; le foie qui fermente sans addition en produit également (PL I, fig. 1, fig. 2, fig. 3, fig. 4).

Dans les maladies des vers à soie, l’évolution des microzymas donne des formes semblables et le Bacterium capitatum (PI. IV, fig. 4).

Et toutes ces formes, vibrions, bactéries, amylobacters (*), naissent

( ) M. Van Tieghem a prétendu récemment avoir le premier démontré que les amylobacters n’étaient pas les produits de la génération spontanée; j’avais démontré en 1871, dans mes études sur la régression de la levure de bière, qu’ils viennent des microzymas. Mais M. Irécul lui même a reconnu que les amylobacters se développent dans les cellules granuleuses.

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