‹ Les microzymasChapitre 298 sur 389 · PARASITISME · texte numérisé non relu

PARASITISME

il n’y aurait pas une blessure, si légère qu’elle fût, une piqûre d’épingle, qui ne fût l’occasion de nous inoculer la variole, le typhus, que dis-je, la syphilis, la blennorrhagie, etc. Rappelez-vous l’énorme brûlure du pauvre enfant soigné par M. Baltus.-Le fait est indéniable pourtant; oui, il V a des microzymas morbides , je vous l’ai montré. Mais ils n’existent pas primitivement dans l’atmosphère, et quand on les inocule, ce n’est pas en tant que parasites qu’ils amènent quelque trouble dans l’organisme ; c’est ce que j’essayerai de vous démontrer. Mais, auparavant, voyons si M. Pasteur ne se fait pas une idée aussi fausse du parasitisme que de la maladie, affirmant aujourd’hui que toute maladie infectieuse et épidémique est parasitique , avec la même énergique conviction qu’il mettait à soutenir que la pébrine ne l’était point.

M. E. Duclaux, dans un ouvrage intitulé Ferments et maladies qui a paru cette année même, a commencé l’étude des maladies par la gale, les urines ammoniacales, la maladie des corpuscules ou pébrine des vers à soie , pour finir à la tuberculose. La syphilis n’y est pas étudiée comme maladie parasitique , mais à la première page du livre elle est mentionnée entre la fièvre jaune et la variole. Mais encore fautil, pour soutenir une thèse semblable à celle que soutiennent

des microzymas de la levure placée dans l’empois avec du carbonate de chaux (Planche IV, figure 5).

Enfin, toutes ces formes, sauf un petit nombre- qui paraissent permanentes .peuvent, dans le milieu qui lésa vues naître, sous l’influence du temps, ou dans certains milieux appropriés, disparaître pour ne laisser que des microzymas ou les formes les plus voisines : observation importante que Dujardin avait déjà faite sur le Vacterium termo; mais voyant Vanimalcule disparaître, il croyait qu’il n’en restait rien. Davaine, lui aussi, a noté cette apparition de fines granulations après l’inoculation de bactéries à des Cactus ou à des Aloès, sans eu comprendre la signification.

Mais sur l’homme vivant, en santé, dans une bouche soignée, il peut arriver qu’on découvre quelquefois toutes les phases de l'évolution du microzyma jusqu’au Leplothrix.

Enfin les microzymas, dans certaines condilions, sont facteqrs de cellules.

Eh! bien, je le demande, que devient dans un pareil ensemble la notion de germe; et peut-on dire que le microzyma issu de tel organe donné, d’un végétal ou d’un animal, est une spore? C’est à M. Ch. Robin de repondre. Quant à l’infinie variété des microzymas elle est indiscutable ainsi que la multiplicité de leurs fonctions!

ET MALADIE

MM. Pasteur et Duclaux, qu’ils nous édifient sur ce qu’ils appellent un parasite et le parasitisme. Ils s’en sont dispensés, admettant que Yacarus.de la gale, le microbe pyogénique, la granulation moléculaire du virus vaccin , sont, au même titre, des parasites !

Que signifient donc en histoire naturelle et en lexicographie les mots parasite et parasitisme?

Le mot a passé du langage courant dans la langue scientifique : Un parasite, écornifleur ou autre, est celui qui fait métier de vivre à la table d’autrui. En zoologie, parasite indique toujoursVn animal qui vit aux dépens de la propre substance des autres animaux. En botanique, « les vrais parasites sont les plantes qui vivent aux dépens des sucs élaborés par d’autres végétaux, soit qu’elles croissent à l’extérieur, soit qu’elles se développent à l’intérieur » (Littré et Robin, Dictionnaire de médecine). Il y a des végétaux microscopiques qui naissent, croissent et vivent sur ou dans les animaux : on sait les décrire et les classer.

« Le parasitisme est l’état ou la condition d’un être organisé qui vit sur un autre corps organisé , qu’il en lire ou non sa nourriture, d (Ibid.)

Gela posé, encore une fois, il est clair que l’on ne peuL pas dire d’un microzyma qu’il est parasite dans l’être dont il fait partie essentielle , dont il est l’unique élément essentiellement et primitivement vivant , de même qu’on ne peut pas dire d’un organe de fonction déterminée: le foie, le pancréas, etc., d’une cellule dans cet organe, qu’ils sont parasites dans un organisme.

Pourtant, ces mêmes microzymas, quand ils cessent d’être inclus dans une cellule, ou qu’on finit par les apercevoir dans les humeurs, dans un tissu où ils n’avaient pas d’abord été aperçus, surtout quand par une circonstance quelconque ils sont en état d’évolution, sont pris pour des parasites. Et on en est si convaincu que, s’il s’agit de ceux de l’urine, M. Pasteur se préoccupera de savoir par où ils ont passé; il ne sait pas au juste par où : « le canal de l’urèthre, le sang qui aurait pu lui-même prendre ce germe dans quelque partie du corps , par exemple par une blessure quelconque, ou communication avec le canal intestinal!)) Mais je

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