ET LA TUBERCULOSE
corpuscules élémentaires. » Mais, vous le savez, ces corpuscules élémentaires de Henle, que Küss ne connaissait pas autrement, ne sont que les granulations moléculaires des auteurs, c’est-à-dire quelque chose de non organisé, non structuré, mais que j’ai caractérisés comme microzymas capables de faire fermenter la fécule , c’està-dire comme vivants ; j’ajoute que ce sont des microzymas morbides, ainsi que cela résulte du travail de M. Villemin.
Beaucoup de médecins avaient soutenu , depuis longtemps , que la phthisie était non seulement héréditaire , mais contagieuse. La contagiosité a été mise hors de doute , par M. Villemin , en montrant que la tuberculose est inoculable.
Une très petite quantité de matière tuberculeuse de l’homme , étant inoculée au lapin , détermine en quelques jours la production de tubercules sous la forme caséeuse : les ganglions lymphatiques se parsèment de nodules tuberculeux. La matière tuberculeuse prise sur la vache ou le lapin rendus tuberculeux agit ensuite de la même manière sur ces animaux sains. Le même résultat est obtenu , si on instille sous la peau quelques gouttes de crachats de phthisiques mélangés d’un peu d’eau (1).
M. Villemin a employé la matière tuberculeuse sans autrement spécifier l’agent contagieux ou morbifère ; mais M. Klebs, d’une part, et M. Toussaint, de l’autre , ont prouvé que c’est un microzyma ; ils l’ont cultivé et ils l’ont trouvé encore inoculable après la culture. Ces microzymas, selon M. Klebs, sont des monades très petits , qu’il appelle aussi monadines, animés de mouvements très vifs. M. Toussaint, qui les a, sans doute, observés dans d’autres circonstances, les a vus immobiles, et les appelle micrococcus. Le nom ne fait rien à l’affaire ; mais ce sont des microzymas qui possèdent dans la tuberculose le caractère contagieux.
Et c’est bien la phthisie qui est ainsi inoculée par M. Villemin, car au bout de quinze, vingt ou trente jours , les animaux , amaigris, affaiblis, tombent dans le marasme, et meurent dans un état de maigreur extrême. Et, selon l’auteur, le ré-
(1) Comptes-rendus, t. LXVIII, p. 13G4.