‹ Les microzymasChapitre 306 sur 389 · LA PHTHISIE · texte numérisé non relu

LA PHTHISIE

sultat ne saurait être expliqué, ni par le transport pur et simple de la matière déposée dans la très petite plaie d’inoculation , ni par la communication de proche en proche d’une phlegmasie du lieu de la piqûre aux organes où se produisent de nouveaux tubercules, ni par une greffe, ni par le traumatisme. La parcelle tuberculeuse introduite dans l’organisme y produit la maladie qui l’a engendrée, une matière morbide identique , inoculable à son tour sur un autre sujet vivant, et qui s’y reproduit en formant des tubercules dans les poumons, le péricarde, les reins, les organes abdominaux, les ganglions mésentériqnes , qui n’étaient pas sur le trajet de la matière inoculée de la plaie d’inoculation aux viscères dégénérés. Ce qui revient à dire que l’inoculation produit une maladie générale, qui se traduit, anatomiquement, par la présence de tubercules dans des groupes de cellules ou de tissus déterminés , ainsi que l’avait démontré Kiiss , avec la manière de voir de qui les expériences de M. Villemin concordent parfaitement.

Mais on pourrait dire que l’inoculation de la matière tuberculeuse par une plaie , ne fût-ce qu’une piqûre à l’oreille, à l’aisselle, à l’aine, aux lombes d’un lapin, ne suffit pas pour expliquer la contagion , puisqu’on peut devenir phthisique sans avoir été blessé. M. Villemin s’est posé l’objection et il l’a levée. La matière tuberculeuse, la matière expectorée des phthisiques, desséchée et pulvérisée, étant mêlée aux aliments, produit l’inoculation par l’intestin et, par suite, une tuberculose comme par inoculation. Et nous verrons que l’on peut admettre, conformément à ce qui a été démontré pour certaines maladies virulentes , que le microzyma tuberculeux peut pénétrer par les voies respiratoires , c’est-à-dire par la surface bronchique et pulmonaire. Et cela va droit contre le système de l’impénétrabilité de M. Pasteur.

Concluons donc que le microzyma tuberculeux libre provient de la destruction pathologique d’un globule, ou cellule, épithélial de tissus déterminés; qu’il est un ferment et qu’il est cultivable , pouvant se multiplier dans des milieux appropriés. 11 ne préexiste pas originairement dans l’air, il est le produit de l’organisme malade. La phthisie, la tuber-

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