LE PUS ORDINAIRE
cellulaire, le pus est le produit de la prolifération morbide du tissu, qui en peut donner : un tissu transformé. Dans la théorie du microzyma, selon M. Baltus, les globules du pus sont formés par les microzymas. C’est ainsi que les histologistes, invariablement, font procéder le pus de l’organisme lui-même. A cette théorie expérimentale, anatomique, de la formation du pus, on tend à en substituer une autre; M. Pasteur a découvert un microbe pyogéniqioe , un microbe en 8 de cliiffo'e ; sans le microbe il n’y aurait pas de pus, et celte erreur est acceptée par certains chirurgiens , qui, n’y regardant pas de près, s’écrient : « Ce n’est que lorsque le microbe pyo génique , découvert par M. Pasteur, et qui f comme il l’a démontré, est distinct du microbe septique, ce n’est, dis-je, que lorsque ce microbe a pénétré dans l’organisme, qu’il peut se produire du pus. » Non, ce n’est pas cela.
Au point de vue de la théorie du microzyma, l’étude du pus mériterait d’être reprise; en effet, puisqu’il est démontré que les microzymas ne sont pas identiquement les mêmes dans les divers centres d’activité , il est facile de comprendre que les changements qu’ils subissent dans la suppuration ne soient pas non plus identiquement les mêmes.
Le pus est caractérisé par la présence de globules blancs semblables aux leucocytes du sang, si ressemblants, micrographiquement, que l’on a prétendu que les premiers n’étaient que les seconds sortis, par diapédèse, des capillaires. Il varie nécessairement suivant la nature de l’organe malade, le degré et la nature de l’inflammation, le caractère de la plaie, et l’époque de la suppuration. Les auteurs se sont beaucoup occupés de la forme des leucocytes du pus, des qualités du pus, de la disparition des globules, mais avant mes recherches on ne donnait aucune attention aux microzymas, ni du pus normal, ni du pus virulent (1).
M) M. Virchow a décrit les divers modes et phases de la régression des leucocytes du pus. La description qui nous intéresse est celle de co qu’il a appelé régression, métamorphose graisseuse : il montre les cellules au début du phénomène, devenant plu3 pâles; puis contenant des noyaux visibles et des globules graisseux; ensuite apparaissant très grauuleuses et se décomposant en fines granulations ; enfin le tout