ET LE PUS VIRULENT
Vous avez vu que M. Chauveau, appliquant la théorie du microzyma, a démontré que les pus virulents doivent leur virulence aux microzymas libres qu’ils contiennent, et, de plus , comme il l’a noté plus tard , que cette virulence , ils la possèdent avant que la cellule qui les contient ne soit , par régression, réduite en ses microzymas.
se réduisant en ce qu’il appelle « émulsion, détritus laiteux, » où l’on ne voit plus que de Unes granulations ; et poursuivant, l’auteur ajoute : en ce moment « il n’y a plus de cellule , il n’existe plus de pus , il est remplacé par une substance émulsive , une espèce de liquide laiteux, composé d’eau, de substances albuminoïdes et de graisse, et dans lequel on a même trouvé souvent du sucre , ce qui lui donne encore une plus grande analogie avec le lait véritable. Le lait pathologique , qui peut être résorbé , n’est donc plus du pus , mais bien de la graisse , de l’eau, des sels, ou d’autres composés chimiques.» ( Pathol . cell., p. 151j. Ceci fait voir une fois de plus, que la cellule n’est pas ce qui est vivant per se,- là où abondent les microzymas , on n’a vu que de la graisse et des composés chimiques ; évidemment M. Virchow n’explique pas la régression de la cellule : il l’admet comme un acte spontané. On s’explique ainsi pourquoi il n’a rien compris à la virulence, et qu’il a supposé, pour l’expliquer, une dyscrasie : « dans la dyscrasie syphilitique , le sang contient une substance virulente, » dit-il (Ibid., p. 112). Quoi qu’il en soit, M. Virchow me paraît avoir soutenu avec raison que « le pus n’est pas absorbé comme pus; » ce qui peut être absorbé ou résorbé, ce sont les parties fluides, non les globules; le globule du pus ne peut pénétrer dans un vaisseau, lésé ou perforé, que par inlravasation ; la résorption purulente n’est pas celle du pus véritable; ne sont résorbés que les liquides ou bien les parties solides notablement modifiées par la régression (c’est-à-dire les microzymas).
Ces idées sont conformes à celles de M. Ch. Robin, mais au point de vue de la théorie du blastème. « Ce ne sont pas, dit-il , les éléments anatomiques solides en suspension dans une humeur qui la caractérisent, mais le fluide qui en compose la partie principale. Ce ne sont pas les leucocytes qui caractérisent essentiellement le pus, mais le sérum. Ils ne jouissent d’aucune propriété nuisible; aucune malfaisance ne leur est inhérente , sauf le cas où ils entrent en putréfaction; mais alors ils ne font que partager les propriétés nouvelles, analogues à celles du virus, que tous les éléments anatomiques, que tous les tissus acquièrent dans ces conditions, comme les sérums. C’est sur le sérum du pus qu’il faut reporter les idées relatives aux qualités infectieuses de cette humeur qu’on attribuait aux solides qu’il tient en suspension, c’est au sérum, et encore au sérum déjà altéré, car il se modifie accidentellement avec bien plus de facilité que les leucytes et bien avant eux. » ( Dicl. de médecine et de chirurgie .) De même que M. Virchow, M. Robin admet donc les altérations spontanées dans le leucocyte; pour l’un comme pour l’autre savant, en somme, la virulence est une dyscrasie ; ils ne tiennent compte, ni l’un ni l’autre, de la granulation moléculaire.