ET LE PUS VIRULENT
gouttelette de liquide, mais ce liquide ne produit rien (c’est à-dire les cellules n’y naissent pas comme dans un blastème) ; il diminue seulement la cohérence des parties voisines (1). »
C’est dans des foyers de cette sorte que se développent les pus virulents. A la prolifération cellulaire succède la régression; les cellules se déforment, et bientôt, comme dans toute espèce de pus, les microzymas pullulent, évoluant ou n’évoluant pas; la dyscrasie morbide, que M. Virchow plaçait dans l’inconnu , M. Ch. Robin dans un liquide altéré , se concentre dans le microzyma qui a acquis une fonction nouvelle. Or, la fonction, acquise sous l’influence de l’état morbide, est dans une étroite relation avec l’espèce animale devenue malade. C’est donc à la physiologie autant qu’à l’histologie et à la chimie qu’il faut recourir pour éclairer la pathogénie de la virulence. C’est appuyé sur ces observations que je vais, maintenant, vous montrer que, dans toutes les expériences tentées dans ces dernières années, c’est le microzyma, propre à une espèce animale, et non pas un germe de l’air, qui a été trouvé le siège de la virulence. L’on n’a jamais pu produire , avec des germes pris dans l’atmosphère, les maladies que l’on dit parasitaires; toutes les fois que, par inoculation, on a pu reproduire une maladie typique connue , on a été obligé d’aller prendre le prétendu parasite chez un animal malade ; de même que pour inoculer la tuberculose, on a pris le tubercule .chez un sujet qui en avait été primitivement ou secondairement affecté.
Le virus syphilitique. M. Estor et moi y avons noté les microzymas ; depuis, M. Klebs a cultivé ce microzyma ; il en a obtenu une forme qu’il nomme Helicomonas sypliilitica , lequel serait inoculable à certains animaux, à l’exclusion du liquide que la filtration en sépare. Il y a déjà bien longtemps, Donné y avait observé des animalcules ayant la forme du vibrio lineola de Millier, mais son observation ne pouvait pas être comprise. Quelle que soit la valeur de celle de M. Klebs, il est certain que tous les observateurs sont d’accord sur un point, c’est que la syphilis s’inocule de l’homme malade à l’homme sain et de l’homme malade
(1) Path. cell., p. 377.