LA CLAVELÉE
que se fait le travail pathogénique ; ce qui le prouve, c’est cette remarque de M. Chauveau : « J’ai pu constater, dit-il, que l’invasion de la maladie n’est point le résultat d’une sorte d’ inoculation sur la muqueuse digestive; en effet, je n’ai pas trouvé à l’autopsie des animaux morts, la plus petite lésion locale sur cette membrane , pas même dans la bouche , qui , dans le cas de clavelée confluente , présente quelquefois des pustules (1). »
La pustule claveleuse est remarquable par les dimensions considérables qu’elle atteint souvent; elle occupe non seulement toute l’épaisseur du derme, mais encore le tissu conjonctif sous-dermique , et donne d’énormes quantités d’humeur virulente ; elle est donc capable de fournir au milieu ambiant énormément de microzymas virulents pendant la desquamation. M. Chauveau n’a pas autrement étudié la * constitution de la pustule claveleuse; mais il résulte de son travail qu’elle se produit dans le réseau de Malpighi, comme celle de la variole, et qu’avant les corpuscules il y a des cellules. Il était important, pour la théorie , qu’il fût constaté que les microzymas virulents proviennent de cellules , et que ces cellules sont elles-mêmes virulentes. Souvenez-vous de ce que je viens de vous dire du pus, et vous comprendrez l’importance de la nouvelle expérience de M. Chauveau , dont je vais vous parler ; elle prouve que, dans le pus virulent, les globules le sont comme les microzymas. Pour faire son expérience , il a opéré en appliquant le procédé que nous avions fait connaître quelque temps auparavant pour isoler les microzymas du foie. Cela lui a permis de mieux démontrer que les parties solubles du pus ne sont pour rien dans la virulence.
Le nouveau travail a pour sujet l’étude du pus des abcès pulmonaires du cheval atteint de morve aiguë (2) ; là il nous révèle quelques particularités de ses recherches antérieures qu’il avait laissées dans l’ombre.
(1) A. Chauveau, Comptes-rendus , t. LXVII, pp. 746, 898 , 941 (1868).
(2) A. Chauveau, Isolement des corpuscules solides qui constituent les agents spécifiques des humeurs virulentes; démonstration directe de l’activité de ces corpuscules. Comptes-rendus, t. LXVIII, p. 828 (1869).