LA MORVE AIGUE
Virulence des cellules et des microzymas du pus de la morve aiguë. M. Chauveau, parlant en général, dit : « Les éléments figurés, en suspension dans les humeurs virulentes, se composent de granulations libres et de cellules plus ou moins infiltrées de ces mêmes granulations. On sait que les granulations libres sont virulentes , puisque , seules en suspension dans le sérum des humeurs, elles lui communiquent l’inoculabilité. En est-il de même des granulations incorporées aux cellules? Aujourd’hui je puis répondre affirmativement à cette question (1). »
Voici maintenant l’étude du pus dans les foyers de production des microzymas virulents :
« Quand on étudie , dit l’auteur, le développement des foyers de prolifération virulente , on peut constater, au début du processus, qu’il n’existe aucune granulation libre. Toutes sont contenues dans les éléments cellulaires , en voie de multiplication dans le foye/\ C'est par la dissolution ultérieure de ces derniers que les premières deviennent libres. Mais avant cette dissolution , l’élément virulent a déjà toute son activité. La granulation procède donc de la cellule. Par conséquent , les leucocytes en suspension dans les humeurs virulentes doivent être considérés comme des réceptacles de virus (2). »
C’est, à quelques expressions peu physiologiques et histologiques près , la confirmation de tout ce que je vous ai dit jusqu’ici concernant l’origine des microzymas. Otez-en l’idée que les cellules sont infiltrées , ce qui suppose que les granulations sont venues du dehors pour pénétrer dans les cellules ; à la place de dissolution , mettez régression ; au lieu de réceptacle de virus, dites que la cellule est le lieu où le microzyma acquiert la qualité virulente, de la même manière que tout microzyma d’une glande ou d’un tissu acquiert ses propriétés, à un moment donné, dans une cellule, et vous aurez un langage histologique conforme à la théorie du microzyma. C’est la condamnation du parasitisme, car on ne peut pas dire qu’une cellule dans un organisme y est en parasite , autrement il
(1) A. Chauveau, Comptes-rendus, t. LXVIII, p. 828.
(2) Ibid., p. 829.