LA FIÈVRE TYPHOÏDE
donnent lieu aux apparences que l’auteur a observées ; d’après ses descriptions, il m’a paru évident que le globule rouge s’altère dans sa forme, et que les granulations pigmentaires qu’il a signalées ne sont que les microzymas, colorés par l’hémoglobine altérée. Comme dans la fièvre récurrente, ce sont aussi les microzymas normaux qui manifestent là un des modes de leur évolution ; et tout s’explique comme je l’ai dit ci-dessus. Le sulfate de quinine qui fait , dit-on , disparaître le parasite , constitue un milieu qui empêche l’évolution morbide du microzyma de se reproduire !
La fièvre typhoïde va nous fournir de nouvelles preuves da fait que l’état de maladie réalise les conditions de l’évolution bactérienne ou morbide des microzymas de certains centres.
Celte maladie est de celles que l’on ne contracte généralement qu’une fois et qui confère l’immunité, comme la variole. On la range maintenant parmi les maladies virulentes parasitaires, bien quel’on n’en connaisse pas le germe . M. Jules Guérin l’a depuis longtemps considérée comme produite dans l’intestin, par une intoxication stercorale. Cette opinion, que son auteur a soumise à l’épreuve de l’expérience, a été adoptée dans ce.s derniers temps par M. Duclaux. Dans le système de M. Pasteur, les infusoires du canal intestinal n’ont pas d’autre origine que les germes de l’air. Mais nous savons que les aliments y introduisent leurs propres microzymas et que les cellules de la muqueuse et les glandes gastro-intestinales y ajoutent les leurs. L’auteur de Ferments et Maladies , sans connaître le virus , affirme qu’ « on n’a pas été heureux en cherchant, hors de l’intestin d’un malade, le virus de la fièvre typhoïde et que , parti de l’intestin d’un malade, il revient par des voies diverses dans un corps sain qu’il infecte et où il amène la maladie. » Et la force de l’évidence, après de longues considérations sur l’étiologie de la fièvre typhoïde, lui arrache cet aveu : « D’une manière tout à fait générale, dit-il, s’il y a un virus quelque part, l’air doit en renfermer, et d’autant plus qu’il est plus voisin de la source où il le puise. » Retenons cet aveu que, d’une manière tout à fait générale.