LE SANG DE RATE
d’un mouton, mais capable de l’amener chez le cobaye jeune.
Chaque degré d’atténuation de la bactéridie peut être cultivé avec sa virulence propre; et chaque état, dit-on, peut se conserver 'tel quel; et chacune de ces bactéridies peut se résoudre « en germes auxquels elle communique , et dans lesquelles elle fixe, sans altération possible , sa virulence spéciale. » Dans son enthousiasme , l’auteur de Ferments et Maladies se demande si l’on n’assiste pas là à une création d’espèces (1). Non certes, on ne crée pas plus d’espèces qu’on n’en crée quand on assiste au développement d’un être dans lequel les microzymas de l’ovule acquièrent, peu à peu, la plénitude de leurs multiples fonctions. On assiste tout au plus à une création de races , car une bactérie est ce que la fait son microzÿma ; mais on conçoit qu’après la régression en microzymas de la bactérie, le microzyma participe à son tour de quelque propriété de la bactérie. La bactéridie charbonneuse provient d’un microzyma morbide, l’étant devenu dans un mouton atteint de sang de rate; il n’est pas étonnant qu’un microzyma issu de cette bactérie, avant son changement inofïensif complet, soit encore morbide.
Il y a un état de la bactéridie qui , dit-on , n’est plus cultivable dans un organisme vivant/; on ajoute qu’ « elle est désormais fixée , et que , si jamais elle revenait à la virulence, ce ne serait qu’en passant au travers d’une espèce animale nouvelle , absolument différente de Celles que nous savons présentement capables de contracter le charbon. « Ceci est la formule du parasitisme absolu, admettant pourtant une certaine influence do l’organisme animal pour procurer la virulence ; c’est en même temps une préparation pour faire admettre ce qui suit et qu’il faut que je cite textuellement.
La bactéridie devenue inoffensive traverse donc l’organisme sans pouvoir s’y cultiver : « mais il en est autrement de celles qui conservent encore une action sur une espèce vivante. Prenons, par exemple , la plus atténuée, celle qui tue seulement le cobaye d’un jour; inoculons le sang de
(1) Ferments et Maladies, p. 147.