‹ Les microzymasChapitre 327 sur 389 · LE CHOLÉRA ASIATIQUE · texte numérisé non relu

LE CHOLÉRA ASIATIQUE

bête , sans lui donner la fièvre puerpérale. Eh bien, il y a dans la science des exemples de filles vierges , mortes comme foudroyées parla fièvre puerpérale, sans présenter aucune lésion préalable par où l’ennemi aurait pu pénétrer. C’est un saisissement, ou une dyscrasie inexpliquée qui a été la cause de tout le mal (1).

Choléra asiatique. Dans les fèces delà maladie confirmée, qui ont l’apparence de riz mal cuit, on trouve une grande quantité de cellules épithéliales isolées ou sous forme de lambeaux, mêlées de leucocytes plus ou moins nombreux. M. Klob a vu dans ces amas ce qu’il appelle zooglaea terrno (2).

(1) L’observation est de l’éminent M. Depaul ; elle doit être rapportée in extenso: la voici :

» Fièvre puerpérale contractée par une jeune fille. Pendant une épidémie de fièvre puerpérale, une élève sage-femme était chargée d'une nouvelle accouchée atteinte d’une métropéritonite des plus graves; un matin, cette élève, en donnant à la malade des soins spéciaux que nécessitait sa situation, fut vivement impressionnée par les émanations gui s’ échappèrent lorsqu'elle souleva la couverture du lit. Le soir même, un frisson intense se déclara chez l’élève sage-femme; elle succomba en quarantehuit heures, en présentant tous les symptômes d’une fièvre puerpérale des mieux caractérisées. A l’autopsie, on rencontra les altérations que présentent habituellement les cas de ce genre : seulement le tissu utérin n’était pas altéré. La jeune fille était vierge. » Et M. Depaul se demande si la maladie n’est pas contagieuse même en dehors de l’état puerpéral et en dehors des règles. Certainement on aurait trouvé les microzymas évolués dans le sang et dans les endroits où les lésions étaient constatées. La malade a été vivement impressionnée ; il y a eu des émanations : mais pas de solutions de continuité dans le corps de cette jeune fille par où un germe aurait pénétré. Reste la surface pulmonaire. Je ne veux pas insister sur la possibilité de la pénétration de microzymas morbides : mais je dis que ce dégoût qui ne peut pas impressionner une matière chimique a pu suffire pour amener la maladie foudroyante. (M. Depaul , Union médicale (1857).

(2) M. Ch. Robin ( Leçons sur les humeurs, p. 972) s’exprime comme ceci : D’après Klob, dans le choléra la masse entière de ce que I’od appelle mucus intestinal est du zooglaea terrno , c’est-à-dire un amas de spores, de leptothrix ou microzymas dans leur gangue hyaline; mais on sait que des bactéries, à l’état de microxyma surtout, peuvent se rencontrer aussi dans une gangue hyaline, d’aspect muqueux dans presque toutes les sortes d’infusions artificielles, comme entre les papilles linguales, dans certains cas morbides. Les micrococcus des déjections et des infusions sont plus particulièrement des spores un peu plus grosses que les microzymas et plus ordinairement articulées en courts filaments moniliformes (chapelets). » — Certainement les naturalistes, comme M. Klob, M. Hallier, ont souvent pris les

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