‹ Les microzymasChapitre 330 sur 389 · THÉORIE DES INOCULATIONS · texte numérisé non relu

THÉORIE DES INOCULATIONS

être invoquées, qui me feront toujours craindre de devenir victime de la bactéridie qui produit la pustule maligne. En effet, traduisant votre pensée, j’ai le droit de dire : « l’homme pourrait porter sur lui ou dans son canal intes- » tinal, sans grand dommage, dites-vous (pendant un » certain temps sans doute), les microbes que la viande » des moutons inoculés y aurait pu laisser, mais prêts à » devenir dangereux lorsque, par des conditions d’encom- » brement, des développements successifs, ou autrement, » leur virulence se trouvera progressivement renforcée. )> Dans la seconde hypothèse, toujours d’après vous-même, le danger n’est pas moindre pour moi, car si ce microbe inoffensif pour l’homme ou pour le mouton, « venait à » pénétrer dans une autre des mille et mille espèces de la » création, il pourrait l’envahir et la rendre malade ; sa » virulence étant renforcée par des passages successifs » dans les représentants de cette espèce, il pourrait devenir » en état de m’atteindre ; » or les animaux se mangent les uns les autres, et il y a danger pour moi de manger des huîtres, du poisson ou tel volatile, car ils pourraient recéler le microbe renforcé ! !

Mais ce n’est pas tout. Comme le même sujet peut être affecté de plusieurs maladies contagieuses et virulentes qui ne récidivent pas, M. Pasteur est naturellement porté à l’inoculer préventivement et à introduire dans son organisme autant de colonies de microbes divers qu’il sera nécessaire, et le danger sera accru; car, enfin, le microbe inoculé constitue une individualité spécifique qui ne préserve que parce qu’il est vivant. La bactèridisation, comme toute microbiotisation, exerce une action générale sur l’organisme ; les microbes sont présents partout, et l’on ne voit pas comment, tôt ou tard, ils s’arrangeront ensemble. Il y a peutêtre là des dangers que nous ne soupçonnons pas et dont on ne se méfie pas assez. J’y reviendrai.

On a tenté d’expliquer l’immunité que procurent lés inoculations préventives , et voici ce que l’on a imaginé :

Pourquoi et comment, dans le système parasitique, l’inoculation préserve ? C’est un fait : un vacciné ne prend pas la petite vérole, du moins très généralement. C’est que

Page 1