LE SYSTÈME DES SC1I1Z0MYCÈTES S
rait alors reproduire des êtres aussi virulents qu’elle, mais qu’elle épuiserait ensuite peu à peu, en y mettant naturellement d’autant plus de temps qu’elle avait un stock plus considérable à consommer, c’est-à-dire qu’elle était plus virulente. Quand tout a disparu, elle meurt. » C’est exactement comme si Ton disait que la vie du microbe et sa virulence ne font qu’un. Et remarquez que ce microbe est de ceux qu’on appelle aérobie : il meurt donc dans le milieu qui peut le mieux le nourrir, où l’oxygène et les matériaux de son bien-être sont toujours présents. Après ce que je vous ai dit sur l’immunité, il n’est pas nécessaire d’insister ; et vous conclurez que tout cela est contraire à ce que nous savons des propriétés des microzymas !
Mais, après avoir affirmé la mort du parasite, on devrait bien nous dire ce que devient son cadavre et concilier cette hypothèse avec celle qui le fait revivre dans les épidémies.
Un naturaliste allemand, M.» Naegeli, a une manière à lui d’être parasitiste. Il suppose qu’un organisme sain contient normalement des micro-organismes, qu’il nomme Schizomycètes (1) (cr/tÇw, diviser, puixYjç, champignon) , lesquels ,
(1) M. Naegeli a créé fort inutilement le mot schizomycète , pour désigner les bactéries et les relations qui les rattachent aux microzymas. M. Koch a remplacé ce mot par un autre , qui est : schizophycète, encombrant à son tour la science de désignations embrouillées, superflues. Depuis que les micrographes ont appris à regarder les microzymas comme des organismes vivants, ils les découvrent à l’envi et savent reconnaître qu’ils peuvent devenir bactériens, et ceux-ci revenir, par division, scissiparité, au microzyma. Mais ces savants, y compris M. Pasteur et MM. Klebs, Naegeli et Koch, l’un après avoir nié, tous après s’étre attribué la découverte, les ont invariablement regardés comme étrangers à l’organisation animale ou végétale, méconnaissant ou n’ayant que des idées erronées sur l’essence de cette organisation. De là dérivent les dénominations botaniques de micrococcus , schizomycète, schizophycète], qui rappellent que ce sont des végétaux se multipliant par scissiparité. Il y a plus , comme les formes évolutives des divers microzymas sont très nombreuses et variables avec les conditions des milieux, ils font de ces formes des espèces botaniques et pathologiques déterminées , en se fondant uniquement sur des caractères très contingents , tels que la mobilité ou l’immobilité, la grosseur, l’épaisseur ou la longueur, la transparence ou l’opacité , l’état granuleux ou homogène , la propriété de se colorer de telle et telle nuance ou de ne pas se colorer par telle ou telle matière tinctoriale, etc. Et chose plus étrange, des micrographes et des