POUVANT DEVENIR MORBIDES
végétales, saines ou malades, comme dans la fïaeherie des vers à soie, cette forme de l’évolution du microzyma peut apparaître. Mais il y a là une réelle difficulté qu’il faut lever. Il est difficile d’admettre qu’un même microzyma puisse être affecté d’autant d’états morbides qu’il y a de maladies possibles dans la même espèce animale et dans l’homme. Déjà à plusieurs reprises, j’ai fait entendre que ce sont les microzymas de tel ou tel centre d’activité organique qui sont d’abord affectés, puis successivement d’autres. En essayant de faire comprendre en quoi consiste l’état pathologique dans la théorie du microzyma, je rappellerai les faits dont il faut tenir compte et sur lesquels je me suis appuyé dans ce qui précède.
La médecine tend de plus en plus à déterminer le point de départ, le siège initial de la maladie : la théorie du microzyma fournit une base solide à cette tendance qui est ainsi hautement scientifique. En effet, les divers centres organiques contiennent des cellules et des microzymas fonctionnellement différents ; mais nous savons aussi que, dans deux espèces animales voisines, les microzymas du même tissu, de la même glande, des mêmes cellules homologues, ne sont pas nécessairement doués des mêmes propriétés chimiques, c’est-à-dire que l’on ne peut pas toujours conclure de l’identité de structure à l’identité fonctionnelle au sens chimique. Un animal diffère donc d’un autre animal d’espèce différente, même par les microzymas. Là se trouve l’explication du fait que deux espèces animales peuvent être atteintes de maladies contagieuses propres, qui ne se communiquent pas de l’une à l’autre.
Oui, il est démontré que les microzymas des divers centres organiques d’activité, dans chaque espèce d’une manière particulière, sont doués de fonctions physiologiques, chimiques, histogéniques déterminées, chacun selon sa destination et divers non seulement chez le vieillard, l’adulte, l’enfant, mais dans l’état fœtal et jusque dans l’ovule femelle et l’ovule mâle. Que dis-je? ils sont divers en quelque chose selon les tempéraments, les constitutions, les diathèses. Les microzymas d’un lymphatique, d’un scrofuleux, d’un cancéreux, etc., sont lymphatiques, scro-
MULTIPLICITÉ DES MICROZYMAS
fuleux, cancéreux. Et cette dernière considération nous portera à juger d’un point de vue particulier la tendance aux inoculations qui se manifeste de tous les côtés : il y a là peut-être quelque danger que l’on ne soupçonne pas.
Mais les cellules elles-mêmes sont déjà des appareils à microzymas propres, autres dans l’épiderme et le derme, dans les muscles, dans les muqueuses, dans les tissus cellulaires, dans les tissus conjonctifs, dans les glandes et ganglions, dans le système vasculaire et lymphatique, dans le sang, dans les humeurs, dans les différentes parties du système nerveux, etc.
Dans le système des parasitâtes, le sujet qui est attaqué par le microbe , l’est tout à coup, comme il le serait par une balle, par un coup de couteau ou par le poison. Le microbe apporte le poison tout fait ou bien le fabrique en passant à travers le corps d’un nombre indéterminé d’animaux de la même espèce. Bref, il n’y a pas d’autre cause provocatrice et pas de maladie spontanée. Remarquez bien que par là je n’entends pas maladie sans provocation quelconque, non, car à tout changement, en vertu du principe de l’inertie, il faut une cause : de lui-même, l’organisme sain ne cesse pas de l’être ; de même que, pour que le soufre et l’oxvgène s’unissent, il faut une provocation, c’està-dire la réunion de certaines conditions déterminantes du phénomène, il en faut une pour produire la maladie. Oui, même les médecins qui ne voient dans l’organisme que du protoplasma plus ou moins modifié, des principes immédiats arrangés, régis par des propriétés physico-chimiques, répugnent à regarder un corps vivant comme quelque chose de dépourvu de spontanéité, comme inerte dans le sens d’incapacité et « ayant besoin, dit l’illustre Jaumes, pour entrer en action et s’y maintenir, d’un stimulus externe qui est pour lui ce que l’archet est pour le violon. » M. Pasteur lui-même,
' vous venez de l’entendre, invoque certaines influences pour expliquer l’explosion de la maladie et des épidémies.
« C’est le malade , dit M. Jaccoud, qui , pour moi, décide des allures de son affection , et la conception figurée qui attribue aux maladies dites malignes, un mauvais caractère, morbus mali moris , ne me parait pas accep-