ET DES DYSCRASIES PRODUCTIVES DE LA MORBIDITÉ
table en présence d’une appréciation clinique rigoureuse. — L’état physique et moral de l’individu frappé, les conditions favorables ou défavorables dans lesquelles il est atteint, le terrain, en un mot, sur lequel tomba le ■poison, voilà 'tout ce qu’il importe de considérer, et je n’hésite pas, pour ma part, à transporter de la maladie au malade la formule de malignité si chère aux anciens. La maladie étant une opération accomplie par l’individu vivant et non pas un être créé en dehors de lai et qui vient le saisir avec un caractère constitué d’avance ; je conçois à merveille qu’un mauvais organisme fasse une mauvaise opération et soit impuissant à l’accomplir ; mais je conçois beaucoup moins qu’un être fictif, qui n’a d’existence réelle que dans le malade, possède en dehors de ce dernier un caractère bon ou mauvais. » Ce ' passage, en effaçant « le terrain sur lequel tombe le poison , » exprime admirablement la conception de la maladie dans la théorie du microzyma.
Mais le médecin, qui reconnaît une spontanéité vitale , invoque aussi certaines influences et fait la part du milieu, des circonstances, des conditions favorables et défavorables, matérielles et morales, qui sont capables de troubler l’inertie de l’état hygide ; il ne fait aucune objection à la notion des états morbides dépendants. Oui, les grands médecins, sans savoir au juste en quoi consiste la notion de la réalité objective, figurée, histologique fondamentale de l’organisation, telle qu’elle résulte de la théorie du microzyma, ont toujours eu l’idée que l’être vivant n’est pas quelque chose de passif, comme le serait et l’est nécessairement un amas quelconque de principes immédiats. Leur langage même répugne à une telle conception de leur manière de voir. Les expressions si médicales de propriétés vitales , de résistance vitale, de nature médicatrice, etc., trahissent la conviction intime que dans l’être vivant la matière est douée d’activités propres , distinctes, indépendantes, en quelque sorte, de leur nature chimique, chacun selon son espèce et même son individualité. Ces expressions, je le répète, n’ont pas de sens dans l’opinion des savants qui, à la manière de M. Pasteur, conçoivent la maladie dans l’homme (I) Jaccoud, Clinique médicale }