MALADIE SPONTANÉE
bien assez , à créer une dyscrasie qui amène l’évolution morbide, correspondante à sa propre morbidité , des micro- 7, y mas ou d’un groupe de microzvmas de l’organisme atteint. Je dis correspondante, et j’ai tort, car la maladie provoquée peut être fort différente : cela dépend de l’espèce animale sur laquelle on pratique l’inoculation.
La maladie spontanée est donc celle qui survient naturellement sous l’influence de causes provocatrices diverses, mais sans le concours d’un microzyma morbide ou d’une cause extérieure d’un autre ordre, directement nocive, •comme serait un poison, un traumatisme, etc.
Les maladies mêmes qui sont caractérisées par de vrais parasites ou par certaines lésions, n’ont pas primitivement ces parasites ou ces lésions pour cause. Cl. Bernard l’a formellement reconnu : « Dans un grand nombre de cas, les lésions anatomiques sont les effets de l’état morbide, au lieu d’être les causes latentes qui lui ont donné naissance. »
Le même savant a rappelé que les grenouilles , longtemps retenues en captivité, dont la santé s’affaiblit , sont atteintes d’ulcérations se développant autour du nez , de la bouche et des pattes : dans ce cas, elles succombent aux affections parasitaires avec la plus grande facilité. « Or si, dans un bocal contenant des grenouilles déjà envahies par le parasite (champignons microscopiques d’une espèce particulière) , vous introduisez une grenouille parfaitement saine , elle ne subira point les effets de la contagion; mais une grenouille déjà malade , portant des ulcérations , sera immédiatement atteinte par le parasite (I). « Bref, la maladie avait préparé
(1) Cl. Bernard a même fait cette observation , connue d’ailleurs de tous les médecins, mais qu'il importe de rappeler aux parasitâtes : « Les affections parasitiques ont toujours une certaine tendance à se développer chez les animaux dont la santé est détériorée. La gale , chez le mouton et le cheval, n’attaque presque jamais les sujets placés dans de bonnes conditions. Dans l’espèce humaine, les affections parasitaires se développent surtout parmi les classes inférieures, chez les enfants et les vieillards. Enfin le morbus pcdicularis apparaît quelquefois sur la fin d’une longue et pénible maladie. Les personnes qui vivent dans les meilleures conditions hygiéniques éprouvent rarement de pareils accidents. » ( Pathol . expérim., p. 31.)
Et M. Estor ayant à son tour posé la question : « Des éléments de nos tissus peuvent-ils être considérés comme des parasites? » répond par la négative : car les microzvmas ne sont pas là accidentellement :