LES CONSÉQUENCES
sa cicatrisation. Mais toutes les cellules déviées , par suite de la déviation des granulations (microzymas) qui en sont les parties essentielles, tendent sans cesse, chez le syphilitique, le varioleux, etc., à revenir au type normal; le syphilitique et le varioleux, qui le sont d’abord à l’apogée, jouissent d'une immunité absolue. Cette immunité diminue avec le retour progressif à l’état normal; peu à peu l’individu observé guérit, sa nutrition devient physiologique, mais en même temps il perd l’immunité , et ce dernier caractère est assurément le meilleur pour nous convaincre de la possibilité de la guérison. » Il faut tenir compte de ces savantes considérations (1).
Il est bien évident que l’inoculation préventive n’a de signification qu’à l’égard des êtres organisés, parce que ce sont leurs éléments anatomiques qu’elle impressionne, selon l’explication que j’ai donnée, laquelle est conforme à la manière de voir de Bichat. Voilà pourquoi elle peut avoir des dangers. Est-ce que M. Pasteur songerait à inoculer la bière , le vin , le moût pour les empêcher d’avoir ce qu’il appelle leurs maladies?
Je comprends M. Toussaint, inoculant le virus du sang de rate atténué par la chaleur. En somme, il inocule la propre substance du mouton au mouton , ou quelque chose qui peut s’assimilera sa substance. Le travail pathologique étant accompli, le microzyma inoculé, étant de même nature que celui de l’animal, subit le même changement, et l’animal guéri ne contient rien qui lui soit étranger. Mais en est-il absolument ainsi des microbes cultivés de M. Pasteur? J’avoue que j’ai quelques doutes à ce sujet. On n’a pas assez remarqué , en ce qui concerne la bactéridie du sang de rate, qu’elle ne se' développe jamais en ces longs fila-
(1) La bénignité relative de la syphilis, de nos jours, comparée à la férocité primitive de cette affection , a été signalée par M. Estor ; elle est, dit-il, généralement attribuée à l’affaiblissement progressif du principe virulent, comme pour la vaccine. Ce n’est pas une affaire de parasitisme ni d’affaiblissement. La bénignité de la variole 'et de la syphilis n’est relative qu’aux civilisés dont les microzymas ont subi tant de modifications! Mais qu’un Européen transporte l’une ou l’autre des affreuses maladies chez des peuples qui ne les ont jamais eues, elles y séviront avec la même férocité que chez nous autrefois! C’est que leurs microzymas sont plus impressionnables.
DES VACCINATIONS
ments, semblables à un mycélium, qu'elle devient dans le bouillon de poulet! Cela peut-il être indifférent pour l’avenir de l’animal inoculé? Dans tous les cas, certaines observations concernant le microbe du choléra des poules ne laissent pas que de me préoccuper pour l’avenir des inoculations préventives de M. Pasteur. Non , ce savant ne sait rien autre chose sur les bactéridies atténuées, sinon qu’elles sont encore inoculables et procurent l’immunité ! Mais des suites éloignées, quoi? Les parasitisles me paraissent agir comme des empiriques, et quand je dis qu’ils ne savent pas ce qu’ils font, j’ai le droit de le dire; car ils négligent la vitalité propre, indépendante, physiologiquement indestructible et modifiable des microzymas de l’organisme. Ils ne savent pas même ce que deviennent leurs prétendus microbes pendant le processus qui procure l’immunité ou après la guérison des maladies virulentes, infectieuses, contagieuses ou non contagieuses.
Si le vaccin inoculé ne contenait que les microzymas physiologiquement devenus morbides , c’est-à-dire n’ayant subi l’atteinte d’aucune autre maladie virulente, son action préservatrice serait réduite à sa plus simple expression ; après l’inoculation, l’organisme ne contiendrait rien de plus , puisque les microzymas virulents seraient de même nature originelle que les siens. Mais nous n’en sommes pas là. Depuis longtemps on vaccine de bras à bras ; on introduit par la piqûre dans le corps du vacciné les microzymas du vaccinifère dans l’état où il les possède actuellement!
Le vaccin pourrait se mêler à d’autres virus et servir de
véhicule à des maladies contagieuses ou autres. On l’a pensé:
était-ce à tort? Gintrac hésite à répondre, et, dans ledoute,
il conseille de choisir le vaccin parmi les sujets les plus
sains et les plus robustes! Qu’est-ce qu’un sujet plus sain
et plus robuste? Que sait-on, au juste, de la santé au point
de vue histologique et de l’état des microzymas? On ne sait
pas si les cellules, pendant le développement de la pustule,
sont saines, et au moment de la vaccination si les micro-
zymas le sont. Il y a longtemps que, d’accord avec la théorie, je dis que ces microzymas peuvent être ceux d’un scrofuleux, d’un syphilitique, d’un phthisique , d’un cancéreux.
LA THÉORIE DU MICROZYMA
d’un épileptique ou telle autre maladie héréditaire ! Ils sont autres que les physiologiquement sains. On s’imagine inoculer des microzymas d’une morbidité déterminée et on inocule l’inconnu. Ah! n’imitons pas la Prusse, n’imposons pas l’obligation de vacciner. Lisez dans Gintrac l’aventure du docteur Ilubner, qui communiqua la syphilis avec la vaccine ! Je sais bien que tous les jeunes sujets vaccinés par le docteur Hubner ne montrèrent pas les symptômes de la syphilis constitutionnelle , mais que huit en furent atteints qui la communiquèrent à neuf adultes ! N’est-ce pas épouvantable ? On a fait observer, à ce propos, que des enfants d’une autre localité vaccinés avec le même virus furent exempts de toute autre contagion : mais cela ne prouve qu’une chose , c’est que tout ne dépend pas du vaccin , mais surtout des microzymas , c’est-à-dire de l’état diathésique , des vaccinés, auxquels la vaccination imprime ou n’imprime pas une évolution morbide donnée. Chose étrange, un médecin a fait remarquer, au sujet du cas du docteur Hubner, que des enfants atteints de syphilis ont souvent fourni un vaccin très pur. Souvent! mais c’est jamais qu’il faudrait pouvoir dire en matière aussi grave. Une fois c’est déjà trop , et des exemples récents prouvent que l’accident peut se produire ailleurs qu’en Allemagne. D’ailleurs, si un vaccin impur ne communique pas la syphilis à un sujet, que savons-nous des autres diathèses qu’il pourrait leur communiquer? Tout est danger dans ces sortes d’expérimentations, parce que l’on n’agit pas sur quelque chose d’inerte, mais parce que Ton modifie d’une manière certaine , plus ou moins nuisible , les microzymas de l’inoculé.
Le parasitisme n’apporte aucune lumière pour éclairer ces obscurs problèmes. Il ne sait pas même, à priori , si un microbe atténué servant de vaccin pour un animal est capable de servir au même titre pour un autre. Bref, le système, à sa façon, démontre la nécessité de s’occuper sérieusement , non pas de rechercher de nouveaux parasites à inoculer, mais de l’étude de ce qu’il y a d’essentiellement vivant et modifiable dans l’être organisé.
Accord de la théorie du microzyma avec la vraie mé-