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l’air et que c’est sur lui qu’il faut agir pour le rendre infécond. Je termine la Note adressée à l’Académie des sciences par ces conseils :
1» Faire grainer dans des locaux où l’on maintiendra sans cesse une odeur franche de créosote;
Conformément à la méthode de Schrœder et Dusch, conserver les œufs entre deux couches de coton, afin de les soustraire à l’invasion des germes du parasite.
Que fait M. Pasteur?
En 1865, il considère la maladie comme constitutionnelle, plus ou moins analogue à la phthisie. Les corpuscules ne sont ni animaux ni végétaux ; ils sont des corps plus ou moins analogues aux granulations des cellules cancéreuses ou des tubercules pulmonaires. « Au point de vue d'une classification méthodique, ils devraient être rangés plutôt à côté des globules du pus, ou des globules du sang, ou bien encore des granules d’amidon, qu’auprès des infusoires ou des moisissures. » La comparaison avec les granules d’amidon vaut l’affirmation qu’ils ne sont ni végétaux, ni animaux.
En -18G6 , un mois après ma Note, M. Pasteur, ayant à sa disposition près de deux litres de corpuscules, écrit ce qui suit :
« On serait bien tenté de croire, quand on songe surtout que les corpuscules ressemblent beaucoup à des spores de mucédinées, qu’un parasite analogue à la muscardine a envahi les chambrées, et que telle est la source du mal. Ce serait une erreur. »
Et M. Pasteur, continuant, ajoute : « Ces petits corps que je regarde toujours comme une production qui n’est ni végétale ni animale, incapable de reproduction, et qu’il faudrait ranger dans la catégorie de ces corps réguliers de forme que la physiologie dis- : tingue depuis quelques années par le nom d’organites, tels que les
globules du sang, les globules du pus, etc. »
Enfin, le célèbre auteur en est si bien resté à son opinion de l’année précédente qu’il répète : « Je ne saurais mieux faire comprendre la manière dont je me représente la maladie des vers à soie qu’en la comparant aux effets de la phthisie pulmonaire. » La Note dans laquelle M. Pasteur est si carrément affirmatif, est du 23 juillet 1866. Or, le 27 août suivant, je publiais la suite de mes expériences; je démontrais que le corpuscule' vibrant n’a aucun des caractères d’une cellule animale, mais qu’il est un ferment capable d’intervertir le sucre de canne. Plus tard je faisais voir, de plus, qu’il était aussi ferment alcoolique. Enfin, l’année suivante, dans
AVANT -PROPOS
une Conférence faite au Vigan, j’annonçais que j’avais découvert le mode de propagation du parasite, et quelques semaines après, je confirmais le fait dans une Note à l’Académie des sciences avec dessins à l’appui.
M. Pasteur qui, jusque-là, n’avait rien publié, découvrit, enfin, qu’il avait été dans l’erreur en assurant que « ce serait une erreur » de regarder la pébrine comme une maladie parasitaire !
Evidemment, ce n’est pas là que je me suis inspiré des idées de M. Pasteur!
Ce savant a publié, en 1870, ses Eludes sur la maladie des vers à soie. Je n’ai pas manqué d’y être fort maltraité. Voici, d’abord, à propos de quoi. La maladie étant parasitaire, l’emploi des parasiticides était naturellement indiqué. Or, j’avais, conformément à mes études, proposé la créosote en lotions et en fumigations. 11 faut voir, aux pages 46 et 47 des Etudes sus-nommées, 4a façon dont M. Pasteur en parle. La moquerie y est maniée avec dextérité. « M. Béchamp, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, y est-il dit, conseilla l’emploi de la créosote, avec une telle insistance et une si grande abondance d’arguments , tous fondés, il est vrai, sur des idées préconçues , que les provisions de cette substance, faites par les pharmacies du Midi, en augmentèrent le prix.... » Ce qui n’empêche pas- M. Pasteur de laisser dire ou de faire dire, que l’emploi de la créosote et de l’acide phénique en médecine est devenu général, parce que « la médecine humaine et la médecine vétérinaire s’emparèrent de la lumière que leur apportèrent les résultats de ses travaux. »
Cependant, cette grande abondance d’arguments, etc., n’avait pas été de trop pour faire revenir M. Pasteur de son erreur. 11 a fallu deux ans pour le détromper ; mais, après sa conversion, la pébrine étant reconnue parasitaire par lui-mème, que fit-il? Pour la supprimer, il conseilla , comme auparavant, de ne faire éclore que des œufs non corpusculeux! L’étrange médecin ne voyait pas que cela ne pouvait suffire , puisque le parasite, étant transporté par l’air, ne respecterait pas plps les vers issus d’œufs non corpusculeux provenant d'éducations infectées de pébrine, qu’il n’avait primitivement respecté les vers issus d’œufs de parents sains! La logique autant que l’expérience condamnaient M. Pasteur ; mais comme il n’avai t pas d’idées préconçues lorsqu’il assurait que ce serait une erreur de considérer le corpuscule vibrant comme un parasite, il a continué comme si aucun changement n'était survenu dans son esprit; il a
AVANT - PROPOS
certainement empêché de poursuivre le parasite d’après les indications rationnelles que j’avais d’abord fournies.
Un autre débat, survenu entre nous, à la même époque, à propos d'une autre maladie des vers à soie, me fournit l'occasion de prouver que M. Pasteur n’a aucun titre pour soutenir qu’il a découvert le rôle des infiniment petits dans la circulation de la vie. Il en ressortira une fois de plus que je ne me suis pas inspiré de ses travaux et de ses idées.
III. Depuis 1866, je m’occupais, en même temps que delà pébrine, de la maladie bien connue des magnaniers sous le nom de flaclierie, maladie des morts-flats. En plusieurs occasions , en 1867, et dans des Notes à l’Académie des sciences , je la signale comme étant distincte de la pébrine et caractérisée comme microzymateuse. Enfin , le 8 juin 1868 , j’adresse une Note à l’Académie sur la maladie à mierozymas des vers à soie; elle est très explicite; j’y décris les microzymas morbides et leurs formes évolutives jusqu’à la bactérie; je les poursuis depuis l'intestin jusque dans les œufs. Et dans l’œuf je distingue soigneusement les mierozymas morbides, extrêmement petits, des granulations moléculaires normales du vitellus; je les décris comme presque toujours associés, accouplés par deux, affectant la forme de ce que , depuis, M. Pasteur croit avoir découvert sous le nom de microbe en 8. Dans l’intestin les mierozymas présentent la même apparence, mais il y a aussi des mierozymas en chapelets de grains ; je signale que sous leur influence la digestion du ver est entravée, etc. , etc. Or, Al. Pasteur qui, le3juin 1867, avait également adressé une Note à l’Académie sur la fiacherie où il disait : u Les causes prochaines de cette maladie m’échappent encore... elle peut être héréditaire ou produite par des circonstances accidentellement survenues dans l’éducation, » écrit à l’Académie, le 29 juin 1868 , pour élever une réclamation de priorité (1) à l’occasion de ma Note du 8. i\I. Pasteur, confirmant mon observation , avait distingué , à son tour, dans l’intestin, non pas les microzymas, sans doute, car il ne savait pas encore les reconnaître, mais leurs formes évolutives, les chapelets de grains et les bactéries. Le 13 juillet suivant, je répondis à la réclamation de M. Pasteur par une lettre à M. le Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences et par une Note explicative qu’on trouvera à l’Appendice. Cette réponse était naturelle autant que nécessaire. Par quel tour de force M. Pasteur a transformé cette réponse en réclamation de priorité?
(1) Compte3-rendus, t. LXVI, p. 1289.
AVANT-PROPOS
C'est affaire à lui! Le fait est que, dans ses Eludes sur la maladie îles vers à soie, il l’accomplit; en historien infidèle, ilsedonne comme ayant découvert dans le canal intestinal le petit ferment en chapelets de grains que j’avais désigné comme microzymas associés, etc., etc. 11 faut lire cela auxpages 239 et 240 des Éludes; il dit superbement : « ... il ne m'a jamais etc' possible de me former une idée de ce que cet auteur appelle les microzymas delà flacherie; je pressens bien que ces prétendus microzymas de la llacherieétant pourM. Béchamp des granulations microscopiques, ce savant désirerait qu’on pût les confondre avec le petit ferment en chapelets de grains que j’ai décrit ...Lorsque j’eus démontré l’existence ducaractère héréditaire de la flacherie, M. Béchamp en donna une explication spécieuse. Tout se passerait, d’après lui, comme pour les corpuscules de la pébrine. Les granulations mobiles (microzymas) qui remplissent les tissus du papillon, passent dans les œufs; de là l’hérédité du mal. Cette théorie est tout imaginaire; je n’ai jamais rencontré dans les œufs atteints de flacherie des granulations mobiles anormales, dont les œufs sains seraient privés. »
Pour connaître l’histoire de mes démêlés avec M. Pasteur, il ne faut pas s’en rapporter aux livres de ce savant , car tout y est arrangé pour dissimuler le vrai, avec un esprit de dénigrement calculé. C’est ainsi que dans les quelques lignes que je viens de transcrire, il laisse le lecteur sous l’impression que, dans l’étude de la flacherie, je l’ai imité comme pour la pébrine, m’inspirant de ses découvertes sur le corpuscule vibrant. Et lorsqu’il ose écrire que « je désirerais qu’on pût confondre les microzymas avec le petit ferment en chapelets de grains , » il travestit manifestement l’histoire. C’est pourquoi il faut recourir aux Comptes-rendus des séances de l’Académie des sciences; là, on verra que je disais des microzymas de la flacherie, qu’ils « sont presque toujours accouplés deux ù deux et qu’on en peut voir d'associés par chapelets de trois à cinq et même davantage; que l’on en distingue qui semblent s’allonger en forme de très petites bactéries , et que ces microzymas associés en chapelets sont insolubles dans la potasse caustique au dixième , etc. » La vérité est que j’avais distingué ces choses à une époque où M. Pasteur ne se doutait pas encore que la flacherie était caractérisée par le petit ferment en chapelets de grains.
C’est à l’aide de ces sortes d’expédients que M. Pasteur en est arrivé à porter la grave accusation du Congrès de Londres que je m’efforce de détruire. Et je demande pardon de cette façon irrévé-
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rencieuse de parler d’un savant tel que mon accusateur ; maison reconnaîtra qu’il ne l’a que trop autorisée. Certainement, il arrive souvent que deux savants se rencontrent dans la même carrière d’investigations; chacun y apportant ses propres idées, il peut y avoir choc, et de ce choc peut naître la lumière : c’est ainsi que j’ai fait revenir M. Pasteur de son erreur concernant le parasitisme de la pébrine et la nature du corpuscule vibrant, et que je lui ai montré la voie qu’il fallait suivre pour découvrir le caractère de la üacherie. Dans la vivacité de la mêlée, il peut ÿ avoir quelque confusion , et l’on se pardonne aisément les coups qu’on s’est portés. Mais ce que M. Pasteur a écrit en 1870 et 1876, deux ans et huit ans après, il l’a écrit de sang-froid, dans le calme de l’esprit qui succède à la lutte; c’est de parti pris qu’il a fait ce qu’il a 'fait à Londres, cinq ans après 1876 ; et c’est ce qui n’a pas d’excuse!
M. Pasteur, de 1865 à 1868, n’a donc appliqué ni ses recherches sur les ferments, ni celles concernant les générations spontanées. Sans doute, Davaine, en reprenant l’ancienne observation qu’il avait faite avec Rayer sur le sang de rate , M. Lister (1), à propos des pansements phéniqués, M. Tyndall, etc., ont assuré qu’ils s’étaient inspirés des travaux de M. Pasteur ; mais ces savants étaient mal renseignés et n’étaient pas remontés aux sources. Il est absolument incontestable que M. Pasteur, de 1865 à 1868, n’a
(1) M. Pasteur (Études sur la bière, p. 43) a communiqué au public une lettre de M. Lister, dans laquelle le célèbre chirurgien rappelle que la théorie des germes et de la fermentation, ainsi que le Mémoire sur la fermenlatioti dite lactique et les recherches sur la putréfaction de M. Pasteur, l’ont inspiré. Si cette lettre exprime la pensée intime de M. Lister, c’est, sans doute, que lui-même ne voit dans un être vivant que de la matière physico-chimiquement constituée. Or, M. Pasteur pense- que sans un microbe pyogénique il n’y aurait pas de pus; je serais curieux de savoir ce que M. Lister en pense aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, le ferment lactique du Mémoire sur la fermentation dite lactique n’était pas alors une production bactérienne, ni un ferment ayant pour origine les germes de l’air, puisque M. Pasteur le regardait comme spontané et disait de lui : « la fermentation lactique est comme la fermentation alcoolique un acte corrélatif de la production d’une matière azotée qui a toutes les allures d’un corps organisé mycodermique, probablement très voisin de la levure de bière » dont les globules sont seulement plus petits.
A cette époque, M. Pasteur était si imbu des idées de Cagniard- Latour, savoir que la fermentation est un effet de la végétation, qu’il a écrit ceci : « Ce ne sont pas les globules qui jouent le principal rôle, mais bien la mise en globules de leur partie soluble, » qui explique bien des choses, notamment « les vertus de transformation que la chaleur détruit. »
AVANT - PROPOS
invoqué aucune cause externe, germes de l’air, par exemple, pour expliquer la pébi'ine ou la (lacherie. Bref, M. Pasteur n’a compris quelque chose aux maladies des vers à soie, qu’en imitant et confirmant mes observations. Déplus, comme, en 1870 et en 1876, ce savant a traité d’imaginaire la théorie du microzyma , et qu’il a déclaré n’avoir jamais rencontré dans les œufs atteints de fiacherie, lesgranulations mobiles que j’v avais signalées, dont un grand nombre d’associées en chapelets de deux grains, le microzyma en 8, il est clair qu’il n’est pour rien dans la découverte des infiniment petits dans la circulation de la vie, dans le mécanisme des transformations incessantes de la matière, pas plus que dans la découverte de la virulence du vaccin ou des autres virus !
Il est vrai, beaucoup plus tard, M. Pasteur est complètement revenu de ses erreurs de 1865 à 1868, si complètement qu’il est porté , maintenant , à considérer toutes les maladies comme parasitaires, même la phthisie à laquelle il comparait la pébrine. Oui, tandis qu’en 1868 déjà, dans une réponse à M. Raibaud l’Ange (1), de chez qui M. Pasteur avait écrit à l’Académie pour formuler sa réclamation de priorité relative à la fiacherie, je ne considérais plus la maladie des morts-fiats comme parasitaire, et, qu’avec M. Estor, j’avais cessé de regarder la bactéridie du sang de rate et les bactéries des maladies septicémiques comme des parasites, n’v voyant qne les fruits de l’évolution morbide des microzymas normaux, M. Pasteur ne verra que des parasites dans tous les microzymas ou dans leurs divers états évolutifs, depuis le microzyma associé à deux grains, qu’il appelle microbe en 8, jusqu’aux diverses formes de la bactéridie ou de la bactérie ! Et tous ces prétendus parasites seront supposés provenir de germes primitivement créés morbifères ! C’est une nouvelle chimiatrie qui laisse loin derrière elle celle des temps où l’on ne connaissait pas l’histologie. Elle porte M. Pasteur et ses disciples à refuser toute spontanéité a l'organisme vivant, même humain.
La nouvelle phase de la manière de voir de M. Pasteur, à mon avis la plus féconde en conséquences funestes, est liée à la façon dont il considère la constitution de l’ctre vivant. En niant le microzyma , il a , du môme coup , nié qu’il y eût dans un tel être quelque chose ayant l’aptitude à devenir morbide, et d’évoluer pour devenir les microbes en 8 et toutes les formes qui précèdent les bactéries. Cela l’a conduit à parler des maladies de l’homme et des animaux ,
(I) Comptes-rendus, t. LXV1I, p. 443.
AVANT - PROPOS
comme de ce qu’il a appelé les maladies de la bière, du moût, du vin. Un homme, suivant M. Pasteur, devient malade comme un tonneau de bière le devient, par l’introduction, dans l’un comme dans l’autre, d’un ferment de maladie. Cette façon de penser l’a conduit à parler de la guérison d’un membre blessé , comme de la réparation d’un cristal cassé. Je ne conteste pas ce qu’ont de remarquable les expériences de M. Toussaint et de M. Pasteur, concernant l’atténuation des virus ; elles sont fort intéressantes quand on les considère dans la théorie du microzyma, et je m’en explique dans la quatorzième Conférence; mais elles ne se comprennent pas dans le système de M. Pasteur. En effet, en dehors des maladies vraiment parasitaires, il n’y a pas, primitivement, originellement, de germes de véritables maladies : variole, syphilis, fièvre typhoïde, charbon, etc., dans l’air. On n’en a jamais démontré l’existence. Dans l’air, il y a des microzymas; M. Pasteur le nie, et je démontre qu’ils sont ceux des organismes disparus; qu’ils peuvent être accidentellement morbides, mais perdant leur morbidité par suite d’un changement que je constate expérimentalement.
IV. J’ai été longtemps à comprendre le motif de la persistance des attaques de M. Pasteur. Je crois que la situation est éclaircie. Si les microzymas existent et si la théorie qui découle de leur découverte est vraie, le système contraire est faux. Et si, du commencement à la fin, ce livre a pris le caractère d’une polémique contre M. Pasteur, dont j’aime pourtant à proclamer le mérite, il n’y a pas que l’incident de Londres; il y a sa parole, qui acquiert tant d’autorité de la situation éminente qu’il occupe si justement. Je ne pouvais pas m’empêcher de faire remarquer qu’ayant pris pour base de ses derniers travaux sur l’étiologie des maladies une hypothèse non vérifiée et des principes que l’observation n’a jamais conlirmés, il engageait la médecine dans une mauvaise voie ; en conséquence j’ai dû faire ressortir que, cédant trop facilement à l’esprit de système, H n'avait pas assez tenu compte du précepte de la philosophie newtonienne et lavoisiérienne qui, en matière de sciences naturelles, ne permet de tenir pour certain que ce qui est expéri mentalement démontré. Or, M. Pasteur a nié, sans le prouver, qu'il y eût quelque chose de résistant à la mort dans un organisme vivant; et il n’a pas démontré que l’air contient, originellement, nécessairement, le germe, organisme déterminé, figuré, de telle ou telle maladie. Bref, M. Pasteur a édifié un système et non pas une théorie. Le système est le fruit d’une conception à priori, qui repose
AVANT - PROPOS
sur l’observation incomplète de faits mis prématurément en œuvre par l’imagination : le système constate qu’il y a des germes de ferments dans l’air, et il conclut qu’il y a des germes morbifères. La théorie, au contraire, s’appuie sur l’ensemble des faits, tous démontrés; elle en est la rigoureuse expression et ne va pas au delà : la théorie constate qu’il y a des microzymas dans un organisme, que les bactéries apparaissent à même les organes et les tissus; elle constate qu’il y en a aussi dans l’air, recherche d’où ils viennent et découvre le lien qui unit les uns aux autres.
V. L’esprit de système a porté M. Pasteur à me ranger parmi les spontéparistes (bien que j’eusse avant lui résolu une partie du problème de la spontéparité) et à se donner pour avoir victorieusement combattu la génération spontanée et lassé la contradiction sur ce point. Mais c’est là illusion pure. En fait, M. Pasteur n’a pas résolu le problème dans sa généralité : il ne le pouvait pas, et il en est resté au point où, après Spallanzani, l’avaient laissé MM. Schroeder et Dusch, etc. Il ne le pouvait pas, parce que ses idées concernant l’organisation et la vie s’y opposaient. C’est ce qu’il faut démontrer.
M. Pasteur, sans doute, a parlé de la vie; il a môme parlé d'une vie physique et chimique ! Mais lisez attentivement ses divers Mémoires, son livre sur les maladies des vers à soie ou sur la bière, et vous verrez que sa conception de la vie est toute physico-chimique. Au fond il nie qu’il y ait un principe, une cause interne et concrète d’activité dans l’être vivant, ou bien ce principe est le môme que dans la matière brute. De ce que, dans l’organisme, toute manifestation phénoménale est liée à quelque transformation matérielle, il semble en conclure que les forces physiques et chimiques sont les seuls agents effectifs de ces manifestations. Voilà pourquoi, comme je l’ai déjà dit, il croit qu’une portion quelconque de substance soustraite à l'animal vivant n’est que matière inerte, dépourvue du principe d’activité dont je parlais. Voilà pourquoi il cherché, hors de l’être vivant, le stimulant étranger qui provoque la manifestation des phénomènes variés qui s’y accomplissent. Sans ce stimulant, M. Pasteur suppose que l’homme ne deviendrait pas plus malade que la bière contenue dans un tonneau ne s’altérerait, pour subir cè qu’il appelle maladie de la bière. Sans ce stimulant , un disciple de M. Pasteur, M. Duclaux, suppose qu’il n’y aurait pas même de phénomènes digestifs. Voilà pourquoi M. Pasteur s’imagine que le lait ne se caille pas sans l'influence des germes de l’air ; que dans une expérience célèbre le sang mis dans l’air pur ne
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s’altère pas tandis qu’il se détruit vraiment; que sans les germes de l’air un cadavre n’entrerait pas en putréfaction, un morceau de viande ne pourrirait pas et ne laisserait pas apparaître de bactéries! Voilà, enfin, pourquoi M. Gayon, un élève de M. Pasteur, nie qu’il y ait des microzvmas dans l’œuf, qui sont la cause des fermentations qui peuvent s’v manifester dans certaines circonstances et que M. Pasteur s’appuie sur les expériences mal interprétées de son disciple !
Oui, partout où M. Pasteur voit apparaître un vibrionien, la forme insolite d’un micro-organisme, un ferment quelconque, fût-ce dans la profondeur des organes des animaux, il croit qu’ils ont un germe de l’air pour origine; et c’est avec raison que M. Trécul, un jour, s’est écrié : « M. Pasteur suppose à priori que tout ce dont il ne connaît pas l’origine provient des germes de l’air! » Au besoin, il imaginera des germes exotiques : j’en dois donner un exemple remarquable.
Les savants qui ont étudié les infusoires des macérations de poivre, les hétérogénistes aussi bien que les autres, ont été frappés de la constance de leurs formes. Pourquoi en est-il ainsi ? Ecoutez la réponse de M. Pasteur : elle a été faite en 1876, longtemps après que j’en avais donné l’explication : « La macération du poivre, dit-il, donne des infusoires qu’on ne trouve guère dans d’autres infusions ; la raison en est que là où le poivre a vécu, ces infusoires existent ; en d’autres termes, leurs germes sont exotiques ! » Là où le poivre a vécu ! c’est tout dire ; il n’y a rien d’actuellement vivant dans ce poivre, pas plus que dans le lait, ou la viande, ou le sang; cela devait être d’après le système. Eh bien, il y a les microzvmas propres et les principes aromatiques, etc.; du poivre : là est la cause des particularités observées.
Un jour, M. U. Gayon, dans le but de prouver que la fermentation spontanée des œufs n’est pas due à leurs propres microzymas, mais a des germes extérieurs, s’est écrié : « On se rappelle les expériences par lesquelles M. Pasteur a combattu victorieusement les théories de la génération spontanée, je veux parler de la disposition simple qui consiste à conserver au contact de l’air pur, à l’abri de tous 4/ermes actifs, les liquides les plus altérables, tels que le sang, l’urine. »
Lest pour avoir considéré que le lait, le sang, l’urine, pas plus que les œufs et le poivre, ne contiennent aucuns germes actifs, que M. Pasteur n’a pas expliqué pourquoi Pouchet, M. Joly ou M. Victor Meunier ne se sont jamais, et avec raison, avoués vaincus. Au
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fond leurs expériences, comme celles de Needham et de Buflon, étaient inattaquables, et M. Milne Edwards avait raison de dire qu'il ne les mettait pas en doute, mais qu’il niait les conséquences qu’ils en déduisaient.
C’est pour avoir prouvé que les microzymas sont nécessairement présents dans une partie quelconque de n’importe quel organe, tissu, cellule, humeur, liquide, issus d’un être organisé, que j’ai expliqué pourquoi MM. Dusch et Schrœder aussi bien que M. Pasteur, n’ont pas réussi à conserver le lait, la viande, le sang même, etc., à l’abri des germes de l’air.
C’est pour avoir prouvé qu’il y a des microzymas capables de résister, sans périr, à l’action d’une température plus ou moins élevée et plus ou moins longtemps continuée : ceux du lait à 400 degrés, ceux do la craie, dans certains échantillons, à plus de 200 degrés, etc., que j’ai expliqué le succès de certaines expériences fort bien faites de Pouchet et de M. Victor Meunier. Ils voyaient apparaître des vibrioniens, et ils les croyaient les produits d’une génération spontanée parce que, comme M. Pasteur, ils s’imaginaient que les substances, végétales ou animales, de leurs macérations ne contenaient aucuns germes actifs, n’étaient que matière inerte. Les bactéries observées n’étaient pas le fruit d’une naissance spontanée, mais le résultat de l’évolution des microzymas ayant résisté à l’action de la chaleur des matériaux infusés.
Non , ce n’est pas M. Pasteur qui a résolu le problème de la génération spontanée, et c’est en ne m’inspirant pas de ses idées que j’ai expliqué ce qu’il n’a pas compris. Dans toute cette grave question, il n’a pas cessé de tenir pour certaine l’hypothèse des germes préexistants de Bonnet, et s’il n’a pas admis de germes originellement monstrueux, il l’a étendue jusqu’à admettre de ces germes qui seraient morbifères par destination. 11 a agi comme un systématique qui, ayant imaginé une formule simple, accessible au plus grand nombre par sa simplicité, lui donnerait une apparence de rigueur scientifique et s’efforcerait ensuite d’y accommoder les faits. Mais en s’abandonnant, pour éluder les difficultés, à de telles simplifications, on s’éloigne si essentiellement de la nature et de la réalité qu’on finit par méconnaître l’évidence même.
VI. Oui, M. Pasteur a parlé de la vie, mais d’une manière vague, comme de quelque chose de puissant , sans doute, mais d’abstrait , d’insaisissable, d’indéterminé. 11 en a parlé comme d’une force, d’une vertu qu’il a appelée vertu de transformation que l' ébullition
AVANT - PROPOS
détruit, qui serait une émanation, une propriété physico-chimique de la matière. En effet, ce germe, qu’il appelle aussi origine de vie, qu’est-ce que c’est? A-t-elle une figure, cette origine de vie ? et quelle est-elle? M. Pasteur ne l’a jamais nettement exprimé! De cette origine de vie on peut dire, appuyé sur les œuvres de M. Pasteur, ce que Lavoisier disait du phlogistique , que c’est « un principe vague , qui n’est point rigoureusement défini, et qui , en conséquence, s’adapte à toutes les explications dans lesquelles on veut le faire entrer. » Non, il n’a jamais assuré qu’il y eût entre l’idée de vie et l’idée de structure, c’est-à-dire d’une forme déterminée de la matière vivante , une corrélation nécessaire! Eh bien, peut-on concevoir, expérimentalement parlant , la vie sans l’idée corrélative d’organisation morphologiquement définie? En d’autres termes , la vie peut-elle exister sans être indissolublement unie à l’organisation dans une forme déterminée?
La vie n’est pas une force spéciale émanant de la matière, autrement il faudrait admettre que celle-ci est douée d’avance de toutes les aptitudes qui préexistent dans les mille et mille espèces animales et végétales, dans les innombrables moisissures, vibrions, bactéries, microzymas doués de propriétés diverses que l’on connaît. Or, cela n’est pas, caria génération spontanée ne se démontre pas.
C’est- en vain qu’on le conteste; oui, dans tout être organisé il y a un principe intérieur d’activité qui est une réalité objective et figurée, et ce principe n’est autre que les microzymas spéciaux , caractéristiques, dans chaque être, dans chaque tissu, humeur, cellule de cet être.
11 y a deux ans, j’ai présenté à l’Académie des sciences un Mémoire sur les matières albuminoïdes où je démontre que dans tous les liquides albumineux de l’économie existent un ferment soluble et des ferments figurés. Ce Mémoire a été honoré d'un Rapport de M. Dumas; l’illustre auteur a bien voulu insister sur cette démonstration et a eu la bonté de poser les questions suivantes : « A quelle fin tous les liquides albumineux sont-ils accompagnés de ces ferments? quel rapport existe-t-il entre la matière animale abondante, coagulable, paraissant destinée à fournir les matériaux des organes, et ces ferments en petite quantité dont la présence semble toujours annoncer la destruction prochaine des combinaisons altérables auxquelles ils sont associés? D’où viennent ces ferments? où vont-ils? quels rôles ont-ils ;ï remplir? Autant de
AVANT-PROPOS
questions d’un intérêt considérable assurément; car on les observe dans le sérum du sang de tous les animaux, dans le blanc de l’œuf et dans le jaune , dans le lait, c’est-à-dire dans tous les liquides destinés à la formation ou à la réparation des organes (1). » M. Dumas, en outre, a mis en vive lumière le fait que dans la fibrine, c’est la partie granuleuse, insoluble dans l’acide chlorhydrique faible (les microzvmas), qui opère la décomposition de l’eau oxygénée. Eh bien, ces ferments, dont je n’avàis pas à indiquer l’origine dans ce Mémoire , ces ferments sont les témoins de l’activité physiologique et chimique du principe intérieur dont je parlais, des microzvmas.
Oui, mes recherches aiïîrmentque la vie estquelque chosedetrès déterminé, qui est indissolublement uni à une forme matérielle définie, qui est le microzyma; elle se manifeste, dans les êtres organisés, par les fonctions histogéniques, physiologiques et chimiques de ces microzymas, chacun selon sa destination.
La vie unie au microzyma ne résulte pas des propriétés de la matière; elle résulte, par transcendance, de la matière unie à la forme structurée, selon la loi et l’idée créatrice, comme les propriétés d’une machine, d’un appareil, ne résultent pas des matériaux qui ont servi à les construire,. mais de l’agencement des parties et de la loi qui leur a été imposée par le mécanicien qui les a inventés et qui a tendu le ressort qui les met en œuvre !
Et ce n’est pas la vie qu’il faut dire : c’est les vies! La vie qui réside dans l’ovule d’un mollusque ne produira jamais qu’un mollusque; et celles qui résident dans les ovules des diverses espèces de la création ne produiront jamais que les espèces dont ils proviennent, parce que dans chacune les microzymas sont là, spéciaux par destination. Et cela conduit à une remarque importante concernant une doctrine célèbre. Le système transformiste affirme que le germe (au sens embryologique) ne contient aucun organe réel . même ébauché; c’est une erreur, carie germe contient des microzymas qui sont des organismes vivants, complets dans leur genre. Ce système admet que le développement du germe est une génération continuelle : cela n’est pas, autrement tout dans ce germe, qui par hypothèse ne contient rien de structuré, serait le fruit
(1) J Rapport sur le Mémoire relatif aux matières albuminoïdes, présenté à l’Académie, par M. A. Béchamp. Commissaires : MM. Milne Edwards, Peligot, Fremy, Cahours; Dumas, rapporteur. Comptes-rendus, t. XCIV, séance du 8 mai 1882.
AVANT - PROPOS
d’une génération spontanée. Le raicrozyma est avant l’ovule, et l’ovule, avant le germe, contient déjà des microzymas; or les microzymas, étant réels, structurés et vivants, y sont ce qu’ils doivent être, dans chaque espèce, pour y édifier successivement tous les organes avec tout leur devenir. C’est la présence constante, nécessaire, de ces microzymas qui empêche de dire que le développement du germe est une génération spontanée; et cette conséquence ne procède évidemment pas des idées et des travaux de M. Pasteur, car il a méconnu la notion de la vie unie à la matière dans une forme définie; au contraire, en forçant un peu ses idées, il nous ferait reculer jusqu’à Epicure quant à la génération.
VII. Je crois qu’ilne reste plus rien des réclamations de M. Pasteur et de ses accusations. Quoi qu’il en soit , on ne poursuit pas avec autant d’insistante âpreté et parles moyens que ce savant a employés, ce que l’on croit dépourvu de vérité.
Dans ses études sur la bière et ailleurs, il a systématiquement cherché à prouver tantôt qu’il n'y avait rien d’original dans mes recherches, tantôt qu’elles se rattachent à des erreurs qu’il a victorieusement combattues, ce qui est quelque peu contradictoire! Ce même esprit de dénigrement l’a porté à attribuer à autrui ce qui n’était qu’une confirmation de mes recherches ; c’est ainsi qu’il attribue à M. Muntz l'observation que le chloroforme empêche les fermentations par ferments figurés sans nuire à l’action des zymases (M. Pasteur dit les diastases). Lui-même, quand il confirme mes observations, comme lorsqu’il constate longtemps après moi que les raisins sont porteurs des ferments du vin ; ou lorsque , après s’être moqué des microzymas des calcaires et des terres arables dont j’avais rapproché les formes dans mon Mémoire sur la craie , il en constate la présence dans les terres cultivées, il se garde bien de citer les sources où il a puisé ses inspirations (1).
(1) Au moment où je venais d’écrire ce qui précède, il m’est tombé sous les yeux la plus incroyable réclamation de M. Pasteur qui se puisse concevoir; la voici :
« J’ai constaté autrefois la formation de très petites quantités d’acides volatils dans la fermentation alcoolique. M. Béchamp les étudia et reconnut des acides de la série des acides gras, acide acétique, butyrique ... » ditM. Pasteur avec assurance ( Eludes sur la bière. p. 270 en note). C’est absolument inexact. J’avais conslalé la présence d’un acide volatil dans mes études sur les moisissures avant que M. Pasteur eût rien publié; d’ailleurs, jeconfirmais une découverte de Lavoisier que M. Pasteur avait niée, et je le disais. Mais ici il faut être plus précis. Voici textuellement ce que dit M. Pasteur de l’acide acétique :
AVANT - PROPOS
M. Estor n’a pas échappé à mes ennuis. Il s’en explique, avec amertume, dans l’Introduction d’un travail qui paraît avoir été publié à l’occasion d’une Conférence faite à Montpellier par M. Pasteur; voici ce que dit M. Estor en finissant cette Introduction :
« M. Béchamp et nous, proclamions donc, dès 1872, que l’application de la théorie du microzyma à l’Histologie, à la Physiologie et à la Pathologie était faite dans son ensemble sinon dans tous ses détails. Cette application a été poursuivie depuis; nous pouvons dire qu’elle a été la hase de notre enseignement des dix dernières années. Ces travaux ont eu le sort des vérités nouvelles,
difliciles à saisir ; au lieu d’encouragement, nous pourrions publier des
lettres de membres de l’Institut cherchant, au nom de notre intérêt personnel, à nous dissuader de marcher plus avant dans la voie ouverte. En présence de déboires que le travail rend, du reste, faciles à supporter, pourquoi taire la confiance que nous avons toujours eue, que nous avons encore dans cette application de la doctrine du microzyma aux sciences médicales : cette application nous parait aussi importante pour la physiologie générale que l’ont été jadis les travaux de Lavoisier sur la respiration.
» D’Amador a soutenu que les découvertes en science ne pouvaient pas échapper aux deux lois suivantes : la première veut que toute découverte à son origine soit méconnue et le plus souvent bafouée : les microzymas ont subi cette épreuve; l’autre, qui s’adresse à la seconde période de leur histoire, apprend que la découverte est toujours disputée à ses véritables auteurs. Bien des eiïorts ont été déjà faits pour démontrer une fois encore l’exactitude de cette loi ; mais qu’on soit bien convaincu que des protestations énergiques seront adressées partout où l’on pourra espérer de trouver associées la science et l’honnêteté » ( Le professeur A. Estor : De la constitution élémentaire des tissus. Montpellier, Camille Coulet; Paris, A. Delahaye et E. Lecrosnier, Place de l’Ecole de Médecine. 1882.) »
M. Estor a raison quand il dit que la théorie du microzyma « a eu le sort des vérités nouvelles , difficiles à saisir. » Je l’ai avoué : je ne suis pas arrivé d’emblée à en apercevoir toute la généralité ; même lorsque déjà mon savant collaborateur et moi avions aperçu ses rapports avec l’histologie, la physiologie et la pathologie, j’ai hésité à en tirer toutes les conséquences. Mais, depuis que le doute dont je m’étais armé s’est évanoui devant un si grand nombre de véri lications , que j’ai vu qu’elle ne contredit aucune vérité acquise et qu’elle explique ce qui était resté inexpliqué, oui, à présent que je suis familiarisé avec elle et que je la vois embrasser dans une magnifique synthèse tous les êtres créés vivants, je ne peux pas
« .... Lavoisier croyait que c’était de l’acide acétique. La vérité est que l’acide lactique, pas plus que l'acide acétique, ne 'sont des produits de la fermentation alcoolique ( Annales de chimie et de physique (3) , t. LV1II, p. 360). » Peu importe après cela que deux ans avant, dans un travail mal fait, il ait parlé vaguement d’acides volatils, en quantités « pour ainsi dire infiniment petites, » considérés comme accidentels, dont il ne tient pas compte deux ans après.
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m'empêcher de penser qu’elle est peut-être trop simple au gré de certains esprits qui ne savent pas « que la simplicité, d’ordinaire , contient la formule de la science consommée (Gratry). » * '
Et maintenant je finis en exprimant à l’Académie des sciences et à l’Académie de médecine , mes sentiments de profonde reconnaissance. La première de ces illustres Compagnies a toujours admis nos communications et nos réclamations dans les Comptes-rendus de ses séances; la seconde a bien voulu écouter mes communications avec la bienveillance qu’elle ne refuse jamais à ceux qui cultivent la science avec désintéressement !
Lille, le 12 mars 1883.
Depuis 1860, à la Faculté de médecine de Montpellier, tous les ans, au début du Cours de chimie médicale, le préparateur inscrivait sur le tableau l’énoncé des principes fondamentaux de mon enseignement. Je reproduis ici ce tableau , afin de prouver que dès .cette époque, mes idées étaient fixées.
« Il n’y a qu’une chimie.
La matière n’est douée que d’activité chimique et physique.
Il n’y a pas de matière organique par essence : toute matière est minérale.
Ce que l’on appelle matière organique n’est que de la matière minérale dont le carbone fait nécessairement partie constituante.
La matière organique, chimiquement définie, est profondément distincte de la matière organisée.
Le chimiste peut, par synthèse, former de la matière organique; il est impuissant pour l’organiser : il ne peut pas créèr une cellule.
La faculté d’organiser la matière réside primordialemcnt dans des organismes vivants préexistants.
Dans les êtres organisés, les divers appareils de l’organisme
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sont le lieu où s’accomplissent les mutations de la matière organique, organisée ou non; et ces mutations se font selon les lois ordinaires de la chimie.
Les végétaux sont, au point de vue chimique, essentiellement des appareils de synthèse, les animaux des appareils d’analyse. »